Promotion du vélo au quotidien
07 mars 2016

Question orale de M. Yves Evrard à M. René Collin, ministre des Sports, intitulée «Promotion du vélo au quotidien»

M. Yves Evrard (MR). – Le printemps approche. On apprend que l’ASBL GRACQ (Groupe de recherche et d’action des cyclistes quotidiens) organisera le 21 mars entre 7h30 et 8h30 un événement national intitulé «Clap au vélo». L’idée est de promouvoir le vélo et d’inciter toutes les personnes à pratiquer le vélo au quotidien.

Avez-vous eu connaissance de cette manifestation? Y apportez-vous votre soutien?

Si la pratique du vélo au quotidien est fort tributaire de la région dans laquelle elle a lieu –

je pense au relief ardennais –, elle peut représenter un premier pas vers une activité physique profitable à la santé. Vous ne disiez pas autre chose lors de l’inauguration à laquelle nous avons assisté ensemble: le sport permet de diminuer les coûts de la sécurité sociale puisqu’une personne en pleine forme et en bonne santé pratiquant le sport a sans doute moins de risques d’avoir des problèmes de santé.

La pratique du vélo au quotidien peut également devenir un élément déclencheur pour s’engager dans une pratique sportive plus importante.

Je voulais donc savoir si le programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles prévoyait la mise en place d’actions, notamment dans les régions rurales, favorisant l’usage du vélo au quotidien dans un cadre utilitaire ou de loisir, donc en de-hors de l’aspect sportif ou performance.

Vous avez eu l’occasion, au parlement wallon, de détailler les infrastructures mises en place pour faciliter le tourisme à vélo. Vous nous en avez donné une liste exhaustive. Vous savez comme moi que les infrastructures actuelles ne sont pas adaptées à un usage quotidien du vélo.

Quelles sont les avancées récentes en la matière?

Quelles collaborations avez-vous mises en place avec vos collègues? Quelles sont les actions prévues hors des grandes agglomérations où le vélo au quotidien est devenu une réalité?

M. René Collin, ministre des Sports. – Je connais bien cette initiative que je salue. Elle se distingue tant par son aspect créatif que par sa simplicité. Je n’ai pas encore été approché par le GRACQ et n’ai donc pas encore pu apporter de soutien à ce projet. Cette compétence étant transversale, mon collègue Carlo Di Antonio en charge de la Mobilité en Région wallonne a probablement déjà été en contact avec eux. Le ministre Prévot est quant à lui compétent pour les infrastructures en Wallonie. Nous avons d’ailleurs créé un groupe de travail ensemble.

Avant de revenir sur les actions qui seront mises en place dans le département des sports, je voudrais rappeler que nous soutenons la Fédération cycliste de Wallonie-Bruxelles. Cette Fédération chapeaute près de 3 500 affiliés et encadre les clubs qui forment nos champions de demain, tant sur route que sur VTT ou sur BMX. J’ai dégagé près de 100 000 euros pour soutenir la formation des jeunes dans nos 24 écoles de cyclisme et leur permettre d’acquérir du matériel.

Je souhaite aussi accorder une aide à toutes les organisations qui sont de qualité et qui en font la demande, du Tour de la Région wallonne (TRW), au Grand Prix Samyn, en passant par la Flèche ardennaise et par le plus petit des championnats FCWB pour débutant. Nous soutenons la Flèche wallonne, Liège-Bastogne-Liège et les Classiques ardennaises, qui sont autant d’outils de promotion touristique, économique et sportive.

J’ai aussi débloqué une importante enveloppe en Wallonie pour acquérir plus de 150 abris de vélos qui seront distribués après appel à projets.

Ils équiperont nos clubs et nos halls sportifs et permettront à tout un chacun de parquer son vélo à l’abri des vols et des intempéries. Nous voulons ainsi impulser un nouveau comportement. On ne va pas à l’entraînement de basket, de handball ou de football en voiture lorsqu’on habite à quelques kilomètres, si on a la possibilité de s’y rendre à vélo et de ranger son vélo en toute sécurité. On pourra ainsi permettre aux sportifs d’acquérir ce réflexe.

Ce week-end, se sont tenus les premiers Points jaunes. J’espère que ces balades ADEPS connaîtront le même rayonnement que les marches ADEPS qui fleurissent chaque week-end aux quatre coins de la Fédération depuis plus de 40 ans. Le premier Point Jaune ADEPS devait se tenir près de Virton samedi, mais il a été annulé vendredi par les organisateurs. Je n’ai donc pas pu donner le coup d’envoi, mais d’autres balades se sont bien déroulées hier.

Ces points jaunes pourront être organisés par tout un chacun – club sportif, collectivité, groupe d’amis ou mouvement de jeunesse. Ces ballades de 10 à 20 ou 40 km devront rester accessibles au plus grand nombre. Ce dispositif a pour objectif d’encourager chacun à enfourcher seul, entre amis ou en famille, sa bicyclette et de se laisser guider durant le parcours sur les chemins de Bruxelles et de Wallonie.

Ce sont des actions comme celles que je viens de décrire qui encourageront nos concitoyens à utiliser quotidiennement leur vélo. Je sais que le ministre Di Antonio va également proposer des initiatives dans le cadre de ses compétences en matière de mobilité. Le sport ne peut pas être le seul à faire bouger. Ce sont toutes les composantes d’une société et donc toutes les responsabilités gouvernementales qui doivent tirer sur la même corde. Ici, en l’occurrence, c’est une corde «multibénéfique» – bénéfique pour le sport, pour la santé, favorisant le désengorgement de nos routes et le bien-être de ceux qui se mettent tout doucement à pratiquer le vélo. Quand on l’a adopté, on ne peut plus s’en passer!

M. Yves Evrard (MR). – Monsieur le Ministre, je vous rejoins en tout cas sur la dernière conclusion. Vous avez finalement un beau porte-feuille! Vous pouvez largement distribuer un peu partout...

M. René Collin, ministre des Sports. – Il fallait tout de même y penser. Ce n’est pas qu’un portefeuille qu’on nous donne...

M. Yves Evrard (MR). – À chacun ses responsabilités! Mais certaines matières sont plus délicates. Je vous rejoins en tout cas aussi à propos des abris de vélos. Vous nous dites qu’ils seront installés à proximité des halls sportifs.

Pourquoi pas aussi à proximité des gares? Je sais que votre collègue Di Antonio aura sans doute fort à faire dans les prochains jours pour régler d’autres problèmes. Je compte donc sur vous, puisque vous avez deux beaux portefeuilles à la Région wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour vous rappeler qu’il est important de garder un œil attentif. Dans certaines régions rurales, on supprime notamment des pistes cyclables – leur entretien coûte cher. Il doit y avoir moyen, grâce à de nouvelles initiatives, d’encourager encore plus la pratique du vélo au quotidien.

CRIc No72-Sports10(2015-2016)




Source : http://parlement.wallonie.be