Cours de citoyenneté dans l'EPS
03 mai 2016

Question orale de M.Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée «Cours de citoyenneté organisés par l’enseignement de promotion sociale»

M.Yves Evrard (MR). –Dans le cadre des cours de citoyenneté, un référentiel pédagogique destiné à l’unité d’enseignement «Citoyenneté» a été proposé à toutes les écoles d’enseignement de promotion sociale. Certains établissements scolaires ont rapidement marqué leur intérêt et ont demandé l’ouverture d’une telle unité dans leur établissement. Madame la Ministre, au début du mois de mars, vous nous avez d’ailleurs annoncé l’adhésion de trois établissements situés en dehors des grosses agglomérations urbaines. D’autres écoles se sont-elles manifestées depuis? Quelle est la répartition géographique des établissements qui souhaitent organiser ce module?

Une expérience a été menée par la prison de Saint-Hubert. L’Institut d’enseignement de promotion sociale de la Communauté française (IEPSCF) de Libramont-Bertrix a quant à lui débuté la formation en janvier 2016. Pouvez-vous nous dresser le bilan de la mise en œuvre du module de citoyenneté? Ces cours ont-ils connu beaucoup d’inscriptions? Quel a été le taux de fréquentation? Des difficultés de mise en œuvre sont-elles apparues?

Des propositions d’amélioration du module ont-elles été suggérées à la suite de ces premières expériences? D’une manière générale, quelle est l’évaluation des premières concrétisations sur le terrain?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.–Le 8 mars 2016, en réponse à une question posée par M.Bouchez, j’ai indiqué que les établissements suivants avaient introduit à l’administration des demandes d’ouverture de l’unité d’enseignement «Citoyenneté»: l’IEPSCF de Libramont-Bertrix, l’Institut provincial d’enseignement de promotion sociale (IPEPS) de Huy-Waremme et l’École des Femmes pré-voyantes de Waremme. Depuis lors, un établissement supplémentaire a introduit une demande d’ouverture: l’IPEPS de Wallonie picarde situé à Leuze-en-Hainaut. La mise en place de l’unité d’enseignement a été reportée pour des raisons pratiques par l’école des Femmes prévoyantes de Waremme et par l’IPEPS de Wallonie picarde.

Elle devrait cependant avoir lieu dans le courant de cette année.

L’organisation de l’unité d’enseignement à la prison de Saint-Hubert a fait l’objet d’une première évaluation dans le cadre du comité local de suivi. Elle semble perçue très positivement par les partenaires et les étudiants. Néanmoins, certaines déclarations dans la presse concernant le module de citoyenneté et son supposé objectif unique de déradicalisation ont failli vider le cours de ses étudiants. En effet, ces derniers se sentaient stigmatisés par le simple fait de suivre une formation qui aurait comme public des terroristes potentiels.

L’enseignante a eu l’excellente initiative d’effectuer une analyse critique des articles avec les élèves.

Cette démarche éminemment pédagogique leur a permis de distinguer les buts du module des discours qui étaient tenus à son sujet dans le contexte que l’on connaît. Ce faisant, l’enseignante a œuvré à l’éducation citoyenne poursuivie par l’unité d’enseignement. De plus, elle a été soutenue dans cette dynamique par l’équipe du service d’aide aux détenus (SAD) qui gère l’orientation.

Cette collaboration mérite d’être soulignée et valorisée afin de rappeler combien l’engagement de tous est nécessaire pour atteindre les buts de réinsertion. Je ne dispose par contre pas encore des chiffres relatifs aux inscriptions à Saint-Hubert.

Enfin, l’organisation de l’unité d’enseignement par l’IPEPS de Huy-Waremme était initialement prévue à la prison de Huy. Pour diverses raisons organisationnelles indépendantes de l’établissement d’enseignement, il a été difficile de recruter le public permettant d’ouvrir le module. En conséquence, il a été décidé de l’organiser du 20 avril au 15juin 2016 à la prison de Marneffe. Afin de constituer un groupe qui compte à ce jour sept inscrits, il a été nécessaire d’organiser des séances d’information pour décrire le contenu du module.

Contrairement à des formations qualifiantes pour lesquelles il est aisé de se représenter les contenus d’apprentissage, le con-cept de citoyenneté demande à être illustré pour susciter l’intérêt du public. Il convient également de trouver les modalités adéquates d’organisation pour éviter les concurrences avec d’autres formations données dans la prison, notamment en ce qui concerne les horaires.

J’ai bien entendu l’intention de procéder à une évaluation plus complète et détaillée dès que nous aurons davantage de recul par rapport aux activités projetées et menées par les différents établissements. Je reste en effet totalement convaincue de la pertinence du dispositif et je suis animée par la volonté de le faire fonctionner au mieux.

M.Yves Evrard (MR). –Comme vous, je prends bonne note de l’intérêt. Je vous encourage à ne pas tarder à procéder à l’évaluation, de manière à éventuellement corriger le tir. Il ne faudrait pas qu’à cause d’un désintérêt ou d’un manque d’information, trop peu de candidats suivent ces cours et qu’on abandonne de ce fait l’idée d’organiser ces derniers. Nous devons mobiliser nos énergies de manière à démontrer tout l’intérêt de ces cours.

CRIc No100 Ens prom12(2015-2016)




Source : http://parlement.wallonie.be