L'agroforesterie et le projet Agrofe
11 janvier 2016

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. COLLIN, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA RURALITÉ, DU TOURISME ET DES INFRASTRUCTURES SPORTIVES, DÉLÉGUÉ À LA REPRÉSENTATION À LA GRANDE RÉGION, SUR « L'AGROFORESTERIE ET LE PROJET AGROFE »

Mme la Présidente.

- L'ordre du jour appelle la question orale de M. Evrard à M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Infrastructures sportives, délégué à la Représentation à la Grande Région, sur « l'agroforesterie et le projet AgroFE ».

La parole est à M. Evrard pour poser sa question.

M. Evrard (MR).

- Monsieur le Ministre, on a souvent évoqué la problématique de l'agroforesterie. On a souvent mis en évidence tous les avantages de la technique. Je voulais revenir avec vous sur la conférence qui a eu lieu, en décembre dernier, qui a notamment mis en lumière les résultats du projet européen AgroFE, agroforesterie formation en Europe.

Ce projet visait à mettre en place un système de formation adaptée dans six pays, dont la Belgique faisait partie.

Dans le cadre du PWDR, l'AWAF a proposé cette formation en février 2015. Avez-vous connaissance de la manière dont cette formation s'est déroulée ? Y a-t-il eu beaucoup de participants ? De quelle manière a-t-on fait la promotion de cette formation ? Avez-vous connaissance d'autres cycles de formation qui seraient éventuellement prévus ?

Avez-vous connaissance des résultats qui ont été présentés lors de cette conférence ? Y avez-vous participé ?

De manière plus générale, les autorités communales et d'autres acteurs susceptibles d'être concernés sont-ils au courant du système de l’agroforesterie et de l'aspect applicatif de cette technique ?

On sait qu'une mesure qui visait à soutenir l'agroforesterie, qui était inscrite dans le cadre du PWDR, a finalement été supprimée du cofinancement européen. Le Gouvernement wallon avait précisé que le retrait de la mesure ne remettrait pas en question la volonté de la Wallonie d'aider aux nouvelles pratiques telles que l'agroforesterie. Qu'en est-il exactement ?

Concrètement, 2016 sera-t-elle l'année du développement agroforestier pour le Gouvernement wallon ?

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Infrastructures sportives, délégué à la Représentation à la Grande Région.

- Monsieur le Député, une formation a été proposée en février par l'AWAF, l'Association pour l'agroforesterie en Wallonie et à Bruxelles, dans le cadre d'un projet européen Leonardo. La formation a été très bien accueillie : une cinquantaine de demandes d'inscriptions en 15 jours pour 15 places disponibles.

Cela avait été limité pour garantir un bon encadrement et des interactions entre les participants.

L'AWAF est citée en modèle parmi les autres intervenants européens, car sa formation est plus pratique que les autres, avec un bagage scientifique – sciences du sol, qualité du bois, et cetera – jugé de très bon niveau. Les 15 participants étaient en majorité des agriculteurs. Cette formation s'est organisée en cinq journées, en salle et sur le terrain, avec une journée de visite de chantiers à travers la Wallonie. D'autres formations sont prévues au printemps 2016.

Les différentes associations gravitant autour de l'agroforesterie dispensent une information. Citons notamment :

– l'ASBL AWAF ;

– le Centre de développement agroforestier de Chimay, le CDAF. Le site web www.cdaf.be propose notamment en téléchargement une série de 188 fiches – plus ou moins 1 000 pages – de bonnes pratiques pour mieux gérer l'arbre en forêt et en champ ;

– le réseau wallon de développement rural ;

– l'ASBL RND, par exemple, sans son dernier numéro 2015, à la page 30.

J'ai demandé à ce que la mesure envisagée dans le PWDR soit remplacée par une modification dans l'arrêté du Gouvernement wallon du 20 décembre 2007 relatif à l'octroi de subventions pour la plantation et l'entretien de haies vives, de vergers et d'alignements d'arbres.

Mon administration travaille avec mon cabinet à la modification de cet arrêté du Gouvernement wallon.

De manière générale, et non exclusivement pour le peuplier d'ailleurs, l'agroforesterie a pour ambition entre autres de susciter la production de bois de qualité. Mais, restons objectifs, cela restera une production marginale dont l'effet sera plus sensible au niveau du producteur que de la filière.

L'année 2016 pourrait prolonger le mouvement engagé depuis plusieurs années déjà puisque, outre la modification de l'arrêté du Gouvernement wallon dont j'ai parlé, qui est en cours de finalisation, à ma connaissance, deux projets Interreg intégrant l'agroforesterie sont à l'instruction.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR).

- Merci Monsieur le Ministre pour la réponse. Je conviens que la technique peut être marginale, elle concerne avant tout l'agriculteur ou celui qui fait le choix de cette technique. Je vois que différents organismes sont sensibles à la question et le diffusent, c'est très bien.

Je vous rappelle aussi, c'était d'ailleurs un des éléments qui ressortait de nos auditions sur le bois, qu'un des intervenants avait rappelé qu'il y avait un déficit, notamment dans la plantation de peupliers. Or, on sait que le peuplier peut présenter un intérêt sur le plan de l'agroforesterie. Je ne peux que vous encourager ou faire le voeu que cette année 2016 soit une année d'avancée significative en la matière.

Je rappelle une attention particulière au peuplier. Il y a peut-être des choses à faire en la matière.

P.W.- C.R.A.C. N° 75 (2015-2016) - Lundi 11 janvier 2016 24




Source : http://parlement.wallonie.be