Le sport libre
30 mai 2016

Question de M. Yves Evrard à M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles, chargé de la tutelle sur la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale, intitulée «Sport libre»

M. Yves Evrard (MR).

En réponse à une précédente question, le ministre Madrane avait évoqué la tendance à pratiquer du sport en dehors des structures reconnues. Il avait souligné que nos clubs devront évoluer: proposer des plages horaires spécifiques, imposer moins de contraintes et surtout, décomplexer les sportifs qui visent avant tout l’épanouissement et le plaisir.

Tout comme il existe une fédération reconnue et consacrée à la marche populaire dans laquelle la notion de compétition n’intervient pas, pourrait-on imaginer d’autres fédérations reconnues dans d’autres disciplines basées sur la notion de «sport loisir»? Je voudrais prendre ici l’exemple de la Fédération francophone belge du cyclotourisme et du VTT, dont nous venons de parler au sujet de la mise en œuvre des Point jaunes. Il s’agit d’une fédération qui regroupe 227 clubs et 8 700 adhérents répartis sur tout le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Elle prône le sport libre. Son slogan, Vélo Liberté, en est la preuve.

Dans quelle mesure cette fédération axée sur la notion de «sport loisir» pourrait-elle s’inscrire dans le cadre de votre réflexion relative au sport libre?

In fine, pourrait-on espérer obtenir une reconnaissance en tant que fédération à part entière?

Cela me paraît logique et indispensable.

M. André Flahaut, ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative.

– Si j’entends un intérêt pour la reconnaissance de la Fédération francophone belge de cyclotourisme et du VTT, le ministre tient à rappeler que le décret du 8 décembre 2006 visant l’organisation subventionnée du sport en Communauté française prévoit expressément en son article 19 que le gouvernement ne peut reconnaître qu’une seule fédération par discipline sportive ou par groupe de disciplines sportives similaires.

Or le gouvernement a reconnu la Fédération cycliste Wallonie-Bruxelles pour le cyclisme et ses différentes composantes – BMX, cyclocross, mountain bike, piste, cyclisme féminin, route, cyclisme de loisirs – et la Ligue francophone belge des sports d’entreprise et de loisirs pour ce qui concerne les sports de loisirs. Ce sont donc ces deux fédérations qui, pour être reconnues, ont respecté un cahier des charges conséquent. Elles constituent des partenaires privilégiés de la politique sportive en Fédération Wallonie-Bruxelles.

M. Yves Evrard (MR).

– J’ai l’impression qu’on tourne en rond, car vous me donnez une réponse sur laquelle j’avais d’ailleurs pu interroger M. Madrane en lui signifiant finalement que ce texte et cet article 19 posaient problème à l’heure actuelle, car on voit l’émergence de fédérations qui ne sont pas marginales et représentent un réel élan populaire.

Par ailleurs je vous invite à rappeler à votre collègue que, comme il le disait, nos clubs devront évoluer. Il appartient aussi au pouvoir politique de faire évoluer les règlementations.

En tout cas, la Fédération francophone belge du cyclotourisme et du VTT demande une reconnaissance qui doit être actée. Il faut trouver un mécanisme pour encourager les fédérations, qui poursuivent des objectifs bien différents de ceux de la Fédération Wallonie-Bruxelles et visent à l’épanouissement sans rechercher la compétition pure et dure, comme le soulignait le ministre dans sa dernière réponse.

Je réfléchirai à la question pour faire en sorte de disposer de textes légaux adaptés à la réalité d’aujourd’hui. J’invite le ministre à y réfléchir sérieusement lui aussi.

31 mai 2016

CRIc No113-JeunS3(2015-2016)




Source : http://parlement.wallonie.be