Etude réalisée par la Ligue des Familles sur l'usage et la maitrise d'internet par les femmes
25 octobre 2016

Question de M. Yves Evrard à M me Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée « Étude réalisée par la Ligue des familles portant sur l’usage et la maîtrise d’internet par les femmes ».

M. Yves Evrard (MR).

– Madame la Ministre, selon une enquête réalisée par la Ligue des familles et la Gezinsbond

dans le cadre de la semaine du numérique, les femmes seraient plus démunies face à l’utilisation d’internet ou d’un ordinateur.

D’après cette étude, seule une femme sur trois est capable de remplir sa déclaration fiscaleen ligne. Les femmes ont également plus de mal à remplir sur internet divers formulaires administratifs comme, par exemple, ceux destinés à recevoir les allocations familiales : une large majorité –56 % – en est incapable.

Plus de la moitié des femmes – 56 % – reconnaissent être incapables de sécuriser leurs données contre la fraude en ligne, alors que ce problème ne semble affecter que 42 % des hommes. Une des raisons expliquant cette situation serait la répartition des charges du ménage. Cette situation crée dès lors un risque supplémentaire de difficultés pour les femmes en cas de séparation du couple. Je pense surtout aux familles monoparentales.

Madame la Ministre, partagez-vous le constat établi par la Ligue des familles ? Avez-vous déjà été sensibilisée à la question ou alertée par les associations qui accompagnent les femmes en difficulté ? Envisagez-vous des mesures pour rééquilibrer la situation ?

Les espaces publics numériques proposent-ils des formations spécifiques ? Dans quelle mesure la situation migratoire actuelle, avec l’arrivée de femmes allochtones, explique-t-elle ce déséquilibre ?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

– L’édition 2016 de la Semaine numérique s’est tenue toute la semaine dernière en Wallonie et à Bruxelles. À cette occasion, la Ligue des familles a effectivement publié une enquête sur la fracture digitale, dont il ressort que les femmes y sont effectivement plus exposées.

D’autres catégories de personnes éprouvent également des difficultés à l’usage d’internet, notamment les personnes plus âgées et les familles sans enfants.

Comme vous le savez, de nombreuses mesures sont déjà adoptées pour lutter contre la fracture numérique.

Certaines bibliothèques et les espaces publics numériques dispensent des formations à l’usage d’internet pour tout public. Vu l’offre existante, y compris au sein de certains mouvements de femmes, il est donc plus pertinent de motiver les femmes à participer à ces ateliers que de les décliner de manière spécifique. Beaucoup d’associations y travaillent dans le cadre de leurs actions contre toutes les inégalités qui touchent les femmes.

Cependant, depuis le début de cette législature, j’ai soutenu divers projets relatifs à l’usage de l’informatique ciblant les femmes, comme celui d’Interface3 intitulé «Egali’Web», en 2015. Lors de ce projet, plusieurs groupes de femmes précarisées ont développé des pages Web qui exposent leur vision de l’égalité femmes-hommes au travail.

En 2016, un nouveau projet porté par Interface3. Namur, intitulé Mon carnet pratique pour plus de mixité dans les métiers de l’informatique, est soutenu en collaboration avec le ministre Jean-Claude Marcourt au titre de ses compétences wallonnes en matière de numérique.

En mars dernier, un appel à projets a également été lancé par Jean-Claude Marcourt sur les femmes, l’entrepreneuriat et le numérique. L’objectif était aussi de former et d’accompagner les entrepreneures actives dans des secteurs traditionnels à faire un usage efficient des outils numériques et à détecter les opportunités qu’ils suggèrent.

Enfin, concernant la situation migratoire, je ne considère pas qu’il y ait un lien systématique entre la fracture numérique et ces femmes. Nombre d’entre elles ont fui un pays dans lequel elles bénéficiaient d’une situation sociale plutôt aisée et où l’usage d’internet et des nouvelles technologies est parfois bien connu.

M. Yves Evrard (MR).

– On ne peut pas considérer ces chiffres comme alarmistes. Ils traduisent des différences sur lesquelles il vous appartient de travailler de manière à les corriger. Vous évoquiez différents plans et j’espère qu’ils permettront de résorber le retard statistique en défaveur des femmes.

Ne pas le faire risquerait d’alimenter le cliché voulant que la compétence des femmes soit moindre, avec une incidence sur leurs salaires. Par ailleurs, on se demande parfois si, plus que l’utilisation de l’ordinateur, ce n’est pas la complexité des formulaires et des applications en ligne qui les rend incompréhensibles.

PFWB 25-10-2016




Source : http://parlement.wallonie.be