_Les mesures concrètes liées à l'année du Vélo
02 juin 2016

Proposition de résolution visant à élargir les opérateurs éligibles dans le cadre de l'appel à projets 2016 « La Wallonie à vélo » - équipements destinés à améliorer l'accueil des cyclistes en Wallonie, déposée par MM. Dister, Bellot, Evrard et Mme Brogniez
(Doc. 439 (2015-2016) N° 1)

Question orale de M. Evrard à M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région, sur « les réalisations concrètes dans le cadre de l’année thématique du vélo »

Question orale de M. Prévot à M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région, sur « le manque d’infrastructures pour cyclistes en Wallonie »

Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle l'examen de la proposition de résolution visant à élargir les opérateurs éligibles dans le cadre de l'appel à projets 2016 « La Wallonie à vélo » - équipements destinés à améliorer l'accueil des cyclistes en Wallonie, déposée par MM. Dister, Bellot, Evrard et Mme Brogniez (Doc. 439 (2015-2016) N° 1), ainsi que les questions orales à M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région :

  • de M. Evrard, sur « les réalisations concrètes dans le cadre de l’année thématique du vélo » ;
  • de M. Prévot, sur « le manque d’infrastructures pour cyclistes en Wallonie ».

Désignation d'un rapporteur

Mme la Présidente. - Nous devons désigner un rapporteur. Quelqu’un a-t-il une suggestion à faire ?

La parole est à Mme Moinnet.

Mme Moinnet (cdH). - Je propose M. Desquesnes.

Mme la Présidente. - M. Desquesnes est désigné en qualité de rapporteur à l'unanimité des membres.

Exposé de M. Dister, coauteur de la proposition de résolution

Mme la Présidente. - La parole est à M. Dister.

M. Dister (MR). - Monsieur le Ministre, la proposition de résolution vise à élargir les opérateurs éligibles dans le cadre de l'appel à projets 2016 de Wallonie à vélo. Je voudrais d'emblée saluer les personnes qui ont rédigé l'ordre du jour, puisque, comme je ne doute pas que vous allez suivre cette résolution, la multiplication des cyclistes qui pourront circuler sur nos voiries sécurisées par des clôtures face à du gibier apeuré fuyant les chasseurs prédateurs, nous pourrons donc...

(Réaction d'un intervenant)

Non, pas du tout, je suis content des décisions qui ont été prises préalablement et qui vont permettre à nos cyclistes de circuler en toute sécurité sur les voiries wallonnes.

Je ne vais pas revenir sur les bienfaits et les vertus du vélo, ni sur les impacts positifs en termes de mobilité, de qualité de l'air et globalement sur notre environnement, mais je dois bien avouer que, après le grand marchandage auquel on a pu assister sur la répartition des compétences au sein du Gouvernement wallon, je me demandais si cette résolution avait encore du sens au sein de cette commission.

Puis, après réflexion, je me suis dit qu'elle avait certainement encore plus de sens qu'au départ, puisque le Plan Wallonie à vélo prévoyait une partie de financement sur le budget du tourisme et une partie de budget sur les infrastructures sportives. Ce que j'avais contesté à l'époque, eu égard à la situation et à l'arriéré de liquidation de subsides liés aux infrastructures sportives.

Avec les changements de compétences et le transfert de la compétence Infrastructures sportives vers le ministre Furlan, cette proposition de résolution prend un autre sens, car, si je ne doute pas de la volonté du ministre d'aboutir ou de faire aboutir le Plan Wallonie à vélo, qu'en est-il du ministre Furlan qui aura d'autres préoccupations, notamment de résorber le retard de subsides, de liquider les subsides qui ont été promis, mais aussi, et surtout, je n'en doute pas, de donner des nouvelles impulsions au monde sportif wallon. Cela nécessitera donc des moyens.

L'appel à projets tel qu'il existe aujourd'hui ne s'adresse qu'aux opérateurs autorisés par le Commissariat général au tourisme, ce qui pose certains problèmes, notamment qu'un grand nombre de communes n'ont pas l'opportunité d'introduire un dossier, soit parce qu'elles n'ont pas de relation avec un opérateur reconnu – et il y en a – soit parce que l'opérateur reconnu n'a peut-être pas fait suffisamment de publicité et n'a pas partagé ce type de projet avec l'ensemble des communes associées.

Par conséquent, si la volonté de la majorité est bien de soutenir le secteur touristique en facilitant le potentiel vélotouristique de la Wallonie, il nous paraît indispensable d'élargir les opérateurs pouvant participer à l'appel à projets. Je pense donc notamment aux administrations communales, aux clubs sportifs, aux centres sportifs locaux, aux PO au niveau de l'enseignement également, de manière à avoir une plus grande cohérence en termes de mobilité et d'étendre ce projet à un plus grand nombre, de manière à créer les liens indispensables pour que nos Wallons ou nos visiteurs puissent circuler de manière sécurisée, puissent stationner leur vélo ; lorsqu'ils utilisent des vélos électriques, qu'ils puissent y avoir des recharges de manière régulière. On le voit, le nombre de personnes qui utilisent le vélo le font, mais dans des rayons d'action relativement faibles, parce que le côté physique du vélo peut poser des problèmes. Le vélo électrique est un facteur important qui permet de casser cette contrainte et de permettre aux personnes de circuler sur des plus longues distances, mais encore faut-il qu'ils puissent recharger leur vélo quand la batterie tombe à plat.

Tout cela nous a poussés à vous proposer cette proposition de résolution qui contient deux articles relativement simples. L'article 1 : « d'élargir les opérateurs éligibles dans le cadre de l'appel à projets 2016 la Wallonie à vélo. Équipement destiné à améliorer l'accueil des cyclistes en Wallonie, aux administrations communales, aux clubs sportifs, aux établissements scolaires ainsi qu'aux centres sportifs locaux, et ce, en ouvrant éventuellement une deuxième phase pour cet appel à projets ». L'article 2 : « de financer cet appel à projets avec les crédits alloués à la politique touristique et de préserver ainsi les moyens dédiés aux infrastructures sportives ».

Voilà qui clôture ma première intervention.

Discussion générale

Mme la Présidente. - Je déclare la discussion générale ouverte et cède la parole à M. Evrard pour poser sa question.

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, je voulais faire aussi le point sur deux aspects dans le cadre de cette année qui est consacrée au vélo. On l'a rappelé, un appel à projets a été envoyé, permettant aux opérateurs touristiques d'aménager leurs différentes structures, et cela, depuis le mois de décembre de l'année dernière. Les dossiers devaient être rentrés pour mifévrier et les projets retenus connus pour le mois d'avril.

Je vous avais déjà fait part, Monsieur le Ministre, de mon étonnement par rapport au timing qui était choisi, puisque finalement les investissements ne pourront être réalisés qu'après l'obtention des aides, ce qui va évidemment retarder l'offre concrète du terrain qui va être proposée aux touristes pour cette année 2016, même si vous m'aviez répondu que votre objectif était de travailler sur le long terme, que c'était une année de lancement.

Actuellement, l'annonce des lauréats n'a pas encore eu lieu, elle doit faire l'objet d'une cérémonie d'annonce officielle théoriquement dans le courant de ce mois-ci, si c'est exact. Le problème est que le timing en matière de communication peut interpeller, puisque si la concrétisation sur le terrain intervient en fin d'année, on pourrait se demander comment il est possible pour les organismes touristiques d'organiser une campagne de promotion efficace sur le thème du vélo sans savoir s'ils vont pouvoir bénéficier ou pas des différentes aides.

L'autre aspect, qui rejoint aussi cet aspect communication, j'allais dire que c'est Wallonie-Bruxelles Tourisme, mais maintenant je pense que l'on doit dire Wallonie-Belgique Tourisme, qui tourne depuis quelques mois sur différents salons, pour notamment mettre en avant cette année du vélo à travers des visuels, des animations. On sait toutefois que l'infrastructure sur le terrain ne suit pas.

Concernant la problématique et la thématique des points-nœuds, par exemple, il y a 3 230 kilomètres de réseaux vélo en points-nœuds en Wallonie, alors que l'on est pratiquement à 43 000 kilomètres en Flandre. Vous nous dites avoir réalisé le maillage d'un futur réseau en Wallonie, réseau auquel tout nouveau projet doit s'accrocher, ce projet restant toutefois d'initiative provinciale.

Monsieur le Ministre, ma première question est de savoir si ce réseau va évoluer de manière significative. Actuellement, la réalisation de ces points-nœuds s'est faite via des financements paracommunaux, provinciaux et européens. La Région souhaite-t-elle investir dans la mise en place et l'avancement de ce programme point-nœud ?

Mme la Présidente. - La parole est à M. Prévot pour poser sa question.

M. Prévot (PS). - Monsieur le Ministre, j'avais une question qui a été raccrochée au débat général. Depuis une dizaine d'années, un système d'itinéraire à vélo, appelé les points-nœuds, existent en Belgique et aux PaysBas. En organisant son itinéraire sur le site Internet fietsnet.be, on en ressort avec une liste de codes à suivre comme un jeu de piste.

C'est un système qui rencontre un large succès en Flandre, avec un maillage, un quadrillage de 43 000 kilomètres, mais force est de constater que c'est un peu plus lent à démarrer en Wallonie puisque le quadrillage se situe pour le moment en Famenne, en Gaume, en Wallonie picarde et dans les hautes Fagnes, avec un quadrillage qui ne représente que 3 273 kilomètres.

L'avantage de points-nœuds est que les itinéraires se font sur des routes dites normales, des routes calmes, des zones 30, des sens uniques limités et j'en passe. En Wallonie, deux autres zones devraient bientôt voir le jour : l'une en Province de Liège et l'autre en Brabant wallon.

Monsieur le Ministre, vous avez récemment placé le vélo au centre des préoccupations et de vos préoccupations pour la saison touristique 2016 et on a pu l'aborder déjà de nombreuses fois au sein de cette commission. Dans ce sens, j'aurais voulu savoir comment vous expliquez que le système des points-nœuds ne soit pas plus développé en Wallonie, ne rencontre pas un succès plus important.

Collaborez-vous avec les communes et provinces pour faciliter ce développement ? Dans l'affirmative, que pouvez-vous nous dire de la situation actuelle ?

Par rapport aux nouvelles zones qui verront bientôt le jour dans la Province de Liège, la Province du Brabant wallon, quand ces zones seront-elles fonctionnelles ? De quelle étendue en sera le quadrillage ? D'autres zones sont-elles également à prévoir ? D'autres zones verront-elles le jour prochainement ?

Et enfin, il y a peu, vous aviez créé un site internet lawallonieavelo.be. Cette plateforme reprend-elle le système d'itinéraire à vélo des points nœuds également ?

Quel est le public cible visé par ce système ? Actuellement combien de cyclistes utilisent-ils des points nœuds en Flandre et qu'en est-il de la Wallonie ?

Je vous remercie d'avance de vos réponses.

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région. - En ce qui concerne les points nœuds, ils ont été introduits dans la législation wallonne des itinéraires touristiques balisés pour la première fois en juin 2007, modifiés le 15 mai 2014 pour rendre la signalisation plus en phase avec les réalités.

L'objectif, dans un premier temps, c'était que les fédérations touristiques provinciales organisent au moins à l'échelle d'une province ce système de points nœuds, en tenant compte évidemment de la ou des provinces voisines.

Les points nœuds sont conçus dès le départ sur base du réseau établi par la Commission régionale Vélo, au travers son plan « La Wallonie cyclable » et ce plan détermine les voies de circulation recommandées pour les cyclistes et tient compte notamment de deux éléments importants : la sécurité et la déclivité.

En matière d'appui financier, le principe de reconnaissance officielle en cas de balisage ouvre le droit pour les opérateurs à des subventions du Commissariat général au Tourisme. Toutefois, plusieurs opérateurs ont pu bénéficier par ailleurs de fonds européens plus intéressants pour réaliser leur projet. Encore fallait-il qu'évidemment ils déposent des dossiers en ce sens et qu'ils puissent être retenus.

Différence de taille entre le réseau wallon et le réseau flamand : il y a évidemment l'aspect déclivité qui est intervenu en partie dans cette différence, mais en tout cas la Wallonie est en train de mailler progressivement son territoire. Il y a toute une série de projets qui sont soit à l'état de conception soit encore de concertation. D'autres sont terminés, et d'autres encore finalisent actuellement leurs études de mise en place. C'est le cas des provinces de Liège et du Brabant wallon.

Par contre, sur la fréquentation, Monsieur Prévot, mes services ne disposent pas de données suffisamment pertinentes en la matière pour que je puisse me permettre de donner des avancées précises.

Je voudrais aussi préciser d'où est venue cette idée Wallonie-vélo. En réalité, elle est venue dans la tête du ministre du Tourisme qui, comme l'ont fait d'autres avant lui, décidait d'avoir une année thématique particulière. Les deux années par exemple, 2014 et 2015, avaient été dédicacées par M. le Ministre Furlan, à l'époque ministre du Tourisme, à la mémoire. Et cela se fait, évidemment, avec les deux bras armés de la politique touristique wallonne que sont l'ASBL Wallonie-Bruxelles Tourisme – qui s'appelle toujours comme cela jusqu'au 1er janvier – et le Commissariat général au Tourisme.

J'ai pensé que le vélo était un bon produit touristique. Je l'ai pensé parce qu'il était déjà très présent dans l'offre touristique wallonne, à la fois dans la promotion, à la fois dans la portée médiatique de l'événementiel et à la fois aussi dans les produits développés dans toute une série déjà de régions, qu'il s'agisse des infrastructures ou qu'il s'agisse du produit construit comme le label « Bienvenue Vélo », pour ne citer que celui-là qui avait été mis en place dans une sous-région.

Et je me suis dit que le vélo pouvait être un vecteur promotionnel extrêmement intéressant.

Outre ce qui a été mené et ce qui est encore mené dans le cadre de la politique touristique, puisque c'est une démarche touristique, uniquement décidée à l'époque par le ministre du Tourisme, je me suis dit qu'il était intéressant de m'en ouvrir auprès de mes collègues du Gouvernement chargés d'autres matières qui sont proches. Forcément le ministre de la Mobilité et aussi le ministre des Infrastructures. C'est ainsi que M. le Ministre Prévot a dédicacé des moyens supplémentaires pour étoffer le réseau des Ravel. On est pour le moment à 1 300 kilomètres et il y a toute une série de tronçons supplémentaires qui ont été décidés et d'autres qui le seront encore.

En ce qui concerne M. le Ministre Di Antonio, il a exprimé l'intention de développer un véritable plan « Wallonie cyclable 2.0 » pour renforcer l'utilisation du vélo au quotidien. Pour tout le monde, pour toute la population. Quelle que soit l'utilité du vélo : pour aller à l'école, pour aller en ville, pour aller vers les lieux d'affluence, pour aller dans un commerce, dans une entreprise, dans des points multimodaux, des lieux publics, et cetera. Son but – et il y travaille, il y affectera des moyens – c'est d'aménager notamment toute une série de parkings.

Le hasard politique faisait que j'étais, lorsque j'ai décidé des actions Tourisme-Vélo, ministre des Sports et donc j'ai prévu à destination des publics sportifs, via l'intermédiaire des communes, des centres sportifs locaux et des clubs sportifs, une action particulière qui est en fait un achat réalisé par Infrasport et réparti sur base d'un appel à projets.

J'ai évoqué ce dossier à M. le Ministre Furlan. Il lui appartiendra de décider la suite qu'il lui donne, ce dossier étant, pour ma part, pratiquement finalisé, lorsqu'il y a eu le changement de compétence.

J'en viens à l'objet de la résolution. Je rappelle que décider d'une année thématique « tourisme », c'est évidemment renforcer la promotion, c'est le but. C'est renforcer la promotion pas seulement de manière ponctuelle sur l'année choisie, mais évidemment d'en assurer un prolongement le plus efficace possible.

Aujourd'hui encore, il faut s'en féliciter, on voit tout le bénéfice des efforts qui ont été faits autour du tourisme de mémoire qui a été pendant deux ans le thème de l'année touristique.

Et cela devra continuer comme cela.

Le vélo, je crois, qu'il sera encore utile dans un, deux, trois, quatre, cinq, dix ans, de continuer à se servir de ce créneau pour notre promotion touristique.

À côté de cela, il faut aussi que le produit touristique soit à la mesure de la promotion que l'on en fait. Si l'on dit qu'il faut venir visiter la Wallonie à vélo, mais que pour le vélo électrique, par exemple, l'on ne trouve pas chez les opérateurs touristiques des bornes de recharge, si un hôtel, un restaurant, un camping, un syndicat d'initiative n'a pas conscience que c'est quand même intéressant de penser que tout le monde ne vient pas avec son vélo ou son VTT, mais qu'il faut avoir des cycles à prêter, c'est quand même un faiblesse.

Et donc – comme cela avait été fait dans l'année thématique « mémoire » où l'on avait dit à toute une série d'opérateurs « Si vous avez des projets, déposez-les », et certains ont été retenus, et cela a renforcé l'offre touristique – je me suis adressé à celles et ceux que peut subsidier le Commissariat général au Tourisme.

Le Commissariat général au Tourisme ne peut liquider et payer des subventions qu'en matière touristique. Et nous avons donc ciblé les organismes touristiques reconnus dans le code du tourisme, les fédérations provinciales, les maisons de tourisme, les syndicats d'initiative, les offices de tourisme communaux. Et puis, les attractions touristiques reconnues et les hébergements touristiques reconnus, c'est-à-dire l'ensemble des opérateurs publics ou privés qui peuvent être éligibles aux subventions du Commissariat général au Tourisme. Les autres ne sont pas éligibles.

En ce qui concerne l'appel à projets, il a été lancé l'année dernière. Il a été clôturé le 15 février. Cent dix-huit dossiers ont été introduits et c'est demain, ce vendredi, que je vais pouvoir saluer les très nombreux lauréats de cet appel à projets.

Je peux vous dire que c'est un appel à projets qui aura été couronné de succès, au vu du nombre de dossiers rentrés. Au vu aussi de la pluralité des demandeurs, on a toutes les catégories qui sont représentées, et au vu aussi de la répartition sur le territoire, où tous les territoires ont très positivement répondu.

Pour clôturer ma réflexion par rapport à la proposition de résolution, il ne faut pas mélanger les poires et les pommes, j'espère vraiment que mon collègue et ami Paul Furlan poursuivra le dossier initié par rapport au volet sportif.

Je me réjouis des démarches initiées par Carlo Di Antonio dans le cadre de ce que l'on peut appeler « le vélo pour tous » et en ce qui me concerne, la promotion va continuer tout au long de l'année. Pour prendre deux exemples, j'étais hier au lancement de la saison du beau vélo de Ravel où des accents encore plus particuliers vont être mis cette année pour populariser la région comme destination touristique cycliste. La semaine prochaine, je vais présenter un guide qui a été réalisé par les éditions « Lannoo et Racine » qui est le premier guide sur la Wallonie cyclable, édition française, édition néerlandaise. Pour de nouveau bien vous indiquer que l'on est dans une démarche qui n'est pas une démarche qui s'arrête après trois, six mois ou neuf mois, fin de l'année, on présentera encore un nouveau guide, d'un autre éditeur, réalisé autour du vélo à destination, celui-là, d'un public franco-français qui est spécialisé dans la randonnée touristique.

Je suis convaincu que d'ailleurs les opérateurs reviendront vers moi dans les mois et les années qui viennent encore pour me dire combien ce qu'ils font est innovant et combien ils ont encore de nouveaux besoins que le commissariat général du tourisme pourra toujours bien entendu examiner. Ce n'est pas parce qu'il y a eu cet appel à projets que d'autres dossiers ne peuvent pas être apportés plus tard dans le cas d'autres initiatives.

Mme la Présidente. - D'abord les répliques pour les deux auteurs.

M. Dister (MR) - Le vélo est réellement une alternative crédible en termes de mobilité pour avoir une mobilité douce et plus propre. Comme l'ont évoqué mes collègues, forcés de constater que se baser sur les fédérations provinciales du tourisme n'est pas suffisant. On l'a évoqué, la dynamique des points noeuds, et vous l'avez reconnu vous-même, n'est pas aujourd'hui optimum. Ce qui pose des problèmes de maillages et donc, je comprends bien que vous nous dites que vous ne pouvez pas résoudre tous les problèmes de la mobilité du vélo avec les compétences de tourisme. Quand on fait une déclaration et que l'on dit que la Wallonie à vélo c'est l'année... Je pense que cela mérite peut-être plus de coordination.

Quand j'entends : « J'ai demandé à mes collègues s'ils voulaient faire quelque chose, et cetera. ». Je trouve quand même qu'avec des enjeux aussi importants en termes de mobilité, j'aurais trouvé plus efficace que le Gouvernement vienne avec un Plan vélo, avec un volet touristique, avec un volet infrastructure et qu'il y ait une dynamique globale qui se fasse pour qu'il y ait vraiment... Que l'on dise : « Waw il y a quelque chose qui bouge en Wallonie ». Ici, et comme toujours, on va faire un petit à gauche, un petit peu à droite et finalement on arrive avec quelque chose qui n'est pas cohérent. C'est un peu cela que je trouve dommage même si je reconnais et je pense que vous avez tapé sur un bon clou en prenant le vélo comme thème. La critique que je pose ce n'est pas par rapport à l'action que vous faites au niveau du tourisme que je trouve intéressante et juste, c'est par rapport à... J'aurais voulu avoir une approche plus globale de la problématique et qu'il y ait plusieurs volets relayés par plusieurs ministres. On aurait eu quelque chose de cohérent.

Je pense que l'option vélo pour le tourisme est un excellent, surtout en Wallonie, angle d'attaque parce que l'on vient souvent en Wallonie... Il y a beaucoup d'endroits où l'on va pour du bien-être, pour faire des balades, pour rencontrer la nature... Le vélo est certainement un atout important, et, là, j'applaudis des deux mains la démarche que vous faites.

Le problème que j'ai par rapport, pas, spécifiquement à cela, c'est un problème de cohérence au niveau de la Région wallonne où je trouve que l'on est un peu trop timoré et que l'on aurait pu aller plus loin dans l'analyse et dans les solutions que l'on rencontre. Quand on saupoudre un peu à gauche à droite, on réalise toujours moins que quand on globalise les moyens pour avoir et on est certainement moins efficace que quand on globalise l'approche.

J'espère que vous pourrez encore agir auprès de M. le Ministre Furlan pour qu'il continue et qu'il y ait un complément qui vienne par là de manière à ce que les autres opérateurs puissent aussi être concernés par cette approche. Je pense effectivement que les espaces de sport sont des relais importants pour accueillir les nombreuses personnes ou de plus en plus nombreuses personnes qui utilisent le vélo comme moyen de déplacement.

Je n'en dirai pas plus. J'ai commencé en boutade en disant que j'étais convaincu que l'on allait voter pour la résolution. Je ne me faisais pas d'illusions dès le départ. Je m'en remets à la sagesse de mes collègues.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Je rejoins ce qui vient d'être dit par mon collègue et quelque part d'autant plus par rapport aux réponses que j'ai pu avoir dans une autre assemblée, en l'occurrence à la fédération Wallonie-Bruxelles, il y a quelques jours encore.

Je rejoins le propos parce que finalement cette question de cohérence elle mérite réellement d'être posée notamment à travers la transversalité et le travail qui est effectué par vos collègues ministres. Parce qu'effectivement aujourd'hui on est pratiquement au milieu de l'année 2016 et sur le terrain au-delà des effets d'annonce, on ne voit pas les choses qui ont été annoncées se concrétiser plus en avant. Même si l'idée, Monsieur le Ministre, je vous vois hocher de la tête, même si l'idée est séduisant, l'approche est séduisante, mais je crois qu'il aurait peut-être été plus sage, pour m'exprimer autrement, de définir l'année 2017 comme l'année du vélo, ce qui aurait permis, notamment tout le travail en amont, de pouvoir mettre ne place certains dispositifs et pouvoir déjà en avoir une concrétisation sur le terrain et éviter, par exemple, de multiplier la publication de guides de Wallonie. Je sais que c'est chaque fois une belle opportunité pour se mettre en avant.

(Réaction d'un intervenant)

L'idée est bonne, mais si j'ai bien entendu vos propos, Monsieur le Ministre, vous nous dites que l'on va éditer un premier guide en Wallonie assez vite et puis on va le réactualiser en fin d'année pour en assurer la pérennité. Je relirai les propos, en tout cas c'est... D'accord, ok, ce sont deux guides différents. Il n'en reste pas moins que publier un guide quelqu'il soit, il aurait été plus pertinent quand tout le réseau point noeud aurait été développé.

Je profite que l'on a l'occasion de se voir dans cette assemblée, Monsieur le Ministre, pour vous faire part de mes inquiétudes par rapport aux interpellations que j'ai eues avec votre successeur le ministre des Sports. Aujourd'hui, vous nous parlez avec votre casquette tourisme et on sait que l'idée est bonne.

Quand j'entends, aujourd'hui, les propos de votre successeur à la fédération Wallonie-Bruxelles qui, quelque part, fustige un petit peu votre action en disant : « Je vous inviterais à relire les propos de nos échanges ». On a un ministre qui, je résume et je caricature quelque peu pour faire simple, il y a eu beaucoup d'effets d'annonce, je pense, notamment, au Plan foot, au Plan point jaune... J'explique simplement que dans les propos que vous avez tenu de dire qu'aujourd'hui on est inquiet. Dans les programmes qui ont été initiés par vous et c'est tout à votre honneur, on voit que le suivi n'est pas garanti notamment avec des problèmes au niveau de l'administration.

Si je fais allusion à ce qu'il se passe à la fédération Wallonie-Bruxelles, c'est bien pour attirer votre attention de ne pas commettre la même erreur ici en Wallonie, singulièrement, à l'égard de vos collègues qui doivent aussi apporter leur pierre à l'édifice.

En résumé, je rejoins ce qui a été dit, c'est cette question de cohérence, quelque part, qui nous pose problème. L'idée est bonne. On entend bien votre volonté de pérenniser dans le temps, mais pour cela il faudra que l'on ait des garanties de vos collègues ministres et puis faire en sorte que, justement, cette transversalité soit effective sur le terrain de manière à ce que les personnes entre quand on annonce un programme et puis que sur le terrain on se dit que c'est finalement pour 2016, pour 2017 ou 2018 ? Et bien que les citoyens ne soient pas déçus et qu'ils aient, quelque part, l'occasion de juger sur le terrain, même si forcés de constater qu'il y a des choses qui se réalisent. En résumé, il aurait été plus sage de dire, par exemple : « Année 2017, année du vélo » ou dire : « La décennie du vélo, on va poser les bases de la décennie du vélo en 2016 ». Je pense que c'est plutôt comme cela que vous le concevez de manière à ce que chacun puisse s'attendre à des réalisations concrètes au fil du temps. Merci, Monsieur le Ministre.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Prévot.

M. Prévot (PS). - Merci, Monsieur le Ministre, pour vos réponses. En style télégraphique, plusieurs choses. On le sait, c'est historique, la Flandre a une histoire d'amour plus importante que la Wallonie, mais c'est également dû à la déclivité. Vous en avez parlé également. La Flandre étant naturellement plus plate, le maillage est plus évident, plus facilité, les parcours sont plus accessibles à toute une série de cyclistes.

Je voudrais revenir sur deux éléments, pour le reste, j'ai eu réponse à mes questions. Quand vous parliez du RAVeL notamment, du développement de celui-ci, c'est une très bonne chose, mais il faut aussi veiller à l'applicabilité sur le terrain. On retrouve parfois des villes qui sont presque reliées par le RAVeL et l'on a des exemples de villes avec des dizaines de kilomètres de RAVeL. Parfois, on n'arrive pas à rejoindre la ville parce qu'il manque deux ou trois kilomètres de RAVeL. Là, le maillage n'est pas toujours réalisé. C'est effectivement un problème pour les usagers de ces RAVeL.

Vous avez parlé du plan Wallonie cyclable 2.0. Il avait déjà été initié sous la précédente législature, il avait pour vocation de perdurer et d'être conduit de législature en législature. J'entends que c'est encore la volonté de ce gouvernement. On ne manquera pas de monitorer, de voir un peu comment ce plan Wallonie cyclable 2.0 produira ses effets dans les mois et années à venir.

Mme la Présidente. - La parole est à Mme Moinnet.

Mme Moinnet (cdH). - Je reviens sur la proposition de résolution, pour rappeler que la promotion de la pratique du vélo et le développement des infrastructures destinées à favoriser celles-ci sont des priorités absolues, politiques de la majorité en place. Cette volonté est d'ailleurs inscrite dans la DPR et le choix du vélo par le ministre comme thématique pour l'année touristique témoigne de cet intérêt. M. le Ministre vient d'ailleurs de le rappeler dans les questions qu'on lui a posées.

L'appel à projets 2016 « la Wallonie à vélo » constitue un des aspects de la politique mise en place par le Gouvernement. Il s'agit ici clairement de favoriser le développement du potentiel vélo touristique de la Wallonie. La proposition qui vient d'être présentée par le groupe MR donne l'impression que cette action est la seule existante en matière de promotion du vélo. C'est oublier que bien d'autres actions sont menées en la matière. On l'a rappelé, notamment le plan Wallonie à vélo avec le ministre Di Antonio ou encore les projets développés autour du RAVeL avec le ministre Prévot.

Afin de coordonner ces politiques, il faut savoir que le Gouvernement s'est d'ailleurs doté d'une task force qui regroupe tous les acteurs de la mobilité douce. Ici, je voudrais rassurer M. Evrard, c'est via cette task force que l'on pourra mesurer toutes les mesures de transversalité qui pourront naître au niveau de la mobilité douce.

Concernant les nouveaux opérateurs visés par la proposition, le ministre alors en charge des infrastructures sportives avait annoncé, lors de l'initiale 2016, qu'un appel à projets spécifique relatif au vélo serait lancé cette année à leur attention, mais il n'a pu le faire, comme on le sait, vu les changements intervenus dans les répartitions de compétence. Cette matière relevant du ministre Furlan, il conviendrait donc de lui demander les suites qu'il attend donner à ce projet.

Par rapport au lancement d'un nouvel appel à projets concernant l'opérateur, cela poserait problème étant donné que le projet lancé par le ministre est piloté par le CGT. Les nouveaux opérateurs visés par la proposition n'émargent pas à la politique touristique. On ne peut donc, comme demandé par le MR, simplement étendre le dispositif existant. On s'étonnera également au niveau du timing. L'appel à projets du ministre a été clôturé le 15 février, M. le Ministre l'a rappelé tout à l'heure. Il va annoncer dès demain matin les résultats de celui-ci.

Si nous devions lancer un nouvel appel à projets, cela ne pourrait se faire qu'à la fin de l'été et le temps de réaliser la sélection, on se retrouverait fin de l'année, donc la proposition du groupe MR aurait dû être présentée beaucoup plus tôt. Pour toutes ces raisons, nous ne pourrons soutenir la proposition de résolution développée par le groupe MR. Je vous remercie.

Mme la Présidente. - La parole est à Mme Ryckmans.

Mme Ryckmans (Ecolo). - J'aurais voulu réagir ou interpeller le ministre, ou avoir plus d'explications sur ce qu'il a annoncé, notamment le fait que les lauréats seront connus demain. Vous dites que les projets étaient très nombreux, qu'il y en avait de toutes les provinces. J'aurais voulu vous demander d'abord comment le Parlement sera informé de ces résultats ? Y a-t-il des projets particulièrement originaux si vous les connaissez déjà ? Sans déflorer ce que vous annoncerez demain, mais que vous puisiez éventuellement nous dire si, dans ces appels à projets, il y a des choses particulièrement innovantes, au-delà de ce que vous avez cité comme l'existence de vélos dans les hôtels ou les centres d'hébergement, les relais pour l'électricité, et cetera. Y a-t-il des choses originales ?

J'aurais voulu avoir un peu plus de précisions, parce que vous avez évoqué le Guide de la Wallonie cyclable français-néerlandais et vous avez parlé d'un autre, franco-français. Est-ce un franco-belge, ou un français partant de France ? Je n'ai pas compris ce que voulait dire franco-français ou est-ce seulement pour les Français par rapport au tourisme ?

Monsieur Dister, vous avez mené à bien votre projet de résolution, je ne sais pas quand vous l'aviez conçu pour qu'il aboutisse dans les délais. Je ne vais pas redire ce qui a été dit par mes collègues sur le focus de la compétence touristique et effectivement ici. Vous avez lancé votre bouteille à la mer. Par contre, ce qu'il faudrait saisir, c'est un peu ce que M. Prévot a dit, c'est : « Où en est le plan Wallonie cyclable 2.0 et comment ferait-on pour avoir un état des lieux global et cohérent entre les différentes compétences ? » C'est pour savoir comment les choses avancent depuis deux ans, depuis ce nouveau plan cyclable pour ne pas devoir grapiller les informations chez les différents ministres et que quelque chose de cohérent soit présenté au Gouvernement dans les meilleurs délais. On est quand même à deux ans de législature.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Dister.

M. Dister (MR). - Juste un petit mot sur l'aspect du timing. Permettez-moi de sourire légèrement et d'inviter peut-être la majorité à un peu de cohérence. J'ai invité la majorité à de la cohérence dans le développement de concepts, mais quand vous argumentez, essayez de dire la même chose. D'une part, le ministre nous dit tout de suite que c'est un plan qui s'étend sur plusieurs années, et cetera. D'ailleurs « Wallonie à vélo 2016 », demain vous allez désigner ou nous donner les noms des lauréats demain. Vous savez très bien qu'il y a des marchés publics. Il faut savoir prendre du temps et il n'y aura rien avant 2017 ou très peu. L'argument ne tient pas tout à fait la route.

D'autre part, si je suis votre raisonnement, le ministre Collin qui avait les Infrastructures sportives aurait déjà dû lancer son appel à projets pour les infrastructures sportives depuis très longtemps, sinon il n'aurait pas eu les effets non plus en 2017. Je vous rappelle quand même que la compétence a changé il y a quelques semaines. L'argument que vous me donnez ne tient pas du tout la route.

Je suis plus de l'avis du ministre, comme quoi c'est un projet qui, normalement, s'inscrit sur plusieurs années. On est tous issus du secteur public, on sait tous comment cela fonctionne et l'on sait tous que cela prend de très nombreuses années pour réaliser des projets d'envergure, pour autant que ce soit un projet d'envergure, ce dont j'ai un peu de doutes aujourd'hui.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région. - Vous imaginez bien que je n'ai pas envie de polémiquer sur une thématique pareille, d'autant plus que la seule sanction qui me sera importante est la réponse que les opérateurs touristiques donnent par rapport à ce coup de projecteur que l'on a donné au tourisme à vélo ou à VTT et d'autre part, la réponse que donneront les touristes. C'est cela qui m'intéresse. Les commentaires, on peut les faire dans tous les sens, je veux juste rappeler deux ou trois évidences.

On est dans une thématique de promotion touristique. Promotion, cela veut dire publicité, marketing, cela veut dire qu'à un moment donné, on lance une idée, un concept, on crée un logo et l'on dit : « On vous propose, à côté de tout ce que vous faites déjà, vous opérateurs publics et privés, de donner un coup de projecteur sur votre offre territoriale ou sur l'offre de votre entreprise autour du vélo, si vous estimez que cela peut être utile pour vous ». Qu'est-ce que je constate ?

Je regarde la presse tous les jours, des revues de presse où j'ai en ce compris les éditions régionales. Il n'est quasiment pas un jour où je ne vois pas un syndicat d'initiative, un office communal de tourisme, une association, une ASBL, un opérateur touristique parler d'un événement nouveau autour du vélo et du vélo dans son usage touristique.

C'est déjà une preuve que ce n'était sans doute pas une mauvaise idée.

Deux, c'est la promotion qui doit avoir des effets évidemment sur une durée. Donc, les actions, l'appel à projets, c'est clair qu'il fallait le mener en 2016. C'est clair que si on voulait... Il y a des expositions qui sont en train de se mener. Il y en a notamment une qui va ouvrir début juillet à Hondelange, sur une aire autoroutière où on espère voir entre 10 et 20 000 personnes s'arrêter pour aller la visiter pendant toute la période d'été, en utilisant notamment une collection d'un particulier qu'on va valoriser. Le but est évidemment de positionner pour celles et ceux qui ne font que traverser la Wallonie pour aller plus loin, d'attirer leur attention sur la région qui est belle et qu'on peut visiter à vélo. Je prends cet exemple-là, le but doit donner – c'est une action en 2016 – des résultats au-delà.

Lorsque Wallonie-Bruxelles Tourisme se trouve dans des salons, comme il était à Utrecht, par exemple, où j'ai pu m'en rendre compte, ce n'est pas nécessairement pour qu'il y ait des voyages, des réservations qui se passent dans les deux mois qui viennent. Vous savez, les Hollandais avaient déjà réservé pour la plupart leurs vacances. C'est le but d'accrocher pour plus tard. Lorsqu'à un moment donné la politique touristique est partenaire par exemple de grands événements cyclistes à côté du sport, c'est aussi parce qu'on sait qu'il y a un retour dans le temps sur la médiatisation d'événement de ce type-là, et cetera.

On peut ergoter tant qu'on veut, de ce que ceci, qu'on aurait dû faire cela, que cela et cela. Moi, ce qui m'intéressera, ce sont les résultats. C'est demain notamment devoir plus de 100 opérateurs en Wallonie venir se voir récompenser dans un projet d'investissement, dont l'originalité ne sera pas absolue puisqu'il y avait un règlement et il y avait quatre types d'investissement qui pouvaient être réalisés, mais dont on sait que cela va renforcer l'offre de manière très générale.

À côté de cela, j'ai trouvé utile d'encourager tous mes collègues à booster, chacun dans leurs compétences, le vélo parce que j'estime aussi que c'est une valeur sociétale. Le ministre Di Antonio dans sa commission et le ministre Prévot dans sa commission sont évidemment à votre entière disposition pour vous donner eux-mêmes, dans le cadre de leurs responsabilités, l'état de leurs démarches et initiatives qui par ailleurs sont nombreuses et je m'en réjouis. Je ne vais quand même pas endossé, ne fût-ce que pendant un quart d'heure de commission, une casquette de ministre-président que je n'ai pas pour me faire l'interprète de la politique de mes collègues.

Mme la Présidente. - Le dernier mot appartient au Parlement.

La parole est à M. Dister.

M. Dister (MR). - Je vous ai dit en démarrant que c'était une bonne idée, mais je commence quand même à changer un peu d'avis. Quand j'entends, quand je lis « 2016, la Wallonie à vélo », c'est un programme. Ce n'est pas un coup de pub. Ce n'est pas un coup de marketing. C'est un programme. Je suis... À mon avis, je connais un tout petit peu mieux le marketing que vous et je vais vous dire quelque chose.

Quand, en marketing, on délivre une promesse, si on fait une promesse, si on ne délivre pas la promesse, c'est contre-productif. Moi, ce qui m'intéresse pour la Wallonie, ce n'est pas que les opérateurs soient actifs et installent un parking à vélo ou un chargeur pour un vélo électrique, c'est que les touristes viennent en Wallonie et fassent vivre notre région. Si vous ne répondez pas à la promesse, si vous dites « La Wallonie à vélo », cela veut dire que les gens qui viennent à vélo sont les bienvenus, qu'il y a une infrastructure, que les gens qui viennent évidemment avec leur vélo électrique ne vont pas se retrouver en panne au bord de la route parce qu'il n'y a pas un chargeur à moins de 10 kilomètres. C'est cela qui est important pour les touristes qui viennent faire fonctionner notre économie. Ce n'est pas qu'on fasse un coup de pub ou de marketing. Cela n'a aucun sens.

Je m'excuse, Monsieur le Ministre, mais cela n'a aucun sens. Quand vous me dites cela, cela me choque. « La Wallonie à vélo », c'est un programme qui aurait mérité que l'ensemble des ministres concernés fassent un plan global et délivrent la promesse que l'on dit. « La Wallonie à vélo », c'est une promesse que vous faites aux gens. Là, vous ne la délivrez pas avec ce que vous faites.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région. - Moi, ce qui me choque, c'est votre méconnaissance du terrain. Vous semblez ignorer qu'il existe déjà plus de 300 opérateurs qui bénéficient d'un label « Bienvenue vélo ». Vous ignorez qu'il existe toute l'offre dont j'ai déjà parlé. Vous ignorez que Wallonie-Bruxelles Tourisme est allé dans une quinzaine de foires et de salons spécifiques. Vous ignorez tous les événements qui sont organisés. Vous ignorez que, dans à peu près maintenant deux hôtels sur trois, on trouve des vélos.

Mme la Présidente. - Puis-je vous demander d'interrompre parce qu'il y a un problème d'enregistrement.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région. - De toute façon, je terminais. Je n'ai pas la prétention de vous convaincre. Je sens ou bien un manque criant d'information ou bien un soupçon de mauvaise foi qui dépasse l'anecdote.

Mme la Présidente. - Avant de passer la parole à M. Evrard, je remercie la vice-présidente qui va me remplacer.

(Mme Trotta, Vice-présidente, prend place au fauteuil présidentiel)

M. Evrard (MR). - Je suis partagé, en tout cas, j'ai bien entendu vos explications, mais je rejoins quelque part – c'est assez amusant d'ailleurs, j'avais noté quelques mots pour illustrer ce que M. Dister vient de dire – quand une multinationale veut faire la promotion d'un soda à base de goût cerise, elle s'assure au moins qu'il y ait ce type de soda dans les rayons pour pouvoir répondre, lancer sa campagne de com et pouvoir faire en sorte que les gens trouvent effectivement ce type de soda dans les rayons. Ce que l'on essaie d'expliquer, on n'a pas dit, ni M. Dister, que rien n'avait été fait. Depuis des années, on sait que le territoire est attractif sur le plan du vélo. Ce qu'on essaie de vous dire, c'est qu'on a un peu l'impression que cette année 2016, année du vélo, a été un peu une forme de teasing où on a mis l'eau à la bouche à pas mal de gens. J'espère, comme vous le dites, que les effets vont se faire ressentir. On aurait été en tout cas beaucoup plus efficace dans la manière de canaliser les énergies si cela avait été un tout petit peu plus concerté et puis amélioré en termes de timing. On attendra évidemment demain avec impatience la communication qui va être faite.

(Réaction de M. le Ministre Collin)

Il n'y a aucun souci dans la mesure où cela est extensif et puis qu'on ne prend pas évidemment les éléments qui vous intéressent. Moi, je maintiens que l'idée était positive, mais qu'il aurait fallu en tout cas mieux se coordonner. Je me demande dans quelles mesures, j'imagine que des collègues parlementaires ici autour de la table ne manqueront pas d'interroger vos collègues pour..., ou je le ferai moi-même d'ailleurs si on veut s'assurer de la cohérence au niveau de l'action, mais pourquoi pas, étant donné qu'effectivement il y a eu une passation de témoin à votre collègue Furlan, d'envisager une commission conjointe pour s'assurer effectivement que, entre vos idées et la suite qui leur sera réservée notamment en matière d'infrastructures sportives, hé bien, qu'il y ait une continuité et qu'on soit bien certain que l'action est cohérente à ce niveau-là.




Source : http://parlement.wallonie.be