L'anorexie chez les jeunes filles
01 février 2016

Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée «Anorexie chez les jeunes filles»

M. Yves Evrard (MR)

– Madame la Ministre, ma question fait suite à des auditions très intéressantes que nous avons eues en commission des Sports sur le problème de l’anorexie dans le sport.

Certains chiffres montrent que l’anorexie mentale survient, dans 95 % des cas, chez des

sujets , majoritairement féminins, âgés entre douze et dix-huit ans. C’est une maladie caractéristique de nos pays occidentaux qui sont à l’abri du besoin alimentaire.

Ce n’est bien entendu pas parce qu’une personne est très maigre ou surveille son poids de très près qu’elle est anorexique. Il s’agit ici d’un trouble du comportement alimentaire touchant principalement des jeunes filles qui peut avoir de graves conséquences au niveau de la santé, par exemple en matière d’ostéoporose, au niveau psychologique voire même physiologique.

Chez nos voisins, dans les pays anglo-saxons et scandinaves, il existe de véritables campagnes de sensibilisation au phénomène de l’anorexie.

Qu’en est-il en Fédération Wallonie-Bruxelles? Je pense que la France vient d’adopter des règles et des lois, notamment dans le domaine du mannequinat, obligeant les mannequins à avoir un passeport délivré par un médecin pour exercer leur profession.

Comment pouvez-vous sensibiliser les jeunes filles des différents milieux? Avez-vous identifié ceux où ce phénomène est plus courant? Nous avons constaté en commission des Sports que ce domaine était très concerné par cette problématique.

Avez-vous déjà parlé de ce problème avec les ministres Collin et Milquet pour voir comment vous pourriez sensibiliser les jeunes à cette question?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

– Tout d’abord, les lieux les plus adaptés pour informer les jeunes sont ceux qu’ils fréquentent quotidiennement, à savoir l’école, les centres sportifs et le secteur des loisirs.

Quelques constats ont été révélés par des études scientifiques existantes sur cette question.

Premièrement, les troubles du comportement alimentaire ne toucheraient pas uniquement les filles.

On assiste aujourd’hui à une augmentation manifeste du phénomène chez les garçons. Aussi, deux troubles majeurs sont connus dans le monde sportif: l’anorexie et la boulimie. Ces troubles relèvent d’une prise en charge difficile et sont lourds de conséquences, tant pour la santé que pour la carrière sportive de la personne concernée.

Ils sont annoncés par des signes précurseurs et aggravés par des facteurs de risque sur lesquels doit s’orienter la prévention. Des études ont démontré que certains sports sont anorexigènes, spécifiquement ceux pour lesquels s’exercent une tyrannie de l’apparence et de la minceur comme la gymnastique, la danse classique ou l’endurance.

Il serait utile de les recenser et de chiffrer le phénomène. L’anorexie et la boulimie sont souvent difficiles à aborder en consultation. Dès lors, il conviendrait de sensibiliser les professionnels du monde du sport à ce thème, qu’il s’agisse des moniteurs des 18 centres sportifs au sein de l’ADEPS, des 6 centres du conseil du sport ainsi que les fédérations sportives, clubs affiliés et pouvoirs locaux.

Ces études rappellent l’existence de différents facteurs de vulnérabilité, tant sportifs que

psychologiques à prendre en considération.

Les facteurs liés à la personnalité, telle que l’insatisfaction corporelle vis-à-vis de l’image que renvoie la silhouette ou encore l’apport de la maturité et de ses transformations corporelles, pourraient également être abordés en classe. Une sensibilisation des professeurs serait opportune de même qu’un partenariat entre la famille et l’école.

Néanmoins, je rappelle que la sensibilisation au phénomène de l’anorexie et de la boulimie est une compétence relative à la promotion et à la prévention de la santé, matière qui a été régionalisée dans le cadre des accords de la Sainte-Émilie. Cela n’empêche pas des actions de sensibilisation vers les publics évoqués.

M. Yves Evrard (MR).

– Je vous remercie pour cette réponse exhaustive. Quant aux compétences, on sent que vous êtes sensible à cette question. En outre, pour les enfants entre 12 et 18 ans, la compétence n’est pas régionalisée.

Du côté du sport, même s’il revient à M. Collin de prendre en charge cette question, la sensibilisation doit être encouragée, d’autant que nous connaissons le harcèlement relatif au poids et à l’apparence qui peut avoir cours entre jeunes sur Facebook.




Source : http://parlement.wallonie.be