Les relations entre le secteur hôtelier et les centrales de réservation en ligne
04 juillet 2016

Question orale de M. Evrard à M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région, sur « les relations entre le secteur hôtelier et les centrales de réservation en ligne »

Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle la question orale de M. Evrard à M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région, sur « les relations entre le secteur hôtelier et les centrales de réservation en ligne ».

La parole est à M. Evrard pour poser sa question.

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, c'est aussi un sujet dont on a déjà eu l'occasion de parler, mais les choses évoluent fort heureusement. Vous savez que dans le paysage de l’hôtellerie, les sites de réservation en ligne de type booking.com sont des leaders en la matière. Finalement, les hôteliers sont en grande majorité quasiment obligés de fonctionner avec ce type de plateforme pour assurer un taux de fréquentation suffisant de leur établissement.

On sait aussi que ces plateformes imposent à leurs adhérents de lourdes clauses contractuelles. Ces clauses impactent souvent principalement les plus petits établissements et les plus petites structures.

On constate toutefois une évolution, malgré tout, dans le chef ou dans la mentalité de ces grands donneurs d'ordres, puisqu'en mai 2016, il est vrai, poussée en cela par certains pays et par la Commission européenne, la plateforme a présenté une charte rendant un peu plus de libertés aux hôteliers. C'est une bonne chose. Malheureusement, celle-ci n’est pas encore applicable en Belgique, contrairement à la France, la Suède ou l’Italie.

De leur côté, les hôteliers de la fédération HORECA Bruxelles ont décidé de réagir et de rencontrer les responsables du site de réservation en ligne afin d’échanger sur les bonnes pratiques et de faire valoir leurs droits en la matière.

Monsieur le Ministre, de telles démarches sont-elles initiées par la Fédération HORECA Wallonie ? Les hôteliers de Wallonie font-ils le même constat que leurs collègues bruxellois face à l’importance prise par les plateformes de réservation en ligne ? Quelle est votre position par rapport à l’application de cette charte en Wallonie ? Pourquoi une période test en Belgique alors que d’autres pays l’appliquent déjà ?

Vous savez qu'au Fédéral, puisqu'on en parle souvent ici autour de la table, le Ministre Borsus a clairement annoncé son soutien au secteur, dans la limite évidemment de ses compétences. De votre côté, quelles sont les initiatives mises en place pour aider le secteur de l’hôtellerie dans leurs négociations et leur positionnement face aux centrales de réservations ?

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région. - Monsieur le Député, par l'intermédiaire du Commissariat général au tourisme et de Fed.HORECA Wallonie, j'ai pu prendre connaissance du communiqué de presse du Ministre Willy Borsus. C'est un Belga du 15 juin 2016, dont vous reprenez de larges extraits pour motiver votre question.

Cette question des réservations en ligne a d'ailleurs déjà été abordée ici. Vous m'aviez interpellé en novembre 2015. Je vous précisais que mes services n'avaient pas été interpellés par les hôteliers, la question de la vente à distance relevant de la compétence du pouvoir fédéral, en particulier du SPF Économie, relevant du Ministre Kris Peeters. M. Borsus précise dans son communiqué de presse qu'il se tient à disposition du secteur HORECA pour introduire une demande d'ouverture d'instruction à l'Autorité belge de la Concurrence.

J'ai le plaisir de vous informer que cette démarche a déjà été initiée par les trois Fédérations HORECA du pays, Wallonie, Bruxelles et Flandre, et ce, l'année passée, via le cabinet d'avocats Quinz, spécialement mandaté pour la cause, visant à instaurer une surveillance semestrielle des conditions générales appliquées par les centrales de réservation aux hôteliers belges, surtout en matière de parité tarifaire.

Début juillet 2016, l'Autorité belge de la Concurrence devrait terminer son premier semestre de monitoring en application du cahier des charges conclu avec le cabinet Quinz. La première évaluation devrait être connue. J'ose espérer que le ministre fédéral en charge de l'Autorité belge de la Concurrence, M. Kris Peeters, parviendra à arrêter la position dominante de certaines plateformes de réservation. Il dispose de la compétence pour agir.

Je m'interroge par contre quant à la pertinence de la démarche récente de Fed.HORECA Bruxelles, vu qu'une démarche structurée, convenue et déjà initiée par elle-même et les deux autres fédérations du pays avec l'Autorité belge de la Concurrence est déjà activée. Selon mes informations, cette rencontre annoncée n'aurait pas été tenue. En fonction des conclusions obtenues par l'Autorité belge de la Concurrence, il y aura lieu de prendre position sur l'opportunité d'appliquer la charte proposée par la plateforme Booking.com. Au besoin, des rencontres avec les représentants de la Plateforme et le secteur seront de nouveau organisées.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Merci, Monsieur le Ministre, pour ces différents éléments de réponse.

Simplement, je crois qu'en la matière et par rapport à la puissance que représentent ces grands groupes de par leur taille et leur rayonnement - et pour une fois qu'il y a plusieurs ministres à différents niveaux de pouvoir ici en Belgique, j'entends d'ailleurs que vous souhaitez aller dans la même direction que celle du ministre Willy Borsus - je ne peux que vous inviter à unir vos efforts en fonction de vos moyens respectifs pour faire en sorte que réellement nos hôteliers, au sens large, qu'ils soient bruxellois ou wallons, puissent vraiment avoir leur mot à dire et être moins inféodés à ces grands groupes financiers.




Source : http://parlement.wallonie.be