L'accès des femmes à certaines professions dans le secteur de la construction
01 février 2016

Question orale de M. Yves Evrard à M me Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée

«Accès des femmes à certaines professions dans le secteur de la construction»

M. Yves Evrard (MR).

– Madame la Ministre, cette question rencontre différents éléments évoqués cet après-midi.

Le secteur de la construction est majoritairement masculin: à peine 1 % de femmes y travaillent; elles s’y épanouissent. Ce secteur est victime de nombreux clichés qui tiennent de moins en moins la route: la plupart d’entre eux sont erronés et l’évolution technologique rend ces métiers tout à fait accessibles aux femmes.

Si les mentalités évoluent, de nombreuses jeunes filles ou femmes n’imaginent même pas qu’il existe des possibilités de s’épanouir dans des carrières qu’elles pensent inaccessibles. Madame la Ministre, ma collègue Mme Pécriaux a abordé des actions du type «Girls' day, Boys' day» qui ont été mises en place pour faire tomber les nombreux clichés que je viens d’évoquer.

Mises à part ces initiatives pertinentes, avez-vous des contacts avec les fédérations professionnelles pour mettre en place des synergies visant à diminuer le clivage actuel quant à l’accès des femmes à certains types de métier?

Nous avons aussi épinglé cet après-midi la structure Alter’Egales qui, dans ses conclusions,rappelait l’importance de renforcer les collaborations entre la Fédération Wallonie-Bruxelles et les secteurs concernés pour améliorer le droit à l’égalité au travail. Je fais ici un parallèle avec ce que votre

collègue Marcourt a initié pour doper l’égalité des genres dans le domaine scientifique: une initiative et des moyens qui pourraient être transposés aux métiers de la construction. Quelles sont votre analyse et vos propositions?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

– En effet, nous avons des contacts avec les fédérations professionnelles, les Régions et les différents niveaux de pouvoir. Ces contacts se font, en particulier, dans le cadre du projet

«Girls' day, Boys' day» pour lequel les coordinatrices provinciales recherchent chaque année des

témoins. Cette démarche nous permet de rencontrer des professionnels de secteurs très variés.

Lors du colloque organisé le 29 mai dernier par le cabinet de la ministre de l’Enseignement sur

les relations entre les écoles et les entreprises, des contacts ont été pris avec plusieurs fédérations

professionnelles en vue de les faire participer aux rencontres «Girls' day, Boys' day».

Nous avons rencontré des membres du Centre de Formation Bois qui forme aux métiers de l’industrie transformatrice du bois et du meuble, de l’organisation Educam Partner qui travaille sur les relations entre les écoles et les entreprises dans le domaine automobile, de Formelec, organisme de formation dans le secteur de l’électrotechnique et de l’Union des Artisans du Patrimoine qui regroupe une série d’artisans dans des domaines variés.

D’autre part, le site internet intitulé «Mon école, mon métier» propose des informations sur

les métiers et une aide à l’orientation dans les filières de l’enseignement qualifiant. Il présente

des fiches sur les métiers, destinées à un large public: les élèves, les parents, les chefs d’établissement, les enseignants, les éducateurs, les intervenants et les professionnels de l’orientation. Il permet une recherche par secteur de formation ou par débouché. Pour chaque

métier, le visiteur ou la visiteuse peut télécharger une fiche, découvrir son contenu et même consulter la liste des établissements scolaires qui organisent ce type d’études en Fédération Wallonie-Bruxelles.

C’est la dernière réalisation du projet «Mon école,mon métier» qui lutte contre l’orientation par

défaut et nourrit la réflexion des élèves pour qu’ils fassent un choix en connaissance de cause au moment de se tourner vers l’enseignement qualifiant. Enfin, dans le plan sur l’égalité entre les

femmes et les hommes comprenant 34 actions, plusieurs visent à déconstruire les stéréotypes et les normes de genre dans les métiers. Elles conduiront à des collaborations avec les secteurs pro-

fessionnels. Nous avons trois propositions pour renforcer les synergies entre l’enseignement qualifiant et lemonde du travail.

La première est une interface commune aux différentes structures publiques et associatives actives dans l’orientation des jeunes et des élèves qui propose une information harmonisée, objective et non commerciale sur les spécificités de chaque filière d’études, les opportunités et les réalités du marché de l’emploi, les métiers porteurs et les qualifications attendues.

La deuxième consiste à promouvoir, en cinquième et sixième primaires et durant le tronc commun allongé, les projets favorisant la découverte des métiers qualifiants.

La dernière prévoit d’enrichir le développement des Cités des métiers en y associant les acteurs de la formation et de l’enseignement qualifiant, mais aussi des entreprises pour montrer aux jeunes la réalité des métiers techniques et technologiques.

M. Yves Evrard (MR).

– Ces initiatives visent à permettre aux jeunes de trouver un métier qui leur correspond. J’imagine que, dans vos actions, vous veillez à déconstruire les clichés, notamment de la gent féminine par rapport à certaines professions. J’espère aussi que vous incitez les employeurs à faire fi des aprioris danscertains secteurs.

La première question de cet après-midi évoquait la convention-cadre signée avec le secteur de

la construction. Avez-vous été attentive à ces dimensions? Il s’agit de tout faire pour que vos

partenaires s’orientent plus souvent vers un public féminin.

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

–La convention spécifique intègre une approche particulière visant à casser les stéréotypes qui subsistent encore dans les métiers de la construction.




Source : http://parlement.wallonie.be