La lutte contre les plantes invasives.
03 janvier 2017

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. COLLIN, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA RURALITÉ, DU TOURISME ET DES AÉROPORTS, DÉLÉGUÉ À LA REPRÉSENTATION À LA GRANDE RÉGION, SUR « LA LUTTE CONTRE LES PLANTES INVASIVES »

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, le dossier de la lutte contre les plantes invasives est amené à évoluer constamment, on le voit d'ailleurs avec l'apparition d'une nouvelle espèce considérée comme nuisible, l'hydrocotyle ou la fausse renoncule.

On sait que récemment l'Europe a publié un nouveau règlement en la matière, en reprenant toute une série de listes d'espèces exotiques envahissantes et nouveautés, ainsi qu'une liste des sanctions éventuelles à leur introduction. Ce n'est pas la première fois, Monsieur le Ministre, que vous êtes interrogé sur la question, puisque, en octobre dernier, vous annonciez un complément de budget entre 200 000 et 500 000 euros pour parfaire le plan d'action qui est mis en place, qui sera mis en place dès 2017.

C'est maintenant. Vous avez notamment chargé la cellule Espèces invasives du SPW de déterminer les critères visant à identifier les différents sites où les actions seront prioritaires et de mener une évaluation de ces actions, notamment en termes de budget.

Monsieur le Ministre, à combien se monte précisément ce complément de budget ? Quelle est l'allocation budgétaire dans laquelle s'inscrit ce complément ?

Quelles sont les avancées dans ce dossier ? Quels sont les critères déterminés pour identifier les sites ? Existe-t-il un état des lieux, une cartographie à l'heure actuelle des différents sites qui sont visés ?

Spécifiquement également, comment souhaitez-vous appréhender la lutte contre la nouvelle espèce que je viens de citer, comme la fausse renoncule ? On le sait, cette problématique est complexe et l'on doit agir vite sous peine d'être rapidement débordé.

C'est l'occasion aussi de vous interroger en ce qui concerne la recherche. En matière de recherche, y a-t-il de nouveaux programmes prévus pour permettre l'éradication de certaines plantes et améliorer l'efficacité de la lutte ? Parallèlement, avez-vous une évaluation des actions posées en 2015 et 2016, avec évaluation en termes de résultats ?

Selon l’analyse de votre service, les budgets issus des différentes allocations budgétaires, complément y compris, pour la lutte contre les plantes invasives, seront-ils suffisants à vos yeux pour couvrir efficacement les actions à mener ?

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région.

Monsieur le Député, la Cellule interdépartementale Espèces invasives, la CiEi – je réutiliserai le sigle – du SPW vient de finaliser une cartographie détaillée de la distribution wallonne des 37 espèces exotiques envahissantes, préoccupantes pour l'Union européenne.

Fort heureusement, on constate sur cette base que la plupart de ces espèces sont encore absentes ou peu présentes sur le territoire wallon. Cette cartographie a permis d'identifier les espèces émergentes qui, à l'instar de l'hydrocotyle fausse renoncule, du frelon asiatique ou du ragondin, doivent faire l'objet d'actions de lutte prioritaires.

Sur base de différents critères tels que leur éventuel statut de protection, leur configuration, le risque d'invasion secondaire ou la possibilité de développer une collaboration efficace avec les gestionnaires attitrés, la CiEi est occupée à identifier un ensemble de sites pilote sur lesquels différentes méthodes de lutte seront testées en 2017.

Les experts du nouveau Conseil scientifique national des espèces exotiques envahissantes sont en passe d'identifier les bonnes pratiques de lutte pour chaque organisme, sur base d'une analyse de la littérature scientifique.

Ce sont ces pratiques qui seront précisément testées sur le terrain dans les sites pilotes précités, sous la supervision de la CiEi. Il n'est donc pas nécessaire, à ce stade, de développer un nouveau programme de recherche pour affiner les méthodes d'éradication.

En conclusion, je peux donc confirmer que les moyens budgétaires seront disponibles pour cette première étape dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes et feront face aux principales obligations du Règlement européen.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Evrard. M.

Evrard (MR). - Merci, Monsieur le Ministre, pour la manière dont vous allez vous y prendre, notamment à travers, comme vous l'avez dit, la CiEi. J'avais aussi une question qui avait trait évidemment au budget.

Cela fait déjà l'une ou l'autre reprise où on vous interroge sur cette question budgétaire. Je crois qu'il serait intéressant de voir et de bien cerner, même si vous avez souvent répété qu'il s'agit de budgets transversaux, d'essayer de cibler les montants dédiés à cette lutte.

Même si on est aujourd'hui dans un état d'esprit en mode « zéro phyto », je crois qu'il est utile aussi de calculer le coût et l'efficacité des luttes qui sont menées actuellement, de manière, comme vous l'avez dit, à mettre en évidence les bonnes pratiques, mais aussi relativement aux budgets qui y sont consacrés.

Il est clair que si on peut utiliser une technique qui est plus rapide, peut-être plus ciblée et qui coûte moins cher, c'est celle-là qui devra être privilégiée.

Crac 03-01-2017 PW




Source : http://parlement.wallonie.be