Les difficultés rencontrées par les amateurs de motocross pour exercer leur sport
14 décembre 2015

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. COLLIN, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA RURALITÉ, DU TOURISME ET DES INFRASTRUCTURES SPORTIVES, DÉLÉGUÉ À LA REPRÉSENTATION À LA GRANDE RÉGION, SUR « LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES PAR LES AMATEURS DE MOTOCROSS POUR EXERCER LEUR SPORT »

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, j’ai déjà eu l’occasion, comme certains de mes collègues, de vous interroger sur le manque de terrains de sport moto tout terrain et sur la difficulté pour les amateurs de ce sport de pratiquer leur passion dans des conditions acceptables et réglementées.

Je vous ferai grâce du paragraphe qui concerne l'histoire de nos champions dans le domaine. Je veux plutôt m'attarder sur des évènements récents. Un dossier, qui avait été introduit par la Commune de

Bertrix pour la création d’un terrain semi-permanent ou d'entraînement, s’est à nouveau vu recaler par votre collègue le ministre Di Antonio. Cela fait plus de trois ans que cette commune tente de créer un circuit dans la Province de Luxembourg pour répondre à une demande indéniable.

Lors d’une précédente question, vous m’aviez assuré prendre la mesure des difficultés rencontrées par les amateurs de sport moto. Un fonctionnaire de l’ADEPS était même chargé de vous faire un état des lieux des difficultés et de leur niveau de complétude des différents dossiers en cours.

Vous nous disiez, je vous cite : « Il ne sert à rien de faire la fine bouche. On va prendre le dossier qui sera le plus avancé, en étroite collaboration avec l'ensemble des acteurs concernés, dont mon collègue le ministre Di Antonio ».

Quelques mois plus tard, pouvez-vous nous indiquer quelles sont les conclusions de l’état des lieux établi à votre demande ?

On peut aussi s'interroger sur les synergies qui existent avec votre collègue le ministre Di Antonio pour faire réellement avancer les dossiers. On le constate bien, dans ce domaine particulier, chacun se renvoie un peu la balle : « Ce n'est pas de ma faute, c'est de la faute de tel ou tel type de réglementation ».

Je voulais savoir comment vous pouviez faire des propositions concrètes qui permettent de sortir de ce cercle vicieux où c'est le serpent qui se mord la queue.

M. le Président. - La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Infrastructures sportives, délégué à la Représentation à la Grande Région. - Monsieur le Député, vous connaissez les contraintes environnementales ou d'aménagement du territoire. Vous connaissez aussi les difficultés de réaction de riverains, ce qui fait que la concrétisation de tel type de projet est complexe

Il faut savoir qu'une approche précipitée ou approximative ferait en sorte que les dossiers aboutiraient immanquablement devant les cours et tribunaux. Il faut donc un objectif de concrétisation, mais qui mise sur une approche très consciencieuse.

Le fonctionnaire de mon administration que j'avais désigné à cet effet vient de terminer, m'a-t-on dit, son état des lieux des différents projets en Wallonie. Il viendra me le présenter prochainement.

Sur base de ce rapport, un groupe de travail prendra en charge l'examen des différents projets. Je vous rassure, ce groupe comprendra des représentants de mon cabinet, mais aussi du cabinet de mon collègue Di Antonio, du SPW. Je veillerai à ce que les compétences Sport et Nature au niveau de mes responsabilités soient toutes les deux bien présentes.

J'espère que nous pourrons revenir avec des informations plus concrètes et plus rassurantes pour tous celles et ceux qui sont des passionnés de ce sport bien au coeur de l'ADN de notre Région.

M. le Président. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Merci Monsieur le Ministre.

Pour une fois, je ne suis pas du tout d'accord avec votre réponse, qui a le mérite d'exister et qui est classique. Là où je ne suis pas d'accord, c'est que c'est un discours que l'on entend depuis trop longtemps. Quand il y a une réelle volonté de faire avancer les choses...

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Infrastructures sportives, délégué à la Représentation à la Grande Région. - C'est marrant parce que je viens de vous dire que le rapport vient d'être terminé et qu'il va m'être présenté.

M. Evrard (MR). - Cela, c'est positif. Mais depuis le temps que l'on attend ces informations-là, je serai content de les avoir rapidement.

Ce qui ne me convient pas dans votre réponse, c'est quand vous dites qu'il faut une approche consciencieuse, méthodique, et cetera, parce que la problématique est complexe. Là, vous avez raison.

Maintenant, la question qu'il faut se poser derrière ce constat, c'est : n'a-t-on pas fait en sorte que le cadre soit tellement strict que l'on arrive au résultat auquel pas mal de communes sont confrontées depuis pas mal d'années, c'est-à-dire un refus, c'est-à-dire énormément de temps qui est passé, énormément d'énergie et d'argent qui est dépensé dans les études pour souvent aboutir à rien du tout et que finalement le cadre qui a été mis en place sciemment fait aujourd'hui que la possibilité de pouvoir s'entraîner pour les adeptes de ce sport est totalement inexistante.

Ce que je souhaiterais c'est que vous ayez – vous en avez la capacité, je n'en doute pas – la même proactivité dans ce domaine-là que celle dont vous faites preuve pour des sports comme le hockey ou comme pour la balle pelote très récemment. C'est dans ce sens-là,

Monsieur le Ministre, que je souhaitais vous inviter à être plus conquérant en la matière.

27 P.W.- C.R.A.C. N° 66 (2015-2016) - Lundi 14 décembre 2015




Source : http://parlement.wallonie.be