Initiatives mises en place pour tenter d’informer et de sensibiliser les jeunes des zones rurales au phénomène de harcèlement
11 octobre 2016

Question de M. Yves Evrard à M me Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée «Initiatives mises en place pour tenter d’informer et de sensibiliser les jeunes des zones rurales au phénomène de harcèlement»

M. Yves Evrard (MR). – Madame la Ministre, j’ai déjà posé la question à vos collègues, car il s’agit d’une problématique transversale.

Le phénomène de harcèlement ou de banalisation de la violence touche toutes les régions, y compris les zones rurales. Cependant, force est de constater que les jeunes des régions rurales font moins facilement appel aux différents services d’aide. Pour preuve, sur plus d’un millier d’appels au numéro103, seuls 2 % proviennent de la Province de Luxembourg.

Afin de sensibiliser et d’informer les jeunes, différentes initiatives voient le jour. Par exemple, le Conseil provincial des jeunes (CPJ) de la Province de Luxembourg, particulièrement sensibilisé par la problématique, a lancé le projet d’une «Semaine contre le harcèlement».

Cette initiative du CPJ se tiendra fin octobre dans cinq écoles de la Province et proposera aux étudiants des représentations théâtrales et des ateliers-débats sur le sujet, dans le but d’informer, mais aussi de susciter la réflexion.

La préparation de ce projet a fourni l’occasion aux acteurs de terrain, tels les AMO, les centres PMS, les services de police, etc., de nouer des partenariats. Toutes les autres écoles du territoire auront ensuite l’occasion d’accueillir une représentation du spectacle d’Alvéole Théâtre consacré à ce sujet d’actualité.

Madame la Ministre, en tant que chargée de l’Égalité des chances, qu’envisagez-vous de faire pour ces jeunes des zones rurales qui connaissent moins les services ad hoc ou y ont moins accès?

Les associations actives sur le plan local vous ont-elles déjà fait part de ces difficultés?

Pouvez-vous les aider d’une manière ou d’une autre?

J’imagine que vous soutiendrez les initiatives telles que celles mises en place par le Conseil provincial des jeunes de la Province de Luxembourg?

Dans l’enseignement de promotion sociale, y a-t-il des espaces qui permettent de sensibiliser les jeunes au harcèlement? À défaut, des plages horaires sont-elles prévues pour informer les jeunes sur les services existants?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

– Le phénomène de harcèlement peut toucher tous les groupes de jeunes provenant de toutes régions, tant dans le cadre scolaire qu’extrascolaire. Avec l’apparition des nouvelles technologies de l’information et des communications, cette problématique ne trouve d’ailleurs plus de frontière et se glisse dans la vie privée de nos jeunes, qu’ils résident en zone rurale ou dans de grands centres urbains.

Je n’ai jamais été interpellée sur des difficultés particulières ou spécifiques à l’approche des jeunes en milieu rural. Il faut souligner qu’Ecoute-enfants est une ligne d’écoute généraliste qui publie des chiffres tout à fait bien construits, mais qui ne reflètent que l’activité du service. D’autres structures viennent en aide aux jeunes en difficulté, comme les AMO.

Comme vous le mentionnez, les membres du Conseil provincial des jeunes ont souhaité dans un premier temps alerter les autorités provinciales sur la thématique du cyberharcèlement. Ils ont développé, avec l’aide du coordinateur, la première «Semaine de lutte contre le harcèlement» en Province du Luxembourg. Une rencontre avec l’équipe d’animateurs-comédiens d’Alvéole Théâtre a permis de donner une dimension supplémentaire à l’initiative: un projet de spectacle sur le thème du harcèlement. Lors du banc d’essai, un de mes collaborateurs était présent ainsi que des représentants du secteur jeunesse, chacun avec leur regard critique, pour contribuer à l’évolution du spectacle.

Cette initiative de jeunes est le fruit d’un engagement citoyen qui visait notamment à informer les pouvoirs publics de leurs difficultés, leurs souhaits et leurs suggestions. J’ai entendu leur message et j’ai décidé d’y répondre, à l’instar de la Province du Luxembourg, en soutenant financièrement la «Semaine de lutte contre le harcèlement».

Je vous rejoins pleinement sur l’intérêt de fédérer les outils existants. Ce travail est par ailleurs déjà entamé.

Pour ce qui concerne plus particulièrement la «haine en ligne», à titre d’exemple, c’est un des objectifs de la campagne «No Hate», qui a le mérite de fixer un cadre transversal, d’intégrer et d’articuler tout un ensemble d’acteurs en Fédération Wallonie-Bruxelles qui voudraient se saisir de cet enjeu. Dans ce cadre, une plateforme a déjà été créée et a pour objectif de réunir les besoins de chacun, de partager les bonnes pratiques, de se documenter, de bénéficier des formations et d’outils pratiques et d’agir ensemble dans certains événements. À l’heure actuelle, c’est plus de 300 associations, services publics et experts qui ont adhéré à la plateforme et sont donc liés par la charte qui cadre leurs activités.

M. Yves Evrard (MR).

J’ignorais que cette plateforme regroupait autant d’associations, c’est une bonne nouvelle.

Toutefois, la création d’une plateforme n’est pas une fin en soi, ce sont les résultats qui comptent, ainsi que les recommandations qu’elle fera au pouvoir politique.

Il vous appartient en tant que ministre de fixer un calendrier afin de pouvoir, à un moment donné, tirer les conclusions des différents travaux.

Comme vous l’avez dit, en matière de harcèlement, il n’y a pas de frontière. Je ne peux donc que vous inviter à coordonner vos actions avec celles de vos collègues pour gagner en efficacité sur le terrain.

Le phénomène du harcèlement risque de s’accroître. C’est donc un combat quotidien et de longue haleine.

( 11 ) CRIc No13-Ens prom2 11/10/2016




Source : http://parlement.wallonie.be