Inégalité salariale homme femme et évaluation des projets 2015 retenus
08 septembre 2016

Question écrite de Yves Evrard, Député, à Madame Isabelle Simonis, Ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Egalité des chances sur les inégalités salariales entre hommes et femmes et l’évaluation des projets retenus en 2015 sur ce thème.

Les écarts en matière de salaire entre les hommes et les femmes restent importants. A l’heure actuelle, les femmes gagnent en moyenne annuelle 21% brut de moins que les hommes selon le rapport de l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes. Le précédent rapport indiquait le chiffre de 22 %. L’évolution est donc favorable mais cela reste très, trop lent

Plusieurs facteurs entrent en compte pour expliquer cette différence et l’un d’entre eux est certainement le travail à temps partiel qui est bien plus fréquent pour les femmes que pour les hommes (sur 5 travailleurs à temps partiel, 4 sont des femmes).

On peut aussi évoquer les discriminations dans le choix des études, sur le marché du travail et dans la répartition des tâches domestiques.

Madame la Ministre,

En 2015, un travail important a été réalisé par l’assemblée d’Alter Egales sur le thème de l’égalité au travail. 27 recommandations ont été sélectionnées et présentées aux différents gouvernements.

Dans la même optique, un appel à projet sur le thème de l'égalité au travail lancé en 2015 avait retenu 22 projets. Leur évaluation devait avoir lieu en juin 2016.

Cette évaluation a-t-elle eu lieu ?

Quelles ont été les difficultés rencontrées dans la mise en place de ces 22 projets ?

Cette évaluation a-t-elle permis de relever des points d’attention, des pistes de travail concrètes susceptibles d’améliorer et de booster les chiffres d’évolution cités plus haut vers une meilleure égalité hommes-femmes au travail ?

Madame Isabelle SIMONIS, Ministre de l’Enseignement de Promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Egalité des chances.

Monsieur le député,

Plus de 60 ans après le traité de Rome qui a consacré le principe du travail égal à salaire égal, et malgré la loi fédérale du 22 avril 2012 visant à lutter contre l’écart salarial entre hommes et femmes, les femmes gagnent encore en moyenne, en Belgique, en 2016, 21 % de moins que les hommes.

En mars 2015, je mettais en ligne un premier outil de sensibilisation, convertisexe.be, pour démontrer de manière ludique au plus grand monde l’écart persistant entre le salaire des femmes et des hommes.

Avec l’Assemblée Alter Egales et sa thématique 2015, « Le droit à l’égalité au travail », nous avons abouti à 27 recommandations qui ont notamment pour objectif de contribuer, de manière directe ou indirecte, à la diminution de l’écart salarial.

Il s’agit par exemple des mesures suivantes :

  • sensibiliser à la dévalorisation symbolique et financière des fonctions féminines
  • rendre le congé de paternité obligatoire et l’allonger
  • développer et visibiliser les rôles modèles dans les métiers dits atypiques
  • proposer des formations à l’égalité dans les services de recrutements

Comme vous le soulignez, les facteurs entrant en ligne de compte pour expliquer cette différence de salaire sont nombreux et, dès lors, nous devons agir sur plusieurs fronts. Par la sensibilisation auprès des élèves dès le choix des études, par l’information auprès des femmes et des employeurs ou encore par des mesures législatives telles que l’obligation et l’allongement du congé paternité.

C'est dans cette perspective que les recommandations ont été transmise à chaque niveau de pouvoir compétent, la plupart des mesures visées dépassant le cadre institutionnel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

22 projets associatifs ont par ailleurs été soutenus financièrement. Les rapports d'activités devaient être remis à mon Administration pour le 30 juin dernier. Certains promoteurs ont demandé un délai pour pouvoir terminer le travail entamé. L’évaluation n’a donc pas encore eu lieu et je compte laisser le temps nécessaire à mon Administration pour réceptionner l’entièreté des rapports d’activité et me soumettre une première évaluation globale.

Toutefois, durant toute l’année, j’ai été en contact ponctuel avec plusieurs associations porteuses de projets. J'ai parfois même été invitée aux événements de clôture et je peux vous affirmer que la réalisation même de leur projet est une contribution à la diminution de l’écart salarial et à la diminution des inégalités entre les femmes et les hommes sur le marché de l’emploi.

Je ne peux vous les citer tous, mais je tiens à évoquer quelques exemples de projets pour vous le démontrer plus concrètement. Je pense à la section régionale de Liège de la Ligue de l’enseignement et de l’éducation permanente, qui a animé des classes de 4ème secondaire avec des modules sur les inégalités femmes – hommes depuis le 19ème siècle à nos jours. Ou aux Femmes de la CSC qui ont réalisé un mur des inégalités sur le marché de l’emploi à destination du grand public, évoquant notamment la répartition des tâches domestiques et du temps partiel. Ou encore à Interface 3 Namur, qui au travers de l’outil informatique, a sensibilisé plusieurs groupes de femmes précarisées sur les inégalités rencontrées en matière d’emploi.

Tous ces projets apportent leur pierre à l’édifice dans la lutte contre les inégalités hommes – femmes au travail. Sur un plan plus politique, j’espère que le dépôt des recommandations d'Alter Egales auprès des autres niveaux de pouvoirs, incitera à poser des actes concrets, dans une logique coordonnée, pour effacer ces écarts de salaire aussi persistants qu'injustifiables.




Source : http://parlement.wallonie.be