Suivi de l’installation de défibrillateurs et des formations y afférentes
30 mai 2016

Question de M. Yves Evrard à M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles, chargé de la tutelle sur la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale, intitulée

«Suivi de l’installation de défibrillateurs et des formations y afférentes»

M. Yves Evrard (MR).

– Je souhaite aborder un sujet souvent évoqué, les défibrillateurs.

Selon mes informations, depuis 2012, 2 300 défibrillateurs externes automatiques (DEA) été installés dans les infrastructures sportives de Wallonie et de Bruxelles. Une attention particulière a été apportée à la formation des personnes susceptibles de les utiliser afin d’optimiser les chances de sauver une vie.

Des contacts ont été initiés en ce sens avec l’Association des établissements sportifs (AES) ainsi qu’avec la Ligue francophone belge de sauvetage (LFBS) pour organiser des formations. Un partenariat avec l’Association des clubs francophones de football (ACFF) multiplie encore les opportunités de formation et le ministre Collin annonçait en mars que plus de 15 000 personnes étaient formées aux gestes qui sauvent. C’est évidemment très positif et nous nous en réjouissons.

Pouvez-vous faire le point sur le nombre de DEA installés depuis le début de l’opération?

Quels budgets ont été consacrés à ces dépenses?

Les efforts nécessaires à l’installation des défibrillateurs et à la formation des personnes amenées à les utiliser seront-ils poursuivis dans les années futures? La question est légitime quand on constate parfois les changements de cap politique dans certains domaines, comme on vient de l’évoquer.

Les adhérents d’un club sportif étant susceptibles de changer au fil des mois, avez-vous pris des dispositions afin que le nombre de personnes formées à l’utilisation des DEA soit assuré? Avez-vous pris des contacts avec d’autres départements afin que ceux-ci, conscients de l’intérêt de la chose, investissent également pour équiper d’autres lieux tels que salles de spectacle, salles de fêtes ou écoles?

M. André Flahaut, ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative.

– Le décret d’octobre 2012 relatif à la présence de défibrillateurs de catégorie 1 dans les infrastructures sportives leur a effectivement imposé l’obligation de se doter d’un DEA, à charge des cercles, des centres sportifs locaux et des associations de centres sportifs de veiller à informer et former leurs membres à son utilisation.

Dans ce cadre, chaque année, des fédérations sportives transmettent à l’administration un tableau reprenant la situation de chacun des clubs affiliés en matière de DEA et de formation. Voici les chiffres que le ministre Madrane vous communique sur le nombre de DEA affectés aux infrastructures. En vertu de la convention, l’AES a distribué 1 000 DEA, dont 300 en 2012, 400 en 2013, 300 en 2015 pour respectivement 400 000, 520 000 et 420 000 euros. Infrasport a distribué plus de 900 DEA, dont 300 en 2012, 313 en 2013 et 315 en 2015, pour des montants de 264 990 euros en 2012, 275 880 en 2013, et 250 470 euros en 2015. Dans le cadre d’achat de matériel spécifique, l’ADEPS a subventionné l’achat de 297 DEA pour un montant total de 244 031 euros au 24 mai 2016. Cent quatorze demandes sont encore en cours d’examen. Au total, le nombre de DEA se monte à 2 311 pour un budget total de 2 375 371 euros.

Sachant qu’à la date du 27 mai dernier, plusieurs DEA provenant de la première campagne de distribution gratuite de 2013 étaient encore en attente de bénéficiaire, nous pouvons considérer que l’offre de DEA a répondu à la demande du secteur.

L’association des établissements sportifs a jusqu’ici dispensé plus de 665 formations sur les 1 000 prévues dans le cadre de différentes conventions de partenariat entre l’AES et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La mission initiale de formation des clubs sportifs bénéficiaires d’un DEA lors des campagnes de distribution devrait, compte tenu du rythme de diffusion actuel, prendre fin vers le milieu de l’année 2017.

La Ligue francophone belge de sauvetage a également été chargée par le ministre Collin de former six cents clubs bénéficiaires d’un DEA suite aux campagnes de distribution.

Lors de la séance du 26 mai 2015, le ministre Collin avait répondu à la question du député Prévot sur la formation continue à l’utilisation du DEA et aux gestes de réanimation cardiopulmonaire, que des séances de recyclage seront organisées par province et par discipline.

Il n’en est rien et le ministre Madrane veillera à ce qu’une réflexion sur le sujet soit menée avec l’administration en vue d’en fixer le mode opératoire éventuel.

Rappelons que la distribution de défibrillateurs et la dispense de formations pour leur utilisation ont été organisées en application d’un décret spécifique au secteur du Sport. Néanmoins, d’après des informations recueillies sur le terrain, il apparaît que certaines infrastructures, écoles, lieux de culte et administrations communales disposent, grâce à l’action initiée par le ministre des Sports, de DEA accessibles à tous sans restriction à la pratique d’une activité sportive.

L’accessibilité du DEA répond ainsi à l’obligation de mise à disposition mentionnée dans l’arrêté royal du 21 avril 2007 fixant les normes de sécurité et les autres normes applicables aux DEA dans le cadre d’une réanimation.

J’espère que cette initiative a incité et incitera encore d’autres secteurs à se doter de pareils dispositifs de prévention des risques et à investir en conséquence.

M. Yves Evrard (MR).

– Je vous remercie pour la franchise de votre réponse. Même si je dois faire preuve d’une certaine «solidarité luxembourgeoise», je me dis que l’on a peut-être bien fait de changer de ministre... J’espère qu’à l’avenir, nous aurons droit à beaucoup plus de cohérence entre les effets d’annonce et la réalité de terrain.

CRIc No113-JeunS3(2015-2016)




Source : http://parlement.wallonie.be