Les mesures de confinement des volailles en Dordogne
25 mai 2016

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. COLLIN, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA RURALITÉ, DU TOURISME ET DES AÉROPORTS, DÉLÉGUÉ À LA REPRÉSENTATION À LA GRANDE RÉGION, SUR « LES MESURES DE CONFINEMENT DES VOLAILLES EN DORDOGNE »

Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle la question orale de M. Evrard à M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région, sur « les mesures de confinement des volailles en Dordogne ».

La parole est à M. Evrard pour poser sa question.

M. Evrard (MR).

- Merci, Madame la Présidente, merci aux collègues qui ont bien voulu changer l'ordre, parce qu'effectivement, je me demandais en quelle qualité ma question se trouvait dans les matières touristiques.

J'imagine que l'on a vu Dordogne, et que l’on s'est dit : « Voilà une belle région, M. Evrard va nous parler du tourisme ».

Monsieur le Ministre, en réalité, je voulais vous parler du retour du virus H5N1, qui a incité le préfet de la région à prendre des mesures de confinement de volailles à partir du 18 avril 2016. Ceci concerne tous les élevages, qu’ils soient commerciaux ou particuliers.

Monsieur le Ministre qu’en est-il pour la Wallonie ? Risque-t-on de voir se propager une nouvelle vague de grippe aviaire ? Suite à une question écrite de l'un de mes collègues, vous avez assuré que le virus H5N1 et les cas de grippe aviaire faisaient l’objet d’une surveillance active via le Réseau de surveillance sanitaire de la faune sauvage, qui est piloté par l’Université de Liège, avec laquelle la Région a une convention.

Toutefois, cette convention ne porte plus spécifiquement que sur la faune « gibier », en tout cas la faune sauvage. Les oiseaux et les volailles domestiques ont-elles fait l’objet d’une attention particulière de la part du réseau, suite à l’actualité française ?

En termes de prévention d’une nouvelle crise potentielle, avez-vous l’intention d’étendre l’objet de la convention établie avec l’ULg à ce volet plus spécifique ?

Enfin, bien que cela fasse partie des compétences partagées avec votre collègue du Fédéral, pouvez-vous me dire si des cas de grippe aviaire ont été signalés en Wallonie ? Des mesures de confinement sont-elles à craindre à moyen terme ?

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région.

- Je vous rassure, aucun cas de H5N1 n'a jamais été diagnostiqué en Belgique, aussi bien en volaille d'élevage que dans l'avifaune sauvage.

Le seul cas de H5N1 mis en évidence en Belgique l'a été à l'aéroport de Zaventem, sur un couple d'aigles vivants, importé illégalement par un trafiquant thaïlandais, qui s'est fait intercepter et contrôler dans cet aéroport.

Vis-à-vis du H5N1, je vous confirme la mise en œuvre de deux types de mesures de surveillance. D'une part, il est question d'une surveillance active qui s'articule sur une enquête sérologique, réalisée systématiquement par l'AFSCA dans tous les élevages de volaille, et sur un monitoring de l'avifaune sauvage, qui est assuré par le Réseau de surveillance sanitaire de la faune sauvage de l'ULg, financé par l'AFSCA, sur des fonds européens.

Dans ce contexte, 500 échantillons cloacaux de canards sauvages tirés à la chasse et 2500 échantillons cloacaux d'oiseaux de la faune sauvage prélevés par les bagueurs officiels sont analysés annuellement par le CODA-CERVA.

Dans le cadre de cette épidémiosurveillance réalisée sur l'avifaune sauvage, aucun cas de H5N1 n'a été mis en évidence. Par contre, régulièrement, il est mis en évidence des virus influenza faiblement pathogènes, qui pourraient s'avérer très dangereux par mutation lorsqu'ils se répliquent dans des élevages intensifs de volailles domestiques.

D'autre part, le deuxième axe de mesure de surveillance consiste en une surveillance passive, réalisée sur le terrain, par l'ensemble des agents de l'administration forestière, qui sont, à cette fin, formés et chargés de prévenir de toute observation de mortalité anormale d'oiseaux de la faune sauvage et de l'acheminement des cadavres vers le CODA-CERVA pour analyse.

Je tiens à souligner la très bonne collaboration qui existe entre l'AFSCA, le CODA-CERVA, l'ULg et le DNF, dans le cadre de ce monitoring. Cette surveillance doit permettre de réagir rapidement si une souche hautement pathogène devait être isolée en faune sauvage.

Dans ce cas, les mesures seraient les mêmes que celles mises en œuvre au moment de la crise Influenza d'il y a quelques années, comme le confinement des volailles ou la suppression des points d'eau communs entre les volailles et les oiseaux sauvages dans les zones sensibles. Il ne serait pas envisagé de détruire l'avifaune sauvage dans la zone visée.

Actuellement toute une série de mesures est d'office d'application sur l'ensemble du territoire et concerne notamment les rassemblements de volailles et d'autres oiseaux captifs, les moyens utilisés pour leur transport ou encore l'accès aux endroits où les volailles et ces oiseaux captifs sont détenus.

En dehors de la surveillance, passive et active concernant la faune sauvage, de compétence régionale, la surveillance des oiseaux et volailles domestiques et la gestion des mesures de confinement de la volaille domestique sont bien une compétence fédérale, gérée par l'AFSCA.

Vous trouverez plus d'informations consacrées à la problématique de la grippe aviaire sur le site influenza.be/fr/content/grippe-aviaire et, concernant plus particulièrement les mesures prises, sur le site de l'AFSCA. La procédure mise en place il y a quelques années est donc toujours bien d'application.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR).

- Merci, Monsieur le Ministre, pour ces nouvelles rassurantes.

Vous savez, comme moi, combien la prévention et la vigilance sont de mise dans des secteurs qui sont, parfois, durement touchés une fois qu'une crise de tel mécanisme voit le jour.

Je pense, comme vous l'avez rappelé, qu'il est intéressant aussi, au-delà des mesures qui sont prises par le Fédéral, dans les prérogatives de la Région, de regarder de plus près ce qu'il se passe, notamment au niveau de la faune sauvage, puisque l'on sait que, pour ces virus, forcément, s'il y a un problème éventuel, ils sont communiqués ; il n'y a pas de distinction entre la faune domestique et la faune sauvage.

Merci, Monsieur le Ministre, pour votre réponse.

23 P.W.- C.R.A.C. N° 147 (2015-2016) - Lundi 25 avril 2016




Source : http://parlement.wallonie.be