Les mesures annoncées dans le cadre de la lutte contre les plantes invasives
06 juin 2016

Question orale de M. Evrard à M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région, sur « les mesures annoncées dans le cadre de la lutte contre les plantes invasives »

Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle la question orale de M. Evrard à M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région, sur « les mesures annoncées dans le cadre de la lutte contre les plantes invasives ».

La parole est à M. Evrard pour poser sa question.

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, en 2015, je vous avais interrogé sur la problématique des plantes invasives.

À l'époque, vous m'aviez indiqué avoir chargé votre administration de travailler sur trois points : des mesures d'interdiction d'achat, de vente de détention et de transport des espèces les plus préoccupantes pour la biodiversité ; des mesures d'interdiction d'introduction dans la nature – il faut pouvoir sévir, à un moment donné, si l'on constate qu'il y a des introductions intempestives dans la nature ; enfin, prévoir la possibilité d'adopter un plan de lutte et la possibilité, pour certaines espèces, d'aborder de surcroît des mesures plus spécifiques.

Pourriez-vous faire le point sur l’évolution de ce dossier ? Un décret est-il en préparation ?

Par ailleurs – et c'était une très bonne idée – vous aviez signifié votre volonté de relancer le secteur de la recherche en vue de trouver des nouvelles techniques plus efficaces et moins coûteuses pour lutter contre ces espèces. Des programmes sont-ils déjà en route ?

Sachant que seulement 20 % de la population de ces plantes peuvent être éradiqués par les systèmes actuels, disposez-vous d'une évaluation de la progression de ces plantes invasives en Wallonie ? À l'heure actuelle, de manière exhaustive, pouvez-vous nous préciser les techniques utilisées sur le terrain pour éradiquer ces plantes ? Je pense ici, notamment, à l'utilisation d'herbicide.

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région. - Monsieur le Député, la mise en œuvre du Règlement de l'Union européenne n° 1143 de 2014 du Parlement européen et du Conseil relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes requiert l'adoption d'un accord de coopération entre l'État fédéral, les Communautés et les Régions, ainsi que des dispositions décrétales et réglementaires au niveau wallon.

La rédaction de l'accord de coopération est en cours de finalisation. Ce projet d'accord de coopération et les travaux préparatoires qui l'accompagnent seront soumis pour approbation à la Conférence interministérielle de l'environnement du 29 juin 2016. En date du 28 avril, celle-ci a déjà marqué son accord sur la création d'un comité national, d'un Conseil scientifique national et d'un Secrétariat national des espèces exotiques envahissantes, le CSNEEE. Ce dernier sera établi au Musée royal des sciences naturelles. La plateforme biodiversité continuera à exercer un soutien scientifique. Ce soutien devra être opérationnalisé via l'accord de coopération.

En ce qui concerne le projet de décret, son élaboration et son adoption dépendent, pour l'essentiel, des dispositions de l'accord de coopération. Il ne pourra donc être adopté en première lecture qu'après l'adoption en première lecture de l'accord de coopération par l'ensemble des Gouvernements.

Entre-temps, un décret partiel déterminant le régime de sanctions applicables en cas de violation du règlement et prévoyant les modalités de mise en œuvre des dispositions transitoires devra être adopté très rapidement, afin de nous conformer à nos obligations réglementaires. Celui-ci est en cours de préparation par mon administration.

Pour ce qui est de la recherche, le règlement européen devrait être l'occasion d'intensifier les échanges d'expériences entre les pays. Avant le lancement de nouvelles recherches, il convient aussi de faire le point sur les priorités auxquelles la Région devra faire face de manière à bien cibler les besoins. On doit encore déterminer quelles seront les nouvelles recherches.

Par rapport aux techniques à utiliser pour lutter contre les plantes invasives, elles sont assez variées et doivent être adaptées aux espèces. Vu la forte capacité de régénération des plantes invasives, une intervention unique ne suffit pas et il faut souvent répéter les opérations durant plusieurs années successives.

Le chiffre de 20 % cité ne concerne pas l'ensemble des populations de plantes invasives qui pouvaient être éradiquées. Il s'agit, à ce jour, de la proportion des populations de berce du Caucase qui ont pu être complètement éliminées dans le cadre du Plan de lutte wallon, c'est-à-dire avec élimination complète de la banque de graines contenue dans le sol. Les 80 % restants sont en voie d'éradication. Les pratiques prescrites, pour la Berce, sont généralement la coupe sous le collet de la plante et, dans quelques cas précis, l'utilisation d'herbicides dans le cas des sols très caillouteux à l'écart des zones humides. Il est important de noter que l'utilisation d'herbicides ne permet pas une élimination plus rapide de la banque de graines contenue dans le sol.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Merci, Monsieur le Ministre. On attendra que tout cela puisse se concrétiser. On suivra le dossier avec attention.

CRAC 06/06/2016




Source : http://parlement.wallonie.be