Manque de structures pour jeunes en zones rurales
12 janvier 2016

1.2 Question de M. Yves Evrard à M me Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée «Manque d’organismes pour les jeunes dans les zones rurales»

M. Yves Evrard (MR)

– Je voudrais ici soulever la question du maillage des organismes de soutien et d’écoute des jeunes – Info Jeunes et autres – en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Il me semble en effet difficile pour les jeunes en milieu rural de s’adresser à des organisations de prévention ou d’écoute lorsqu'ils en éprouvent le besoin. Ces différents centres de prévention et d’écoute sont souvent installés dans les villes, ce qui peut se comprendre eu égard au facteur de densité de la population.

La situation est tout autre dans les zones plus rurales. Ainsi, un jeune qui a besoin d’une aide ponctuelle ou récurrente dans différents domaines assuétudes, mal-être, recherche d’un job, etc. se heurte souvent à la problématique de la mobilité.

Il est tributaire de son entourage pour résoudre des problèmes parfois personnels pour lesquels il souhaiterait garder la plus grande discrétion.

Madame la Ministre, à la suite des faits survenus avant les vacances de Noël, notamment à

Durbuy et à Bouillon, où des jeunes ont posé des gestes qui interpellent, je voulais faire le point avec vous. N’y a-t-il pas lieu de mener une réflexion à ce sujet?

N’est-il pas opportun de mettre en place des structures accessibles à ces jeunes ou en tout cas, un maillage plus efficace entre celles qui existent? Comme vous le savez, dans le domaine judiciaire, on a organisé la mobilité des juges vers les justiciables. Il existe aussi des numéros d’appel spécifiques ou des systèmes de chat en ligne qui facilitent les contacts des jeunes confrontés à des situations délicates.

Quelles sont les implications de la situation spécifique des zones rurales?

Des études ont-elles été réalisées? Quelle solution pourrait-elle être apportée pour améliorer le maillage et/ou augmenter les actions de terrain en zone rurale et pour toucher plus précisément les jeunes isolés géographiquement?

Les groupements de jeunesse ou les clubs des jeunes, souvent très actifs dans nos villages, surtout dans le domaine festif, pourraient être des relais pour améliorer l’information et la sensibilisation aux différentes problématiques, voire pour élaborer des mécanismes permettant d’aller à la rencontre de ces jeunes.

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

– Poser la question de l’existence de relais d’accueil pour les jeunes dans les zones rurales, c’est aussi poser celle, pour le secteur de la jeunesse, du déploiement et du rôle des centres de jeunes, plus spécifiquement des centres d’information dans ces zones.

Le service de la Jeunesse a débuté des analyses de la couverture géographique.

Les premiers résultats permettent de visualiser la couverture territoriale des structures de jeunesse. Cet outil nous permettra également de déterminer les priorités pour l’obtention des reconnaissances, en privilégiant bien entendu les zones qui ne sont pas couvertes.

Il faudra néanmoins prendre également en compte les aspects liés à la mobilité, au cadre socio-économique et aux vitalités associatives communale, provinciale et régionale. Celles-ci contribuent également à la mise en œuvre et à la pérennisation d’actions locales. Pour ce faire, je développe actuellement un projet de sensibilisation des communes à l’importance d’instaurer une politique locale de la jeunesse.

Les résultats de l’analyse montrent qu’il y a peu de centres d’information en zone rurale. Les services de ce type sont souvent issus du dispositif de coopération pour la décentralisation de l’information et émanent généralement d’un centre agréé et implanté en zone urbaine ou semi-urbaine. Le décret sur les centres de jeunes soutient le financement de ces décentralisations pour les maisons de jeunes comme pour les centres d’information. En province de Namur et du Luxembourg, le Mobil’Infor et l’IJon Tour sont deux projets innovants d’accueil mobile en zone rurale qui viennent de débuter. Les premières évaluations qualitatives sont positives. En ce qui concerne la problématique de la mobilité en zone rurale, le collectif de maisons de jeunes Cose Toujours a effectué une recherche action avec l’aide de la Fondation Rurale de Wallonie et a rédigé une brochure intitulée. Se déplacer à la campagne: les Maisons de Jeunes cherchent leurs solutions. Elle est téléchargeable sur internet. Nous pouvons également souligner l’action des mouvements de jeunesse et mouvements thématiques qui proposent une offre en zone rurale. L’usage des nouvelles technologies apparaît également comme un outil d’accueil et d’information permettant de faire disparaître les freins à la mobilité qu’on connaît en zone rurale. Il faut toutefois être conscient des limites de l’accueil virtuel. La fracture numérique existe toujours et l’usage de l’écrit n’est pas toujours aisé pour certaines personnes. Il faut aussi tenir compte d’un apprentissage moindre, par le jeune, de l’esprit critique face à l’information et d’une méthodologie de recherche de l’information complète et pertinente pour lui. Le projet de plateforme d’information généraliste online Bruxelles-J répond aux questions des jeunes de façon anonyme et à distance. Son succès est croissant et dépasse les frontières bruxelloises. Signalons également des projets innovants de bornes accessibles dans les écoles, mettant en ligne le jeune et un informateur jeunesse. Enfin, la Fédération Wallonie-Bruxelles a mis en place la ligne d’écoute 103 Écoute-Enfants pour les enfants et les jeunes. Son site internet est www.103ecoute.be. Le service de la Jeunesse participe au comité de pilotage de cette ligne d’écoute.

M. Yves Evrard (MR)

– L’étude portant sur la cartographie des structures est-elle en cours?

Dans l’affirmative, quand pourrons-nous en prendre connaissance?

Vous avez cité différents outils dont l’efficacité n’est plus à démontrer. Je m’en réjouis, mais je crois aussi que vous pourriez inviter ces organes à effectuer des démarches proactives pour aller à la rencontre des jeunes.

Vous avez parlé de bornes et de numéros de téléphone accessibles. Je crois qu’il serait intéressant d’organiser un exposé annuel d’une demi-heure dans les clubs de jeunes pour les informer de l’éventail des outils auxquels ils peuvent recourir. En tout cas, si la cartographie devait révéler des lacunes, j’imagine que vous auriez à cœur d’y remédier de façon à prévenir des drames tels que ceux qui ont défrayé dernièrement la chronique. Quand cela se produit, les politiques que nous sommes éprouvent toujours un sentiment de culpabilité. Nous ne pouvons bien sûr pas résoudre tous les problèmes d’un coup de baguette magique, mais il est de notre devoir de les affronter avec force et vigueur.




Source : http://parlement.wallonie.be