Le bilinguisme des guides touristiques
18 juillet 2016

Question orale de M. Evrard à M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région, sur « le bilinguisme des guides touristiques reconnus par le Commissariat général au tourisme (CGT) »

Mme la Présidente. - L'ordre du jour appelle la question orale de M. Evrard à M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région, sur « le bilinguisme des guides touristiques reconnus par le Commissariat général au tourisme (CGT) ».

La parole est à M. Evrard pour poser sa question.

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, en 2015, 13 nouveaux guides touristiques ont été reconnus. Vous avez d'ailleurs été, Monsieur le Ministre, régulièrement interpellé par rapport à ces guides touristiques. Dans les différentes catégories, je rappellerai :

  • guide conférencier: trois sont reconnus en langue française ;
  • guide régional: un est reconnu en langue française et néerlandaise ;
  • guide local: huit sont reconnus, dont sept en langue française et un en langue française et néerlandaise ;
  • guide découverte de la nature: un est reconnu en langue française ;
  • guide nature aventure, guide grand tourisme et guide accompagnateur en randonnée: il n’y a aucune reconnaissance en 2015.

Monsieur le Ministre, force est de reconnaître que dans les 13 nouvelles recrues, seules deux personnes sont reconnues en langue française et en langue néerlandaise, ils sont donc bilingues.

Le nombre de guides reconnus est, selon votre déclaration, de 557. Quel est, Monsieur le Ministre, dans cette proportion, le nombre de guides bilingues ? Cette répartition est-elle équilibrée sur l'ensemble de toutes les régions ?

Vous le savez comme moi, certaines régions comme la Province de Luxembourg accueillent majoritairement des touristes de langue néerlandaise et il me revient que trouver des guides capables d’encadrer des groupes de touristes de langue néerlandaise s’avère quelquefois compliqué. Pensez-vous que le nombre de guides bilingues est suffisant ? Existe-t-il une demande et dans quelle mesure la Fédération des guides de Wallonie peut-elle répondre à cette demande ?

Enfin, dans le cadre de la réforme du Code wallon du tourisme, et plus précisément dans l’élaboration du nouveau livre dédié au statut des guides touristiques que vous avez évoqué, des mesures spécifiques sont-elles envisagées pour améliorer le caractère bilingue des guides ?

Si un manque est constaté, cet aspect des choses a-t-il été envisagé lors de vos contacts avec le Comité technique des guides touristiques et la Fédération des guides touristiques ? Quelles sont, Monsieur le Ministre, les pistes envisagées pour améliorer cette situation ? Je vous remercie déjà pour votre réponse.

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région. - Monsieur le Député, 557 guides touristiques ont effectivement été reconnus en Wallonie jusqu'à ce jour. Parmi ceux-ci, 151 ont demandé leur reconnaissance pour deux langues, 106 en français-néerlandais, 21 en français-anglais, 13 en français-allemand et un en français et une autre langue encore.

Soixante-cinq guides touristiques sont reconnus dans trois langues et 15 dans quatre langues, 41 % des guides sont donc reconnus dans au moins deux langues et 19 % le sont en Français-Neerlandais.

Il faut ajouter les guides qui pratiquent le néerlandais mais qui ne demandent pas une reconnaissance officielle – pour rappel, celle-ci se fait sur une base volontaire – parce qu'ils guident par exemple exclusivement comme salariés dans un musée ou qu'ils ne guident pas suffisamment ou qu'ils s'estiment trop âgés pour entreprendre les démarches administratives. Dans la province du Luxembourg, sur les 109 guides touristiques y reconnus, 13 le sont en français-néerlandais. Au total, 14 % de guides ont été reconnus au moins dans deux langues.

Le Commissariat général au Tourisme dispose d'un tableau reprenant la liste des guides touristiques reconnus, par catégorie, spécifiant les langues dans lesquelles l'agrément a été accordé. Ce tableau est envoyé mensuellement aux organismes touristiques wallons. Ceux-ci peuvent donc, au départ de ce tableau, faire des recherches et, si besoin, faire appel à d'autres guides bilingues travaillant dans d'autres provinces.

Même si la Fédération wallonne des Guides touristiques est consciente des difficultés parfois liées à certains manquements en matière de connaissance du néerlandais, la question y relative n'a jamais été abordée au sein du comité technique des guides touristiques.

Sur le terrain, certaines initiatives ont également été menées dans l'objectif d'améliorer la connaissance des langues étrangères. Ainsi, l'Association des Guides du Tournaisis a organisé voici deux ans une formation aux techniques de guidage pour les personnes qui maîtrisent au moins une seconde langue. Le Centre de compétences Forem Tourisme situé à Marche-en-Famenne donne des formations axées davantage sur les techniques de communication en guidage.

En ce qui concerne le niveau de langue des guides touristiques, je vais par ailleurs solliciter ma Collègue en charge de la formation professionnelle, Eliane Tillieux, ainsi que le CGT et les associations professionnelles concernées afin de mener une réflexion visant à répondre au mieux aux attentes.

Le cas échéant, je dois aussi rappeler que l'apprentissage des langues peut aussi se faire de manière individuelle, soit avec des manuels, soit par des méthodes e-Learning telles que « Wallangues », accessibles gratuitement pour tout citoyen adulte wallon et qui ont déjà largement fait leurs preuves.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Merci, Monsieur le Ministre pour cet état des lieux. Je pense que et j'imagine que vous en êtes conscient comme moi qu'il y a sans doute des efforts à faire parce qu'évidemment, dans l'accueil des touristes, pouvoir avoir des accueillants et des personnes d'accueil qui s'expriment dans plusieurs langues, c'est un plus et c'est en tout cas un gage de bonnes fréquentations des différents sites touristiques. Singulièrement en province du Luxembourg, je note que seuls 10% des guides sont parfaitement bilingues français-néerlandais. I y a lieu, en tout cas d'y être particulièrement attentifs si on veut développer au mieux notre région sur le plan touristique. Merci, Monsieur le Ministre.




Source : http://parlement.wallonie.be