Le bilan de la plateforme Euroquity
12 avril 2016

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. MARCOURT, MINISTRE DE L'ÉCONOMIE, DE L'INDUSTRIE, DE L'INNOVATION ET DU NUMÉRIQUE, SUR « LE BILAN DE LA PLATEFORME EUROQUITY ».

M. Evrard (MR).

- Monsieur le Ministre, effectivement, mon collègue a rappelé le contexte de cette plateforme. La SOLWAFIN a investi d'ailleurs 400 000 euros dans ce projet pour l'exploitation de la licence liée à la plateforme.

À ce niveau-là, Monsieur le Ministre, je voulais savoir si des contacts ont été noués avec la Flandre et Bruxelles qui pourraient éventuellement se rallier au projet et quels sont les résultats des contacts éventuels. Effectivement, je pense qu'après un an, il était intéressant de faire aussi un premier bilan sur ce dispositif, notamment qui a fait ses preuves en Allemagne et en France.

On sait qu'un des objectifs était l'ouverture d'une vingtaine de dossiers avec une moyenne de 600 000 euros par projet. Est-ce que cet objectif a été atteint ? Quels sont les objectifs pour les années à venir ? Merci, Monsieur le Ministre.

M. le Président. - La parole est à Monsieur Marcourt pour sa réponse.

M. Marcourt, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de l'Innovation et du Numérique.

- Merci, Monsieur le Président. Monsieur, le Président, Messieurs les Députés, EuroQuity sensibilise les entrepreneurs et futurs entrepreneurs à la diversification des formes de financement de leur entreprise par l'ouverture de leur capital.

Mais EuroQuity permet aussi la mise en relation de sociétés ou porteurs de projet et d'investisseurs qualifiés, qu'ils soient privés ou publics. Depuis la crise financière de 2008, les organismes de financement traditionnels sont moins ouverts à certains types de dossiers, ce qui explique l'intérêt croissant pour les formes de financement alternatif.

EuroQuity s'adresse tant aux start-ups, spin-offs et spin-outs qu'aux sociétés plus « matures », présentant un projet de croissance ou de développement. Elle peut intervenir dans toutes les périodes de vie de l'entreprise : l'amorçage, la création, le développement, la transmission.

En plus de l'investissement, la société peut bénéficier de conseils de professionnels labellisés qui peuvent apporter un soutien dans les démarches de levées de fonds. Cet écosystème de Private Equity permet également à l'entreprise de nouer des partenariats technologiques et commerciaux. L'objectif est la croissance de la société, non seulement par les fonds levés mais aussi par le concours d'expertises complémentaires.

EuroQuity est opérationnel en Belgique depuis février 2015. En ce qui concerne les levées de fonds concrétisées grâce à la Plateforme, il est difficile d'avancer des chiffres précis. En effet, son rôle est de mettre en relation des investisseurs et des entreprises, sans s'immiscer dans les négociations et, dès lors, sans nécessairement connaître le résultat.

À l'instar de la Bpifrance, ayant lancé l'outil en 2008, et la KfW en Allemagne depuis 2012, EuroQuity réalisera des sondages auprès des utilisateurs afin d'estimer raisonnablement l'efficience de l'initiative. C'est ainsi que la Bpifrance a pu estimer à 300 millions d'euros les fonds levés depuis 2008 et environ 500 entreprises grâce à EuroQuity.

Cela représente environ 15 % du portefeuille d'entreprises françaises s'étant inscrites sur la plateforme. En période de croisière, on peut raisonnablement estimer que ce pourcentage sera atteint pour notre région. À ce jour, nous avons plus d'une centaine d'entreprises inscrites, une cinquantaine d'investisseurs professionnels, plus de quinze labels et conseillers.

L'arrivée du prêt Coup de Pouce devrait continuer à alimenter la plateforme, tant au niveau des investisseurs qu'au niveau des sociétés. Par ailleurs, EuroQuity travaille déjà avec les organismes suivants afin de présenter l'initiative à leurs membres : incubateurs, accélérateurs, universités, administration, banques, organismes fédérateurs tels que les Pôles de compétitivité et fédérations d'entreprise. La Région flamande et la Région bruxelloise ont accueilli favorablement l'initiative.

Les discussions autour d'un partenariat sont d'ailleurs bien avancées. Dans son mode de fonctionnement actuel, la plateforme héberge déjà quelques dossiers en Flandre et à Bruxelles pour des entreprises en levée de fonds et des investisseurs, ce qui maximise donc les chances de succès.

M. le Président. - Merci, Monsieur le Ministre. La parole est à M. Dufrane.

M. Dufrane (PS).

- Je remercie le ministre pour sa réponse et constate cet outil supplémentaire pour permettre le financement des entreprises. Je ne serai pas plus long.

M. le Président. - La parole est à M. Evrard, à la suite de quoi, il prendra la présidence de cette commission, s'il le souhaite.

M. Evrard (MR).

- J'aurais encore une question. Merci, Monsieur le Ministre pour cette réponse. On peut comprendre qu'effectivement, l'évaluation est délicate même si elle me semble nécessaire, simplement pour savoir mieux mesurer l'efficience de l'outil.

Vous nous avez appris que la Flandre et Bruxelles étaient intéressées. Je ne sais pas si elles vont participer aussi ou contribuer au financement notamment à travers l'achat de la licence qui a été opérée par la Région wallonne. On aura l'occasion sans doute d'en reparler.

Merci, Monsieur le Ministre.

P.W.- C.R.A.C. N° 136 (2015-2016) – Mardi 12 avril 2016 36




Source : http://parlement.wallonie.be