La politique wallonne en matière d'hébergements touristiques
09 mai 2016

INTERPELLATION DE M. EVRARD À M.COLLIN, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA RURALITÉ, DUTOURISME ET DES AÉROPORTS, DÉLÉGUÉ À LA REPRÉSENTATION À LA GRANDE RÉGION,

SUR «LA POLITIQUE WALLONNE EN MATIERE D’HÉBERGEMENT TOURISTIQUE»

M. Evrard (MR). - Madame la Présidente, je vous souhaite un bon travail au sein de cette commission.

Vous verrez que les sujets sont passionnants et que les débats sont généralement très riches. Monsieur le Ministre, je voulais vous réinterroger sur la politique en matière d'hébergement touristique.

Vous nous avez annoncé vouloir rationaliser et simplifier le secteur afin d’améliorer la qualité de l’offre touristique wallonne.

En ce qui concerne spécifiquement le secteur de l’hébergement touristique, il convient malheureusement de constater que la DPR pêche par manque d’ambition.

Très peu d’éléments y sont repris à cet égard, c’est peut-être pourquoi j'ai du mal, à l’aube de la saison touristique 2016 et deux ans après la mise en place de votre Gouvernement, à cerner votre vision quant à l’avenir des hébergements touristiques en Wallonie.

Récemment, vous avanciez deux projets liés aux hébergements, lesquels posent plusieurs questions.

Dans le cadre du renforcement de l’aide au secteur hôtelier, vous nous avez annoncé, voici quelques semaines, la création d’un comptoir hôtelier pour la Wallonie, calqué sur le modèle du comptoir hôtelier du Luxembourg.

C'est une initiative que vous connaissez bien, le comptoir du Luxembourg, qui a pour but d’accompagner les professionnels du secteur dans leurs démarches de création, d’obtention de primes, de conseils, de marketing... Bref, il s’agit d’un accompagnement global.

Monsieur le Ministre, avant de mettre en place cette nouvelle structure, j'imagine que vous avez eu l'occasion d'étudier le feed-back de cet outil mis en place, aujourd'hui, en Province de Luxembourg, notamment à travers différentes statistiques quant au nombre d’hôteliers qui y ont fait appel et de la manière dont aboutissent les dossiers ainsi initiés.

Pouvez-vous, Monsieur le Ministre, dans un premier temps, faire le point sur cette situation et sur la manière dont fonctionne cet outil ? Quelque part, finalement, souhaitez-vous mettre en place une sorte de guichet unique pour le secteur hôtelier, plus particulièrement, à l'instar de ce qui se fait au niveau des chambres de commerce, plus généralement à l'égard de l'ensemble des entreprises ? Ne pensez-vous pas que ce sera là un outil éventuellement redondant ?

De quelle manière, les articulations avec l'administration de votre collègue de l'Économie,

M. le Ministre Marcourt, s'organiseront-elles ?

À partir du moment où vous développez un outil wallon, envisagez-vous, dans ce cas de figure, de supprimer le comptoir qui existe actuellement en Province de Luxembourg ?

Vous avez également lancé une deuxième idée qui allait un peu dans la même direction, puisque vous nous avez indiqué votre volonté de créer une nouvelle plateforme de réservation en ligne, forcément pour s'adapter à des besoins de notre époque ; vous l'avez annoncé, une plateforme qui serait unique pour la Wallonie. Vous n'ignorez pas que par ailleurs il existe déjà toute une série de plateformes. On pourrait citer notamment la plateforme Oufti en Province de Liège ou celle mise en place dernièrement, à Durbuy, et que vous avez d'ailleurs plébiscitée.

Là aussi, Monsieur le Ministre – pour essayer d'y voir clair dans la politique que vous souhaitez, plus que mettre en place, initier et en tout cas voir se concrétiser – comment allez-vous articuler et coordonner ces différentes plateformes avec celles que vous souhaitez initier, puisque vous souhaitez centraliser l'ensemble de ces éléments ?

On voit bien, à travers les deux idées que vous avez évoquées, que cela fait sans doute partie d'une structure plus globale au niveau wallon. Une question sous-jacente, c'est évidemment l'impact en fonction publique, au niveau de l'administration, pour mettre en œuvre tous ces projets. Quelle sera finalement la structure qui en assurera le développement ? Envisagez-vous, dans votre manière de travailler, de réorienter les postes et les fonctions des différentes personnes qui travaillent actuellement au service de l'hébergement touristique ?

Le deuxième volet que je souhaitais développer avec vous concerne la politique d'attribution de subventions pour les hébergements touristiques. Sur quelles bases sont axées les aides au secteur de l'hébergement ? Voici une première question, qui est dépendante de la première partie de mon exposé ; si demain, un comptoir hôtelier voit le jour – cela peut représenter un organe de soutien et d'aide aux professionnels du secteur – son instauration aura inévitablement un impact sur le montant des primes qui seront allouées aux établissements hôteliers. Cela va coûter, et donc, forcément, la mise en place de cet outil se fera-t-elle au détriment des aides déjà existantes, de manière peut-être plus directe, au niveau des hôteliers ?

Vous le savez comme moi, le secteur de l'hébergement est en constante évolution, les besoins, les demandes de la clientèle évoluent sans cesse, on a d'ailleurs eu bon nombre de débats à ce sujet. L'offre se diversifie, il suffit de voir le boom des plateformes collaboratives comme Airbnb ; le secteur hôtelier doit se battre au jour le jour pour rester attractif et performant.

En 2012, la réglementation d'octroi des subventions a légèrement évolué, en incluant différents types d'aménagements supplémentaires qui pouvaient émarger aux subventions. De nouvelles dispositions en la matière sont-elles à l'ordre du jour ? Singulièrement, dans le cadre de la révision du Code du tourisme, quelles sont les orientations que vous souhaitez insuffler en matière d'accompagnement des hébergements touristiques, outre le comptoir qui pourrait éventuellement voir le jour et qui constituera un soutien également ?

Actuellement, les subventions ne sont accordées que si l'hébergement utilise une dénomination protégée, reconnue par le CGT. Quand on voit, parallèlement à cela, l'émergence de l'offre collaborative et vu l'obligation – si l'on vous en croit – pour eux de transmettre au CGT une déclaration préalable pour être répertoriés quelque part, pensez-vous que cela sera aussi un moyen pour permettre, à ce type d'hébergement, d'obtenir un soutien au niveau du CGT ? C'est clair que les plateformes collaboratives représenteront une masse critique assez importante en termes de nuitées d'hébergement. Comment allez-vous définir des critères qui permettront d'orienter des subventions, des aides, de manière plus spécifique au secteur hôtelier existant, plutôt qu'au secteur en plein boom qu'est l'hébergement collaboratif ?

De manière plus générale, pouvez-vous nous faire part du soutien apporté au secteur en 2015 – le nombre de dossiers, les montants ? Quelles sont justement les lignes directrices de votre politique quant à l'attribution des subventions, ainsi qu'au mécanisme d'aide au secteur de l'hébergement touristique ?

Enfin, un dernier volet – on en a souvent débattu également – je souhaiterais avoir, une nouvelle fois, votre avis et voir la manière dont tout s'imbriquera l'un dans l'autre pour avoir une politique cohérente, puisque l'on a souvent évoqué la question des hébergements insolites. Là, la DPR était très claire, puisqu'elle annonçait la volonté du Gouvernement de mener une politique d'aménagement du territoire permettant un développement plus cohérent, donc plus attractif, de l'espace touristique wallon – on s'en réjouit évidemment. Les hébergements insolites contribuent à l'attractivité du territoire, c'est indéniable. Je vous avais déjà interrogé, il y a plus d'un an, sur cette question.

Vous me répondiez que des contacts entre votre cabinet et celui du ministre de l'Aménagement du territoire devaient être pris pour envisager davantage de souplesse, pour permettre la construction et l'aménagement de ce type d'hébergement. Vous aviez même indiqué envisager un assouplissement des règles d'autorisation, voire une modification du CoDT sur quoi le CGT travaillait à l'époque. Aujourd'hui – vous savez que nos collègues étudient plus qu'ardemment la révision au niveau du CWATUPE pour faire aboutir le nouveau CoDT – en matière d'hébergement insolite, avez-vous déjà des éléments concrets à nous faire part ?

Avez-vous régulièrement discuté de cette problématique ou cela viendra-t-il seulement à l'agenda dans les prochains jours ? On serait heureux de recevoir les résultats de ces différents travaux.

Voilà trois thématiques – il y en a d'autres, mais qui concernent l'hébergement en général – sur lesquelles je souhaitais, Monsieur le Ministre, avoir vos lumières et vos réactions, de manière à ce que le secteur puisse savoir ce qui l'attend. Vous savez comme moi que lorsque l'on a des projets, que ce soit au niveau d'une entreprise ou au niveau d'un établissement hôtelier, il faut, dans les stratégies à mettre en place, connaître le mieux possible les règles du jeu en la matière.

M. Desquesnes (cdH). -

Je souhaite me joindre à l'interpellation pour rebondir sur quelques éléments que j'ai entendus de la part de mon collègue, M. Evrard. Si, aujourd'hui, une partie de l'offre d'hébergement est labellisée et bénéficie d'une reconnaissance et d'un titre, d'une dénomination particulière – que ce soit gîte, chambre d’hôte, hôtel, camping touristique – la démarche entreprise par le ministère, dont M. le Ministre a la tutelle, est une démarche de valorisation de la qualité – la démarche-qualité entreprise, depuis plusieurs années, et menée par le Commissariat général au tourisme correspond à cela.

Cela ne veut pas dire que l'offre non labellisée n'existe pas, est illégale ; elle est également légale, pour autant qu'il y ait des attestations de sécurité incendie délivrées.

Monsieur le Ministre, la politique « traditionnelle » de promotion des hébergements touristiques, telle que menée par la Wallonie, WBT et les opérateurs touristiques, cette politique qui, aujourd'hui, met en avant l'offre labellisée, maintiendra-t-on cette logique- là, tout en disant : « Il y a une autre offre, il y a une autre catégorie, mais celle-là, celle que l'on met en avant, celle que l'on met « sur le devant » des présentoirs touristiques, c'est l'offre labellisée, sur laquelle on a un certificat de garantie de qualité, une classification, que ce soit en étoiles, en épis ou en soleils » ?

C'est la question que je pose, parce que je sais que c'est un débat – M. le Ministre est originaire de la Province de Luxembourg – qui « chipote » quelques maisons du tourisme, je pense en particulier à celle de la Gaume, où l'on a une offre très large d'hébergements.

Va-t-on garder cette distinction de valorisation de l'hébergement labellisé d'une certaine façon et l'autre, en disant : « Pour cela, il y a des listings si vous le souhaitez » ?

M. Collin , Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région. - Messieurs les députés, merci pour les questions, l'interpellation. J'ai déjà répondu à plusieurs des aspects lors de précédentes réunions de commission, mais j'essaierai de faire une réponse globale et de ne pas trop me répéter.

Je dois quand même un peu corriger M. Evrard, parce que je l'ai entendu dire que cela manquait d'ambition dans la DPR. Lorsque l'on voit la nature même de ses questions qui font allusion à toute une série de travaux en cours, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'on a justement un programme particulièrement ambitieux au niveau du Gouvernement wallon pour les hébergements touristiques en Wallonie.

Le Code wallon du tourisme est en révision ; la première lecture été validée mi-avril par le

Gouvernement. Un ensemble de dispositions nouvelles ont pour objectif, entre autres, de renforcer la qualité du parc d'hébergements touristiques wallons, avec aussi, je vais y revenir, des aides majorées, prévues au bénéfice du secteur hôtelier.

C'est aussi le même concept d'un service rendu avec des emplois non délocalisables pour les villages de vacances et les campings, pour lesquels j'ai également voulu renforcer les aides au bénéfice, dans les campings, des établissements qui disposent d'au moins 50 % d'emplacements de passage.

C'est très important et c'est un signe – vous parlez de stratégie et du fait que le secteur doit savoir à l'avenir ce qui sera fait pour lui – très clair. Le taux de subvention accordé au secteur hôtelier, revu à la hausse, en renforçant l'aide à un vrai secteur économique. Des plafonds de subvention prendront, désormais, en considération aussi la capacité d'hébergement, soit de 1 à 20 chambres soit de 21 à 41 chambres soit pour plus de 41 chambres.

Un élément qui est aussi souhaité par la profession, c'est le fait qu'en matière de dépenses éligibles, la liste sera complétée par les dépenses relatives aux dépenses liées à l'usage d'outils et de logiciels utiles à la gestion hôtelière, ainsi que les formations du personnel qui y sont relatives.

En ce qui concerne le comptoir hôtelier, vous connaissez bien l'initiative ; pour les députés qui me connaissent moins, je connais tellement bien l'initiative que je l'ai créée. Au niveau de la Province de Luxembourg, lorsque j'ai été député provincial, j'ai réuni la Chambre de commerce, la fédération HORECA, la Fédération du tourisme de Luxembourg belge et nous avons décidé de créer un comptoir hôtelier au sein de la Chambre de commerce du Luxembourg belge. Avec essentiellement pour vocation toute la problématique – vous la connaissez bien dans le monde de l'économie en général – de la transmission et de la création d'entreprises. C'est essentiellement au niveau financier que travaille ce comptoir hôtelier, même s'il donne de temps en temps un coup de pouce sur des aspects liés à la formation ou liés, par exemple, au marketing. Fort de cette initiative qui n'était que provinciale, en ayant tiré un peu les leçons, je me suis dit qu'il serait utile de proposer au secteur une initiative de ce type sur l'échelle de la Wallonie.

Nous y travaillons avec mon collègue Jean-Claude Marcourt, en charge de l'Économie, et le FED Horeca. On finalise les choses, étant entendu que ce service aux hôteliers doit trouver adéquatement sa place parmi les autres structures d'appui économique existantes.

Préalablement à la mise en place de celui-ci, il était nécessaire de mener un travail d'analyse sectorielle. L'IWEPS y travaille, y a travaillé. Il y a une réunion de travail programmée, dans les prochaines semaines, afin de présenter les fruits de ce travail de l'IWEPS, de manière à ce qu'avec FED Horeca Wallonie et mon collègue, M.leMinistre Marcourt, nous puissions avancer.

Je voudrais aussi, en matière de développement des hébergements touristiques, rappeler l'opérationnalisation – il aura quand même fallu le temps – de la société Immowall – on en reparlera d'ailleurs tout à l'heure, à l'occasion d'une question – qui permettra, entre autres, le développement de nouveaux resorts touristiques.

C'est aussi un élément important, à la fois la rénovation, la revitalisation de certains

Resorts et le développement de nouveaux resorts touristiques.

Elle sera l'un des membres de la plateforme d'ingénierie et d'immobilier touristique qui serait créée, au minimum composée du CGT et du CITW. Elle participera donc pleinement, elle aussi, au soutien à l'activité économique et à la compétitivité du tourisme en Wallonie.

Concernant les logements insolites, il y a un travail de réflexion, et plus de réflexion, qui a été mené avec mon collègue, M. Di Antonio, en bilatéral, précédant la rédaction de l'avant-projet de CoDT et également une série de balises qui ont été convenues pour développer ces logements insolites, qui sont un besoin, à mon sens, important, parce que les clients, les touristes cherchent du surprenant. Ils cherchent de l'innovation et l'on doit figurer parmi les territoires qui sont ouverts à cet égard.

Déjà même dans les travaux du CoDT et puis, de manière plus détaillée, dans les arrêtés du Gouvernement qui le concrétiseront, il y aura explicitement une ouverture faite pour les logements insolites, avec des zones qui leur seront davantage dédicacées, comme la lisière de forêt, plutôt qu'un cœur de forêt, et cetera. Vos collègues parlementaires auront l'occasion, dans l'autre commission, d'aborder tout cela.

Nous y croyons d'autant plus que nous avons prévu, dans l'avant-projet de décret de réforme du Code wallon du tourisme, un encouragement spécifique pour les hébergements à caractère insolite. Pour favoriser la diversité et l'originalité de ces hébergements en Wallonie, nous prévoyons de majorer de 10 % la subvention, dès que l'acquisition et travaux réalisés confèrent à l'hébergement un caractère insolite, avec une appréciation, au cas par cas, en faisant recours au Conseil supérieur du tourisme qui assure une représentation juste et équilibrée du secteur, de manière à ce que ce ne soit pas un choix arbitral, administratif ou ministériel qui en décide, étant entendu bien sûr que le taux de subvention ne pourra, en aucun cas, dépasser 55 %.

Concernant l'autre volet de votre question relative aux plateformes de réservation, je confirme l'intérêt de mettre l'outil en place pour répondre aux attentes des opérateurs touristiques, mais aussi pour rassembler – vous y avez fait allusion d'ailleurs – au sein d'une entité unique l'ensemble des outils existants, à ce jour, en Wallonie. Cela permettra d'avoir un meilleur positionnement sur la toile et d'être plus compétitifs encore avec les autres destinations.

Pour l'instant, vous les avez cités, il y a la plateforme qui a été mise en place par la FTPL en Province de Liège. Vous avez cité une plateforme locale installée récemment à Durbuy. Il y a deux autres plateformes de réservation qui existent, celle mise en place par les Barrages de l'Eau d'Heure et celle mise en place par les gîtes de Wallonie.

Le but est d'arriver avec un outil à disposition de l'ensemble du secteur, afin de globaliser l'offre, la promouvoir, de manière plus adéquate, mais aussi d'éviter aux opérateurs privés les factures et autres inconvénients de certaines plateformes commerciales, qui sont certainement utiles, mais dont l'usage amène quelques effets pervers et préjudiciables économiquement.

Vous savez que la révision du Code wallon – j'en ai parlé, ici, à la dernière commission – prévoit une clarification des missions CGT-WBT, puisque la sixième réforme de l'État a également eu pour impact une évolution de la structure WBT. Dès 2017, chacune des deux Régions organisera individuellement sa politique de promotion touristique. En fonction, c'est donc en 2017, nous l'avons décidé, avec les nouveaux outils dédiés à la promotion touristique de la Wallonie que la plateforme de réservation unique pourra être développée.

Actuellement, par exemple, il existe encore deux sites Internet : un site Internet au CGT et un site Internet à Wallonie-Bruxelles Tourisme. Cela ne sera plus le cas, il y aura un seul site Internet. Le CGT ne s'occupera plus de promotion, alors que, pour l'instant, il assume la promotion sur l'intérieur de la Wallonie, c'est Wallonie- Belgique Tourisme, puisque vous savez que ce sera son nom, et non plus le CGT, qui s'occupera aussi de la promotion intérieure, tout comme elle s'occupe déjà de la promotion extérieure.

À M. Desquesnes qui n'est plus là, je réponds que l'on va promouvoir la totalité de l'offre, mais en précisant les choses comme elles doivent l'être, puisqu'il y a une reconnaissance qui existe. Qui dit reconnaissance, dit également mise en avant particulière. On doit mettre en exergue celles et ceux qui font des efforts particuliers en termes d'accueil, d'infrastructures, de services, d'innovations, et cetera. Le but du système établi pour les centrales de réservation collaborative – et je n'y reviens pas puisque l'on en a parlé ici il y a 15 jours également – c'est d'offrir à la fois de la sécurité aux utilisateurs, mais également de l'information aux communes et de la promotion globale.

Un dernier mot, les chiffres 2015 seront connus, dans les prochains jours et je pourrai les communiquer, sur les aides spécifiques. Ce sont donc les aides en fonction des investissements réalisés. Les budgets sont régulièrement alimentés et c'est toujours une satisfaction de voir que, contrairement à ce que l'on peut avoir parfois comme impression, il y a encore de nombreux investissements dans des hôtels. Que ce soient des hôtels qui sont en rénovation, en extension, ou de nouvelles constructions, on a quelques beaux dossiers qui sont pour l'instant en chantier ou d'autres qui vont bientôt être inaugurés. Il faut vivre avec son temps et il faut communiquer la meilleure information possible, tout cela se fait en étroite collaboration – c'est quasi de l'association, parce que c'est une concertation qui est permanente – avec FED Ho.ReCa et avec les autres secteurs professionnels.

M. Evrard (MR). - Quand je disais que la DPR était un petit peu avare en matière d'information sur les hébergements touristiques, je le confirme, c'est la raison de ma question. Comme vous le dites, on ne peut pas nier qu'il y a toute une série de projets qui sont en route, il y a pas mal de plans et de choses qui sont développées. Mais j'aurais souhaité avoir aussi des informations un peu plus précises. Parce que vous me répondez dans les grandes lignes qu'avec les orientations, on distribue un peu des subsides là, un peu là, un peu là... mais l'on sait que... Si, quand j'entends les hôtels, les campings – et c'est très bien, cela, je n'en disconviens pas. Mais, indéniablement, de la même manière, si je veux faire un parallèle avec la restructuration des maisons du tourisme, à un certain moment, il va falloir faire des choix, et c'est plutôt ça que j'aurais voulu savoir ou entendre dans vos propos.

Un élément de réponse que j'ai retenu, c'est celui au niveau du CGT, puisque vous allez l'alléger dans ses missions, notamment en matière de promotion touristique et confier cela à Wallonie Belgique Tourisme. Cela suppose que vous dégagerez alors des moyens au niveau du CGT pour les affecter à d'autres missions.

J'ai entendu aussi – par rapport à la question du comptoir hôtelier – je n'ai pas bien compris si vous souhaitiez faire intervenir l'IWEPS pour étudier ce qui s'était fait et réalisé au niveau de la Province de Luxembourg ou si vous souhaitiez utiliser l'IWEPS de manière plus globale. Auquel cas, je sais que l'initiative existe en Province de Luxembourg, mais quel est le bilan ? Parce que si c'est uniquement pour faciliter la transmission d'entreprises, et cetera, est-il réellement nécessaire d'avoir un outil spécifique pour ces choses-là ? Même si je peux comprendre que pour le secteur, c'est toujours plus intéressant d'avoir un interlocuteur plus identifiable qu'une chambre de commerce qui traite toutes matières de manière plus générale.

Sur la question des plateformes, j'entends bien vos ambitions à l'horizon 2017 ; je répète et je rappelle que, souvent, le secteur privé va beaucoup plus vite que les initiatives publiques, à la fois dans la mise en œuvre, à la fois dans la réactivité par rapport à des marchés qui sont en constante évolution. Là aussi, je crains fort qu'aujourd'hui, le secteur privé développe des outils. Je ne suis pas suffisamment spécialiste que pour vous dire s'ils vont être compatibles avec la plateforme unique que vous souhaitez mettre en place. C'est un élément sur lequel il faut être extrêmement attentif, parce que ce qui fait la force d'un outil sur le web, c'est finalement le nombre de ses adhérents. Si demain vous mettez en place un outil wallon qui ne rencontre pas l'assentiment des clients, des utilisateurs – j'ai bien compris qu'il y avait un intérêt – le risque est de voir cet outil centralisateur supplanté par d'autres outils comme ceux qui existent déjà à l'heure actuelle. Cela, il faut l'avoir à l'esprit.

Au niveau du CoDT, c'est clair aussi que le secteur – et cela, je ne peux pas vous en faire grief – est demandeur et l'on sait combien on attend avec impatience – pas uniquement dans le domaine touristique d'ailleurs – le nouveau CoDT, de manière à ce que les personnes qui doivent rentrer un permis ou développer des projets puissent avoir un cadre en la matière. Ce serait peut-être intéressant pour le secteur de déjà lui donner quelques lignes de conduite ou le rassurer, de manière à ce que les gens puissent continuer à envisager leur avenir, notamment à travers une forme de diversification d'hébergement, sans attendre que le CoDT ne soit voté. Je sais que le ministre, votre collègue Di Antonio, a chaque fois été ambitieux ; c'était pour le 15 octobre, je ne sais pas à quelle échéance on pourra le voter, mais je crois qu'il faut aussi rassurer parfaitement le secteur à ce niveau-là.

Voilà, en tout cas, les quelques éléments que je voulais apporter pour balancer un peu votre réponse.

J'entends bien que vous êtes en concertation, le secteur attend des lignes claires. Il y a des grands principes que l'on partage, il y a des initiatives très clairement identifiées, mais l'on souhaiterait avoir un peu plus de concrétisation sur le terrain, c'est en tout cas le souhait

que je formule.

M. Collin , Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région. - Monsieur le Député, vous l'aurez compris, dans la réforme du Code wallon du tourisme, c'est un accent qui est davantage mis sur les opérateurs économiques du tourisme ; au niveau des hébergements, on veut renforcer l'aide au secteur qui crée du service et qui consolide et crée donc de l'emploi.

J'ai oublié de préciser tout à l'heure – et pourtant M. Desquesnes y avait fait allusion – qu'il existe une démarche qui est menée par le Commissariat général au tourisme qui s'adresse à l'ensemble des opérateurs touristiques et dans laquelle je me réjouis de voir s'inscrire pas mal d'hôtels, qui est la démarche « Wallonie Destination Qualité », avec une formation et cela débouche également sur une mise en avant. Dans un premier temps, c'est sur le service, c'était dire : « On doit être les meilleurs. On doit être les meilleurs dans tout. On doit être les meilleurs en termes d'infrastructures, mais on doit tout aussi être les meilleurs en termes de services, d'accueil. Par exemple, répondre dans la langue de son interlocuteur, toute une série de choses comme cela, offrir toute une série de services, être incrusté, aussi, dans le territoire d'une région, pour en être l'ambassadeur. » Cette année-ci, l'accent est mis sur une deuxième notion, qui est la notion de gestion. C'est aider les opérateurs touristiques intéressés – et l'on a de plus en plus d'adhérents – à améliorer également la qualité de la gestion de leur outil économique – je m'en voulais de ne pas avoir précisé l'allusion qui avait été faite par M. Desquesnes.

M. Evrard (MR). - Merci Monsieur le Ministre, j'entends bien une position que je considère comme claire, c'est que, finalement – parce que vous n'y aviez pas répondu – par rapport à toute cette économie collaborative qui se met en place, notamment au niveau de l'hébergement touristique, votre volonté est très clairement de privilégier – vous l'avez dit – les outils qui sont pourvoyeurs d'emplois. J'en conclus donc que même si des contraintes – et c'est bien logique – sont imposées, notamment aux gens qui louent de manière temporaire un appartement, des chambres d'hôtes, et cetera non reconnus, il est clair que ces gens-là, à l'avenir, ne pourront pas bénéficier – je ne vais pas dire « de votre soutien » – de mécanismes de subventions, tant dans la restauration que dans la mise en œuvre, voir même d'accéder à ce fameux comptoir hôtelier. Ces gens-là vont-ils aller puiser les informations où elles se trouvent ? Vous souhaitez privilégier le secteur professionnel, que l'on va qualifier de « pur et dur »

P.W.- C.R.I.C. N° 159 (2015-2016) -

Lundi 9 mai 2016




Source : http://parlement.wallonie.be