Cours de français à destination des imams et les formations en droit et sociologie organisés en enseignement de promotion sociale
17 novembre 2016

1.2 Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée « Cours de français à destination des imams et les formations en droit et sociologie organisés en enseignement de promotion sociale ».

M. Yves Evrard (MR).

– En mai dernier, votre collègue de l’Enseignement supérieur, le ministre Marcourt, annonçait l’organisation de cours de français pour les imams et dégageait un budget à cet effet. On constatait en effet qu’un certain nombre d’imams ne maîtrisaient pas du tout ou pas suffisamment la langue française et prêchaient encore dans une langue étrangère, ce qui peut inquiéter, par les temps qui courent car, dans notre société, la langue doit constituer un dénominateur commun transcendant les convictions religieuses.

Parallèlement, en bonne collaboration avec l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), il a été prévu de créer un Institut de développement des formations sur l’islam afin de soutenir et de fédérer les différents acteurs pour améliorer le vivre ensemble et le dialogue interculturel entre les communautés.

Dans ce contexte, des modules de cours de français ont été organisés pour les imams à Bruxelles dès la rentrée académique de 2016 via l’enseignement de promotion sociale. Madame la Ministre, le lancement de ces cours de français s’est-il bien déroulé ? Où ces formations s’organisent-elles ?

J’imagine que c’est principalement en région bruxelloise, mais les cours sont-ils aussi prévus dans d’autres grandes villes ? La possibilité d’inclure des modules de formation au droit et à la sociologie avait été évoquée pour les conseillers islamiques. Sont-ils également organisés ou est-ce pour bientôt ? Combien d’imams s’y sont-ils inscrits ?

J’imagine que cette formation n’est pas obligatoire. Avez-vous des informations sur le nombre de personnes qui la suivent ? Enfin, une évaluation de la mesure estelle prévue avec votre collègue, M. Marcourt ? Si oui, dans quel délai ?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

– L’enseignement de promotion sociale a effectivement été sollicité pour organiser les formations des imams et des conseillers islamiques. Cela s’explique par le rôle essentiel de l’enseignement de promotion sociale dans la formation continue des personnes et le développement de la citoyenneté, mais aussi pour sa capacité reconnue à répondre rapidement à des besoins sociaux, en proposant des méthodes pédagogiques adaptées.

Des cours de français sont organisés depuis le début du mois d’octobre dernier à destination des imams. Au préalable, ceux-ci ont fait l’objet d’un test diagnostique en vue d’évaluer leur niveau en langue française et ainsi de déterminer les unités d’enseignement les mieux adaptées à leur niveau d’entrée.

Trente-six imams répartis en trois groupes suivent ces cours au rythme d’une séance de cinq périodes par semaine. Au total, deux unités d’enseignement de 40 périodes chacune sont actuellement prévues pour chacun de ces groupes.

Les cours se donnent dans les locaux du ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles. À l’heure actuelle, en accord avec les responsables de l’Exécutif des musulmans de Belgique, il n’est pas prévu, à ce stade en tout cas, de décentraliser ces formations. Le projet consistant à mieux outiller les conseillers islamiques dans les domaines de l’accompagnement civil et de l’accompagnement social a également démarré en octobre dernier.

Trois dossiers pédagogiques ont été créés dans cette perspective, avec l’objectif de permettre à ces conseillers de renforcer leurs compétences et leurs techniques en matière de communication, de psychologie, de médiation ou encore de droit pénal. Complémentairement, il s’agira de nourrir chez eux une attitude réflexive quant à leur positionnement d’intervenant.

Ces modules de perfectionnement sont suivis par seize personnes au rythme de trois périodes par semaine et se donnent au même endroit que les cours de français pour les imams. Une évaluation des deux projets sera réalisée dans le courant du mois de mars 2017 avec mon collègue, Jean-Claude Marcourt.

M. Yves Evrard (MR).

– Madame la Ministre, je vous remercie pour cette réponse et je vous félicite pour cette initiative que nous soutenons parfaitement, car elle est en quelque sorte le gage d’un vivre ensemble bien nécessaire aujourd’hui.

La question est de savoir, par exemple, si le nombre de 36 imams est significatif ou s’ils constituent un groupe relativement marginal. De la même manière, j’ignore si 90 % des imams connaissent ou maîtrisent parfaitement la langue fran- çaise.

Dans ces domaines, l’évaluation est nécessaire, notamment pour savoir si les mesures prises sont suffisantes. Ainsi, s’il devait apparaître que 50 % des imams sont inaptes à parler le français, cette information serait très significative.

J’attire donc votre attention sur la nécessité de disposer de données qui permettent de relativiser le phénomène et l’engouement éventuel. (Mme Clotilde Leal-Lopez prend la présidence de l’assemblée)




Source : http://parlement.wallonie.be