Méconnaissance services d'aides
11 octobre 2016

Question de M. Yves Evrard à M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles, chargé de la tutelle sur la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale, intitulée

« Méconnaissance des services d’aide aux jeunes dans les régions plus rurales ».

M. Yves Evrard (MR).

– Le service Écoute-Enfants existe depuis plus de 25 ans. Via le numéro 103, des enfants, des adolescents et des adultes peuvent recevoir une écoute et des conseils s’ils rencontrent des problèmes tels que la maltraitance, le harcèlement ou encore de nouvelles problématiques qui apparaissent, comme celle des jeunes aidants proches ou encore les jeunes en errance.

Ce service fonctionne bien dans d’autres provinces, mais semble être méconnu en Province de Luxembourg. C’est ainsi que sur 1 045 appels localisés, seuls 22 provenaient de cette province. Pourtant, les besoins existent ; divers faits dramatiques en sont la preuve. Selon les responsables provinciaux, le problème semble être une méconnaissance du service, contre laquelle une campagne de sensibilisation pourrait être menée.

Parallèlement, d’autres initiatives voient le jour. C’est ainsi que le Conseil provincial des jeunes de la Province de Luxembourg, particulièrement sensibilisé par la problématique, a mis sur pied un projet en créant une Semaine contre le harcèlement.

Cette initiative sera menée fin octobre dans cinq écoles de la province et vise à proposer aux étudiants des représentations théâtrales et des ateliers-débats sur le sujet, dans le but d’informer, mais aussi de susciter la réflexion.

Cette expérience a été l’occasion de mettre en place une série de partenariats avec les acteurs de terrain tels que les AMO, les centres PMS ou les services de police. Toutes les autres écoles du territoire provincial auront ensuite l’occasion d’accueillir une représentation du spectacle de la compagnie Alvéole Théâtre consacré à ce sujet d’actualité.

Monsieur le Ministre, quel est votre sentiment quant à cette problématique spécifique aux zones rurales, notamment en ce qui concerne l’accessibilité à différents services ? Les associations actives sur place vous ont-elles déjà fait part de cette difficulté d’approche des jeunes dans les régions rurales ? Pouvez-vous déjà m’apporter quelques éléments de réponses à ce sujet ?

Pouvez-vous accorder votre soutien à des initiatives telles que celles mises en place par le

Conseil provincial des jeunes de la Province de Luxembourg ? Des initiatives du même type ont-elles été prises ? Quels enseignements peut-on en tirer ?

Une plateforme visant à partager des expériences similaires pourrait-elle être mise en place au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles.

– Je vous remercie, Monsieur le Député, pour votre question qui permet de mettre l’accent sur le travail des services d’Aide à la jeunesse dans les régions plus rurales.

Vous savez combien je suis attentif à ces questions. En ce qui concerne le service Écoute enfants, le 103, je suis conscient qu’un travail de communication doit être réalisé pour que ce service soit mieux connu des jeunes. Comme vous pouvez vous en douter, je me suis à ce titre associé à la conférence de presse qui était le point de départ d’une campagne de communication grand public sur ce service. Plus globalement, il est vrai que les services qui travaillent en milieu rural doivent développer d’autres approches pour leur public pour tenir compte, notamment, de la question de la mobilité.

Il s’agit pour ces services, plus que pour d’autres, d’aller à la rencontre des jeunes et des familles. Lors de mes visites dans les services en province de Luxembourg, j’ai pu constater qu’il existe une véritable tradition de travail à l’échelle provinciale en ce qui concerne tant les SAJ et les SPJ que les services agréés.

Je ne peux que m’en réjouir. Ces collaborations à l’échelle provinciale démontrent que les services qui œuvrent dans le Luxembourg connaissent les particularités de leur territoire et développent des méthodologies adaptées à cette réalité.

Vous mentionnez l’initiative du Conseil provincial des jeunes de la Province de Luxembourg autour de la question du harcèlement à l’école. Cette initiative menée en partenariat ne peut que renforcer les liens entre les différents acteurs concernés. Des services AMO (Aide en milieu ouvert) agréés par l’Aide à la jeunesse participent d’ailleurs à cette action. Je ne peux que me féliciter de cette collaboration entre le monde de l’enseignement et celui de l’aide à la jeunesse.

Le travail de prévention est fondamental dans le cadre scolaire notamment pour prévenir le décrochage et le harcèlement.

Vous m’interrogez également sur d’autres types d’initiatives développées en milieu rural.

Sachez que je soutiens par exemple un projet du Conseil d’arrondissement de l’Aide à la jeunesse de Marche-en-Famenne intitulé « L’école, chacun y a sa place ». Ce projet, porté par le service AMO Mic-Ados, consiste en une série d’animations dans différentes écoles de l’arrondissement en collaboration avec l’Université de Mons, notamment sur la thématique du respect.

De son côté, le Conseil d’arrondissement de l’Aide à la jeunesse de Neufchâteau développe depuis plusieurs années des projets en partenariat avec différentes communes et différents CPAS de l’arrondissement, comme Tellin , Bertogne , Bouillon ou Saint-Hubert.

Enfin, je citerai un projet mené avec la province de Luxembourg sur le thème de la séparation parentale. Ce projet a débouché sur la diffusion d’une brochure à destination du grand public sur la souffrance des enfants pris en otage lors de séparations parentales conflictuelles.

Ces exemples illustrent à souhait l’ardeur des acteurs qui œuvrent dans votre belle province.

M. Yves Evrard (MR).

– Monsieur le Ministre, je m’en tiendrai à deux réflexions. En ce qui concerne le numéro 103, il faut prendre en effet des initiatives pour que ce service soit davantage connu : ces 2 % d’appels venant de la province de Luxembourg ne correspondent pas du tout à la réalité de terrain.

Quant à la sensibilisation, pourquoi ne pas veiller à travailler avec les communes, notamment à travers les bulletins communaux, qui sont encore relativement lus par les jeunes et sont en tout cas accessibles ? Vous évoquez la nécessité, notamment en zone rurale, d’évaluer d’autres méthodes d’approche et d’autres moyens d’atteindre ces jeunes.

À partir du moment où, sur l’ensemble du territoire de la Communauté française, on débloque des moyens de manière proportionnelle, il faut tenir compte du facteur déplacement qui oblige la population, en tout cas en zone rurale, à faire face notamment à la problématique de la mobilité.

Je vous remercie pour votre réponse, Monsieur le Ministre, et j’attire votre attention sur la nécessité d’obtenir un feedback sur ces initiatives.

Comme vous l’avez rappelé, de nombreux acteurs interviennent. Il vous appartient de retirer la quintessence de leurs actions pour assurer des lignes directrices concrètes dans les années à venir pour combattre ce phénomène.

Cric 11-10-2016




Source : http://parlement.wallonie.be