Le hackathon So féminin So TIC et l'&état des lieux de l'entrepreneuriat féminin
20 janvier 2017

Marcourt, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de l'Innovation et du Numérique, sur « le hackathon « so féminin So TIC » et l'état des lieux de entrepreneuriat féminin »

M. le Président. - L'ordre du jour appelle la question orale de M. Evrard à M. Marcourt, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de l'Innovation et du Numérique, sur « le hackathon « so féminin So TIC » et l'état des lieux de l’entrepreneuriat féminin ».

La parole est à M. Evrard pour poser sa question.

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, l’entrepreneuriat féminin fait parler de lui.

Voici quelques jours a eu lieu à Bruxelles le hackathon « So féminin, So TIC », dont l’objectif est d’encourager les femmes à s’investir dans l’entrepreneuriat numérique.

Commandé par la région bruxelloise, un baromètre de l'entrepreneuriat féminin vient d’être publié il y a quelques semaines. Il indique que Bruxelles et, plus globalement, la Belgique sont à la traîne dans le domaine. Le taux d'entrepreneuriat féminin pour la Belgique se situe sous la moyenne européenne : respectivement de 3,1 % au lieu de 5,5 % au niveau européen.

De son côté, Mme la Ministre Simonis, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a financé voici quelques semaines une étude « WeStart » qui dresse une cartographie de l’entrepreneuriat des femmes dans le domaine de l’économie sociale.

Ces différentes initiatives ont pour but de permettre d’élaborer des actions politiques pour encourager les avancées en vue d’une économie plus égalitaire. J'imagine que, comme moi, vous partagez cet objectif.

En juin dernier, vous nous indiquiez avoir chargé votre cabinet de former un groupe de travail en collaboration avec l’AEI et l’Agence du Numérique sur le thème de la gestion de la diversité et de l’inclusion en entreprises.

Une série de recommandations sur le sujet a été émise et des contacts devaient ensuite être pris dès la rentrée 2016 entre les cabinets respectifs dans le but de dresser et de poser de manière efficace les premières balises conjointes sur ce dossier. Je voulais faire le point avec vous, Monsieur le Ministre.

Ces rencontres ont-elles eu lieu  ? Votre collègue bruxellois a-t-il également participé à ces échanges  ? Quelle est la place de l’entrepreneuriat féminin dans le secteur du numérique en Wallonie ?

Je voulais profiter de cette question pour faire le point sur les avancées et les actions concrètes qui sont prises en concertation avec vos collègues des autres niveaux de pouvoir.

M. le Président. - La parole est à M. le Ministre Marcourt.

M. Marcourt, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de l'Innovation et du Numérique. - Monsieur le Député, j'ai effectivement confié à mon cabinet, en collaboration avec l'AEI et l'ADN, l'organisation d'une séance de travail sur le thème « Gestion de la diversité et de l'inclusion en entreprise » réunissant des experts du monde académique, du monde de l'entreprise, des administrations, ainsi que des représentants issus des divers groupes qui sont actuellement confrontés à des problèmes de genre au niveau de leur entreprise.

L'objectif de cette séance de travail était de mettre en lumière les problèmes constatés sur le terrain dans une logique bottom-up et d'apporter des solutions à la réalité multi facette des problèmes de genre rencontrés au sein de nos entreprises. Une série de recommandations des acteurs de terrain m'a été remise sur le sujet.

Sur cette base, j'ai chargé mon cabinet de prendre tous les contacts nécessaires avec le cabinet de Mme la Ministre Simonis, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en charge de la question du droit des femmes et de l'égalité des chances.

Le but est de croiser et sélectionner les différentes recommandations prioritaires issues des rapports respectifs qui nous ont été remis. Dans la foulée, Mme la Ministre Simonis a financé une étude « WeStart » parue le 25 octobre 2016.

Cette étude dresse une cartographie de l'entrepreneuriat des femmes dans le domaine de l'économie sociale.

Une matinée de travail a eu lieu mardi entre nos deux équipes. Une autre réunion aura lieu la semaine prochaine et entérinera définitivement cinq recommandations prioritaires communes issues de nos rapports respectifs. Cette séance de travail sera également la réunion de kick off dans laquelle nos conseillers identifieront tous les contacts à prendre avec l'ensemble des acteurs concernés par la mise en œuvre de ces recommandations.

L'ADN m'a informé qu'un état des lieux des start-up européennes a été présenté à Berlin l'année dernière, lors de l'événement European Start-Up Monitor. C'est un fait, seulement 15 % des fondateurs de start-up sont des femmes. En Belgique et en Wallonie, le chiffre serait même légèrement inférieur. Or, il est démontré, notamment dans une étude de la Fondation européenne d'études progressistes, parue en 2014, qu'accroître la présence des femmes dans le secteur de l'économie numérique en Europe permettrait d'augmenter significativement le PIB de l'Union. Je suis donc convaincu que le soutien à l'entrepreneuriat féminin est une opportunité incontournable et nécessaire pour renforcer notre tissu socio-économique.

Pour tenter de faire évoluer la faible inclusion des femmes dans les filières de formation et les métiers du numérique, mes collaborateurs mettent en place les mesures et initiatives préconisées par les acteurs de terrain, dont des campagnes de communication axées sur la présentation des études et des métiers du numérique. C'est d'ailleurs l'une des trois mesures prioritaires retenues à l'issue des groupes de travail qui se sont déroulés. Ces campagnes de communication seront lancées en 2017 ; mes équipes travaillent avec l'ADN et l'AEI sur la meilleure manière de les mettre en œuvre afin de sensibiliser largement le public cible.

La mise sur pied d'un hackathon numérique en Wallonie est une initiative intéressante qui s'inscrit parfaitement dans la démarche initiée.

Le retour de l'expérience bruxelloise « So féminin so TIC » révèle que plus de 60 % des 52 participants furent des femmes. Elles avaient des profils bigarrés : juristes, enseignantes, spécialistes en marketing ou en ressources humaines. Tout comme dans la réalité de terrain, parmi les femmes présentes à cet événement, beaucoup sont issues de filières non numériques. Cela témoigne donc parfaitement de l'intérêt des femmes pour le numérique.

En outre, la nature des quatre projets retenus dans le cadre de l'initiative bruxelloise révèle que les femmes sont plus enclines à porter des projets dans les domaines du social, de la santé et de la médecine.

Cela confirme également une des trois recommandations prioritaires contenues dans le rapport « Gender » qui m'a été remis et qui préconise que la pensée informatique, algorithmique et numérique doit être enseignée très tôt dans le cursus scolaire pour que nos jeunes – et particulièrement les filles – aient confiance en leur capacité d'occuper des emplois liés au numérique.

M. le Président. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Merci, Monsieur le Ministre. C'est une réponse qui me satisfait, on sent qu'il y a des initiatives. J'ai moins entendu le côté synergie avec vos collègues, mais en tout cas, on sent qu'il y a manifestement du travail de fond qui est élaboré et qu'il portera ses fruits. Je terminerai en boutade : on a beaucoup parlé ces derniers temps de prestation à la minute, le nombre de mots à la minute dans votre réponse était assez impressionnant. Je vois aussi que vous maniez bien la langue de Shakespeare. On dit parfois que le Fédéral utilise beaucoup de termes anglais, j'en ai retrouvé dans votre réponse et donc j'en suis satisfait

Crac 20-01-2017 PW




Source : http://parlement.wallonie.be