La situation des centres Adeps
30 mai 2016

Question de M. Yves Evrard à M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles, chargé de la tutelle sur la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale, intitulée «Situation des centres ADEPS»

M. Yves Evrard (MR).

– En 2012, 76 millions d’euros ont été débloqués pour réno-ver sept centres ADEPS situés à Mons, Liège, Namur, Auderghem, Louvain, Loverval et Péronnes. Ce budget s’ajoutait à d’autres investissements programmés dans différents centres. À l’époque, il avait été envisagé, pour certains d’entre eux, de trouver des formules hybrides alliant tourisme et sport, ce qui devait permettre des financements conjoints. C’était, me semble-t-il, une bonne idée.

En octobre 2015, le ministre Collin a fait mention d’investissements dans différents centres, à savoir ceux de Neufchâteau, Louvain et Spa. Il existe actuellement dix-huit centres ADEPS en Belgique et un à l’étranger. Ils demeurent le fleuron de l’offre sportive en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Pouvez-vous faire le point sur la situation des travaux présents et à venir visant la rénovation des centres ADEPS? Des projets hybrides sport-tourisme ont-ils pu voir le jour?

S’agissant du financement des centres ADEPS, les inquiétudes exprimées par ceux-ci vont-elles être rencontrées? J’ai évoqué de nombreux problèmes de financement concernant de simples besoins de fonctionnement au quotidien.

Des budgets sont nécessaires pour pallier des problèmes élémentaires en matière de fonctionnement.

Je souhaite faire le point avec vous sur ces différentes questions et savoir si des problèmes

spécifiques se posent actuellement en la matière.

M. André Flahaut, ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative.

– Tout d’abord, précisons qu’après l’ajustement budgétaire et la décision du conclave, il a été décidé de renforcer la task force sur les infrastructures, de ne plus limiter nos observations aux seules infrastructures scolaires et de ne pas limiter le travail à la seule vente des infrastructures, mais d’être également attentif aux achats et à l’utilisation la plus efficiente possible des infrastructures culturelles, sportives et scolaires de la

Communauté française. Il s’agit de dégager des moyens pour les réinvestir dans des tâches opérationnelles.

Considérant les travaux visant la rénovation des centres ADEPS, le Service général des infrastructures non scolaires (SGINS) travaille sur plusieurs projets. Ici aussi, le contrat qui vient d’être passé avec l’administration prévoira plus de transversalité dans ses infrastructures et services, qui travaillaient jusqu’à présent de manière un peu trop cloisonnée.

Sachant, d’une part, qu’il ne serait pas acceptable que les travaux soient réalisés simultanément sur tous les sites – pour ne pas trop réduire les activités ADEPS – et, d’autre part, que les ressources humaines et budgétaires de l’administration sont limitées, les projets se trouvent à différents stades d’avancement. Sur une enveloppe de 167 millions destinée aux principaux projets, 27 % sont achevés, 6 % sont en cours de réalisation, 9 % en sont au stade de l’attribution des marchés publics, 6 % en sont au stade de la passation des marchés publics, 13 % en sont au stade de l’instruction des demandes de permis d’urbanisme, 1 % en est au stade de l’établissement des demandes de permis d’urbanisme, 28 % en sont au stade des études et 9 % en sont au stade de la mise au point des programmes physiques et financiers des besoins. Les détails sont à votre disposition.

Quant à la question des projets hybrides de type «sport et tourisme», il ne s’agit pas vraiment de projets hybrides, car l’ADEPS ne peut pas faire concurrence au secteur Horeca, mais de projets de développement de plusieurs sites avec différents acteurs du secteur touristique.

Parmi ces projets, on peut citer l’aménagement d’un parc récréatif et sportif sur le site du centre sportif L’Hydrion, à Arlon, avec la Ville d’Arlon, l’aménagement du centre de sports de nature et du port de plaisance sur le site du centre sportif Le Grand Large a Péronnes-lez-Antoing avec l’intercommunale IDETA – ce site se prête vraiment au développement d’un centre mixte, notamment grâce à des fonds européens – et le développement d’activités au centre sportif de la Baraque Fraiture, à Vielsalm, avec la Ville de Vielsalm.

Concernant la situation financière des centres ADEPS, le bilan 2015 de fonctionnement des centres ADEPS affiche un résultat positif de 202 542 euros sur le Fonds des sports. Eu égard à un volume d’activités, internats et externats confondus, équivalent à celui de l’année précédente et à l’indexation des tarifs en 2015 par rapport à 2014, on note une légère augmentation des produits en hébergement, restauration et droits d’inscription. On observe également une augmentation des charges en rémunérations, notamment pour ce qui concerne le personnel occasionnel visant à pallier les retards dans le remplacement des agents et le manque de personnel dans les centres sportifs. Ce problème tend à se résoudre dans la mesure où le plan de ressources supplémentaires nécessaires, afférent au contrat d’administration du Ministère, vient d’être signé.

Les difficultés rencontrées par les centres ADEPS pour l’acquisition de matériel subsistent puisque ces dépenses sont affectées à deux articles budgétaires de la division organique 26, à savoir 74.01.42 pour le matériel durable et 12.41.43 pour le matériel sportif non durable – raquettes, balles, volants.

Ces budgets sont malheureusement insuffisants pour répondre aux besoins des 17 centres

ADEPS, des centres du Conseil du sport et du dépôt de prêt de matériel. Des solutions sont recherchées en vue de pallier ces difficultés sur le budget 2017.

Il est vrai que les embûches administratives sont de taille – imposition du SIPPT, procédure des «trois feux verts», contraintes liées à la loi sur les marchés publics, etc. – et obligent les services à anticiper et à préparer les dossiers longtemps à l’avance.

À titre d’exemple, les cahiers d’équipements et matériels des centres sportifs sont d’ores et déjà en cours d’élaboration alors que, les années précédentes, ils l’étaient dans le courant du mois de décembre.

M. Yves Evrard (MR).

– Merci pour cette réponse exhaustive qui a le mérite de faire le point sur la situation.

Je ne peux que vous inviter à aller le plus loin possible dans votre volonté de procéder, avec la mise en place de ce groupe de travail «infrastructure», à une analyse transversale la plus objective. Cela permettrait de dégager de nouveaux moyens.

CRIc No113-JeunS3(2015-2016)




Source : http://parlement.wallonie.be