L'année du Vélo et le nombre d'accidents impliquant des cyclistes
13 avril 2016

Question d'actualité de M. Evrard à M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine, sur « l'année du vélo et le nombre d'accidents impliquant des cyclistes »

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, ou plutôt Messieurs les ministres, puisque ma question s'adresse évidemment aussi à M. Collin qui a décrété l'année 2016, année du vélo, l'actualité de ces derniers jours nous a démontré combien la cohabitation entre les vélos et les automobilistes n'est pas toujours au beau fixe, c'est le moins que l'on puisse dire et il me semble utile et nécessaire de rappeler quelques règles en la matière.

D'ailleurs, l'IBSR publiait une étude qui nous montrait que le mois d'avril est un des plus mortifères pour les cyclistes. C'est un mois qui connaît une hausse au niveau des accidents que les cyclistes rencontrent. C'est un élément que l'on peut expliquer évidemment par l'arrivée des beaux jours et finalement une augmentation de la fréquentation de nos routes, mais cela doit malgré tout nous interpeller.

Ce constat est réitéré pour les mois d'août et de septembre.

On apprend aussi quelque part sans surprise que c'est dans les centres urbains que le taux d'accidents est deux fois plus élevé par rapport aux agglomérations et ils y sont aussi malheureusement parfois plus souvent mortels.

Si l'on s'en réfère à une autre étude qui concerne les vélos électriques, sur la même période de référence entre 2013 et 2014, on constate là aussi une augmentation du nombre d'accidents de plus de 23 %.

Monsieur le Ministre, je vous avais interrogé sur cette question, vous m'aviez dit qu'à vos yeux, il n'était pas utile de prévoir des mesures contraignantes pour les cyclistes, notamment en matière de port de casque. Vous m'aviez aussi rappelé que vous alliez lancer une campagne à travers l'Agence wallonne de sécurité routière sur deux axes, à la fois pour sensibiliser les automobilistes par rapport à l'attention qu'ils doivent porter aux cyclistes, mais aussi à l'attention des cyclistes pour leur rappeler les règles de sécurité et les règles notamment au niveau du Code de la route. Vous aviez même rappelé, à la lumière de l'actualité, c'est important, une sensibilisation particulière à l'égard des cyclosportifs.

Monsieur le Ministre, où en êtes-vous par rapport à l'ensemble de ces démarches ? De gros efforts sont faits pour diminuer le nombre de tués sur nos routes et je voulais voir en la matière ce que vous pouviez nous proposer.

M. le Président. - La parole est à M. le Ministre Prévot.

M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine. - Merci Monsieur le Président. Merci, Monsieur le Député, pour votre question.

Elle me concerne à double titre, comme ministre en charge des infrastructures, d'une part, et de la sécurité routière, d'autre part, même si, vous imaginez bien qu'avec une année déclarée année du vélo, mes collègues, Di Antonio, en charge de la mobilité et, Collin, en charge du tourisme, sont aussi des partenaires de la mise en œuvre de cette valorisation des modes doux et singulièrement du bicycle.

Soyons clairs, s'agissant des questions d'infrastructures, le Gouvernement wallon, par ma voie, a débloqué 10 millions d'euros additionnels portant le budget total de la mandature à 32 millions d'euros, ce qui est assez inédit comme investissement dans les RAVeL pour permettre la réalisation de 300 kilomètres complémentaires pour parfaire le maillage du RAVeL sur l'ensemble de notre territoire de Wallonie.

Par ailleurs, en marge d'ailleurs du plan Infrastructures, il a clairement été dit que l'ensemble des dossiers pour lesquels des aménagements de voirie allaient être mis en œuvre, allaient être pensés en amont en concertation avec tous les services concernés pour intégrer les aménagements de sécurité pour les modes doux.

Nous avons déjà aujourd'hui un schéma directeur cyclable dans la Wallonie qui intègre les opportunités sur une série de voies régionales de développement de pistes cyclables. Ce n'est pas nécessairement recommandé sur toutes les voiries régionales, mais certaines d'entre elles oui. Nous y travaillons et le système de gestion par projet dit GPS au sein de la DGO1 s'y emploie également.

À côté de cela, à l'Agence wallonne pour la sécurité routière, comme j'ai déjà pu vous le dire ainsi qu'à votre collègue, Mme De Bue, lors d'une question précédente, est particulièrement attentive puisqu'elle dispense une série de formations et une campagne de prévention en matière de mode doux et, bien entendu, les piétons, mais aussi les cyclistes.

Il a été évoqué que nous serions attentifs à l'opportunité courant de l'année prochaine parce que, pour cette année 2016, les thématiques sont déjà arrêtées, de pouvoir intégrer pendant un mois une campagne ciblée plus particulièrement sur les cyclistes, le fait qu'eux-mêmes doivent être attentifs, mais qu'il faut aussi être attentifs aux cyclistes.

J'ajoute qu'à chaque fois que l'on en a l'occasion – et je vais terminer par là, Monsieur le Président, puisque mon temps de parole est atteint – nous veillons, que ce soit M. le Ministre Collin, M. le Ministre Di Antonio ou moi-même, à mettre en exergue les enjeux de sécurité, que ce soit à travers le brevet cycliste du côté du ministère de la Mobilité ou encore à travers le Guide des 45 randonnées cyclables de Wallonie qui a été mis en exergue par l'ASBL Wallonie-Bruxelles-Tourisme – il y a là aussi à chaque fois une page de sensibilisation sur la bonne pratique – les distributions de gilets fluorescents et les recommandations quant au port du casque. Nous y sommes attentifs et nous ne négligeons pas l'enjeu que cela représente en termes de sécurité routière.

M. le Président. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Merci, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. J'entends bien que vous avez investi dans les RAVeL, mais les accidents que j'évoquais tout à l'heure concernent justement cette cohabitation entre les cyclistes et les automobilistes ; notamment dans les zones plus urbaines.

Si j'entends bien que vous souhaitez, c'est de bonne guerre, améliorer les infrastructures, je ne peux que constater que dans de nombreux endroits, notamment dans les zones plus rurales, on en arrive même à supprimer les pistes cyclables à certains endroits et, forcément, les cyclos, qu'ils soient amateurs ou plus sportifs, se retrouvent pleinement sur la voirie avec des problèmes de cohabitation comme on en a connus.

D'ailleurs, nombre de représentants de clubs nous rappellent combien pour eux il est important aujourd'hui de prendre des dispositifs qui permettent de protéger beaucoup mieux les cyclistes que ce n'est le cas actuellement et en tout cas, de rappeler à l'ensemble des usagers que la route se partage.

Par rapport aux campagnes que vous avez lancées, je dois bien vous avouer que je n'ai pas encore vu d'effet spectaculaire le long de nos voiries. Je crois justement que lorsque l'on traverse des périodes plus sensibles, comme l'IBSR nous le dit, il serait peut-être utile de rappeler et de faire une campagne de communication à la fois à l'égard des automobilistes et des cyclistes. C'est en tout cas ce que je vous invite à faire le plus rapidement possible de manière à ce que chacun ait le respect de l'autre sur la voirie publique.




Source : http://parlement.wallonie.be