La plateforme multimodale de Marche
07 décembre 2016

La plateforme multimodale de Marche-en-Famenne

  • Session : 2016-2017
  • Année : 2016
  • N° : 235 (2016-2017) 1
  • Question écrite du 22/11/2016
    • de EVRARD Yves
    • à PREVOT Maxime, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l'Action sociale et du Patrimoine


A Marche-en-Famenne, le projet d’une plateforme multimodale située au cœur de la bretelle d’accès à la RN 4 en direction de Bastogne (rond-point de la Pirire) est en cours de finalisation depuis plusieurs années.

A l’origine, cette plate-forme était destinée à accueillir les poids lourds. Aujourd’hui, des blocs en béton en interdisent l’accès.

La Région wallonne, propriétaire des lieux, a chargé la SOFICO de la gestion du site.

De manière surprenante, en 2015, la SOFICO conseille de modifier l’affectation des lieux en invoquant des risques de criminalité et d’insalubrité liés notamment à une concentration de poids lourds à cet endroit.

Ce risque - pour autant qu’il soit démontré - était sans doute bien connu à l’origine de la rédaction du dossier.

Suite à ce constat, est alors apparue l’idée d’y implanter un hôtel.

Monsieur le Ministre peut-il faire le point sur ce dossier  ?

Quel a été le coût total de cette infrastructure  pour la Région wallonne ? A combien se sont élevés les subsides de ce projet  ? S’agissait-il de fonds européens  ?

Dans l’affirmative, aujourd’hui que l’affectation primaire n’est plus rencontrée, a-t-il l’assurance de ne pas devoir les rembourser  ?

A l’heure actuelle, quelle affectation définitive est-elle finalement prévue pour cet endroit ?

Des accords ont-ils été conclus entre la Ville de Marche et la SOFICO et/ou la Région wallonne quant à l’avenir futur du projet  ? Selon quels termes  ?

Cela signifie-t-il que le diagnostic qui avait conduit à l’époque à la mise en place d’une plateforme multimodale ne correspond plus à la réalité du terrain ?

  • Réponse du 07/12/2016
    • de PREVOT Maxime


L’aménagement de la plateforme multimodale, dont le coût a avoisiné 1.000.000 euros TVAC, s'inscrivait dans les travaux plus larges de réaménagement du Boulevard urbain de Marche-en-Famenne, l'ensemble étant financé avec soutien du FEDER, pour un montant total de 5.500.000 euros TVAC.

Ces travaux ne couvraient que l'infrastructure de la plateforme, à savoir son revêtement et la sécurisation primaire par clôture. Il était convenu dans la fiche FEDER de pourvoir à son équipement ultérieurement. À l'époque, la Région s’est orientée vers un parking sécurisé permettant de regrouper les poids lourds dispersés sur l'entité.

Entretemps, il s’avère que les parkings sécurisés ont montré leurs limites. En effet, l’intérêt des professionnels pour ce type d'aménagement a priori payant et ne comportant pas de commodités est plus que limité.

Suite à l'occupation anarchique du parking, il a été convenu en collaboration avec la ville de Marche de fermer provisoirement celui-ci et d'envisager une offre de services plus complète. C'est dans ce cadre que la SOFICO et la Direction de l'Urbanisme ont été sollicitées.

Le terrain concerné appartient en effet, depuis 2010, au domaine sur lequel la SOFICO bénéficie d’un droit d’emphytéose, en tant que gestionnaire du Réseau structurant dont relèvent la N4 et ses dépendances, et qu’elle est chargée d’exploiter.

Après analyse de la situation, la SOFICO a opté pour une mise en concession, en devant s’assurer que le projet mis en place soit économiquement équilibré. L’exploitation de stations-services est généralement envisagée, principalement sur autoroute, pour atteindre l’objectif recherché. Toutefois, elle ne pouvait être retenue ici vu la proximité de points de distribution de carburant déjà existants. C’est donc vers l’option alternative de la construction d’un hôtel, pouvant offrir gratuitement les mêmes services sanitaires, que la SOFICO s’est tournée.

À ce stade, l’appel à candidatures a été lancé et a suscité l’intérêt d’entreprises d’hôtellerie. L’étape suivante consistera à rédiger un cahier des charges et à le transmettre aux candidats sélectionnés afin qu’ils remettent une offre. Le cahier des charges devrait être validé par le Conseil d’Administration de la SOFICO début 2017. Les candidats seront mis en concurrence sur la base de critères qui seront fixés dans le cahier des charges, parmi lesquels figurera la redevance qu’ils proposent de verser à la SOFICO.

La présence d’un hôtel est tout à fait compatible avec l’affectation d’origine. Elle améliorera même l’attractivité du site – ainsi, l’appel à candidatures prévoit que des commodités (WC et douches) devront être accessibles aux autres usagers du site – et contribuera à renforcer la sécurité.

Si la construction d’un hôtel devait se concrétiser, cet établissement n’occupera cependant qu’une partie du site. La plus grande partie de l’espace restera donc disponible pour le stationnement des poids lourds et de véhicules légers aux abords.

Les crédits FEDER obtenus n’ont donc aucune raison d’être remis en cause puisque le projet d’établissement d’un hôtel, avec installations sanitaires dédicacées au parking poids lourds, apporte au contraire une plus-value à cet espace, sans remettre en cause son affectation primaire. Le caractère intermodal de la plateforme s’en trouvera même renforcé par des possibilités éventuelles d’écovoiturage, de correspondance de bus vers les aéroports régionaux, d’arrêt de bus de lignes TEC et de mobilité douce notamment.




Source : http://parlement.wallonie.be