Phénomène de radicalisation et de recrutement dans certains clubs sportifs
02 mai 2016

Question de M. Yves Evrard à M. Ra-chid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles, chargé de la tutelle sur la COCOF, intitulée «Phénomène de recrutement et de radicalisme dans certains clubs sportifs»

M.Yves Evrard (MR). –La parution récente d’un livre analysant le radicalisme en Belgique aborde le thème du recrutement des jeunes.

Plus précisément, il pointe certains lieux plus propices au racolage et au recrutement, notamment certains clubs de sport.

Pour cette publication du Centre d’études politiques économiques et sociales (CEPESS), des spécialistes de différentes universités ont été amenés à compléter l’expertise.

Monsieur le Ministre, avez-vous également le sentiment que certains clubs de sport peuvent être des lieux propices au recrutement de jeunes et au radicalisme? De tels faits ont-ils été identifiés et portés à votre connaissance? Quels sont les clubs de sport visés?

Comment les clubs sont-ils aidés ou préparés à lutter contre ce phénomène?

Le monde sportif y accorde-t-il une attention particulière?

Comment y a-t-on stimulé la vigilance à cet égard?

M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles.–Nous suivons effectivement ce phénomène de très près, étant donné qu’un cas avéré s’est déjà présenté à la fin de l’année dernière auprès de l’administration générale du Sport. Nous n’entrerons évidemment pas dans le détail de ce dossier pour raisons évidentes de confidentialité.

Ce cas d’espèce a permis, notamment, de mettre autour de la même table les différents acteurs concernés en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le Conseil supérieur des Sports s’est également penché sur cette importante question lors de sa séance plénière du 18 avril dernier. Le compte rendu de cette séance me sera communiqué sous peu. C’est d’ailleurs par son intermédiaire que le cas précité a été mis au jour.

Si le sport peut évidemment être un formidable outil d’intégration et d’émancipation, il peut également être utilisé comme un facteur de repli sur soi, au sein duquel des discours radicaux peuvent être véhiculés. Comme vous le savez peut-être, la Fédération Wallonie-Bruxelles est en train de se doter d’une structure appropriée en matière de radicalisme, de manière transversale. Le sport pourra évidemment, comme tout autre acteur, bénéficier de cet appui. Demain midi, je reçois une délégation canadienne venue constater comment nous fonctionnons. Il s’agira d’un échange d’expériences puisque nous nous sommes nous-mêmes inspirés de mesures canadiennes.

Ce nouveau dispositif de prévention et de lutte contre le radicalisme comprendra deux instances. La première sera un centre d’aide et de prise en charge destinée aux personnes. Ce centre sera le point de contact entre les individus confrontés à un problème de radicalisation violente et la Fédération. Dix-sept personnes seront engagées pour mener à bien la mission. Toute personne constatant quelque chose d’anormal pourra contacter le centre par téléphone.

La deuxième instance sera un centre d’appui et de ressources aux différents services de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il agira comme service de support aux autres services du ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de ses organismes d’intérêt public (OIP) en assurant la coordination des ressources à mobiliser dans les différentes administrations pour répondre aux besoins de terrain. Trois personnes seront engagées.

La procédure de recrutement est actuellement cours. L’ensemble de ces travaux sont réalisés en coopération avec les services de police compétents, par l’intermédiaire de l’officier de liaison désigné pour les relations avec les entités fédérées.

En conclusion, je souligne que nous sommes extrêmement attentifs à ces questions. Vous avez raison, certains clubs de sport peuvent être confrontés à des situations de radicalisation.

M.Yves Evrard (MR). –En raison de l’actualité notamment, des dispositifs sont mis en place dans ce domaine. Le problème a toujours existé: je me souviens d’un joueur de division1 qui a été condamné pour des faits de radicalisme.

Nous devons garder les yeux grands ouverts pour déceler tout indice inquiétant et réagir rapidement.

Il importe de favoriser la transversalité et un transfert optimal des informations




Source : http://parlement.wallonie.be