Installation d’appareils alcootest dans les établissements fréquentés par les jeunes
10 janvier 2017

Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée : «Installation d’appareils alcootest dans les établissements fréquentés par les jeunes»

M. Yves Evrard (MR).

– En me rendant en Allemagne, j’ai constaté que des appareils alcootest étaient installés dans les lieux publics. Dans ce cas précis, il s’agissait d’un restaurant. L’on pourrait concevoir d’installer des dispositifs de mesure du taux d’alcoolémie dans des lieux comme les toilettes publiques ou dans des établissements comme les restaurants.

L’objectif est de permettre à chacun d’évaluer, de manière volontaire et en toute discrétion, son état d’imprégnation alcoolique et sa capacité à reprendre la route. Dans le restaurant où j’étais, il suffisait de mettre quelques centimes dans l’appareil pour connaître son état d’ébriété.

J’avoue ne pas avoir personnellement évalué ni vérifié l’efficacité du dispositif, mais cela semble en tout cas intéressant, notamment pour les jeunes qui sont amenés à reprendre le volant.

On sait que lors de grands rassemblements, comme cela se fait en en Province de Luxembourg et sans doute aussi ailleurs, des actions à destination des jeunes sont coordonnées par la police ou les associations comme les Responsible Young Drivers, pour organiser régulièrement des tests «grand public» pour lesquels des alcootests sont mis à la disposition des participants.

L’idée semble intéressante et mériterait que l’on s’y attarde. C’est l’objet de ma question. Ne pourrait-on envisager de systématiser cette démarche des alcootests afin d’en faire un réflexe conditionné ou tout au moins afin d’améliorer la conscientisation du jeune face aux risques que peut provoquer l’absorption d’alcool ? Même si beaucoup de choses sont déjà faites, ce serait peut-être un élément supplémentaire.

Madame la Ministre, ce genre de dispositifs n’est finalement pas très volumineux. L’appareil a la taille d’une boîte à chaussures. Des pailles sont mises à disposition. L’utilisateur met une pièce, souffle dans sa paille et un indicateur affiche le taux d’alcool dans le sang. Ce test permet une véritable prise de conscience. Étiez-vous au courant de l’existence de ce type d’appareil ?

Pensez-vous qu’il soit possible d’envisager la généralisation de ces appareils dans différents endroits, privés ou publics, quitte à prévoir des mécanismes d’aide notamment pour les établissements privés qui souhaiteraient mettre en place un tel dispositif ?

Que penseriez-vous en tout cas de l’idée de se renseigner dans les pays voisins sur l’efficacité de dispositifs de ce genre et de leur utilisation régulière par les jeunes ?

Je souhaiterais connaître l’avis de Madame la Ministre sur la question.

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

– Merci, Monsieur le Député, pour votre question. Comme vous, je pense que la consommation excessive d’alcool est un fléau qu’il est important de combattre, en particulier chez les jeunes, mais pas uniquement.

Cependant, les modes d’action des associations du secteur de la jeunesse s’appuient davantage sur la responsabilisation et l’éducation à une consommation et une attitude responsables.

Certaines associations du secteur de la jeunesse développent d’ailleurs des actions en ce sens. Je citerai par exemple la plateforme Jeunes, alcool et société, qui rassemble une douzaine d’associations des secteurs de la santé, de l’éducation et de la jeunesse, mais aussi Latitude Jeunes, qui fait de la prévention par les pairs et en milieu festif, puisque vous évoquiez des moments de rassemblement des jeunes.

Si les niveaux de pouvoir compétents souhaitent prendre l’initiative de compléter ces actions en finançant l’installation d’alcootests dans les structures de jeunesse, je suis évidemment ouverte à y collaborer en apportant l’expertise du secteur. Il conviendrait en effet que pareil projet soit pensé en cohérence avec les objectifs et les modes d’action des opérateurs de terrain, ce qui ne me semble pas impossible.

Par ailleurs, je tiens à souligner que le public à sensibiliser, comme je l’ai dit en début de ré- ponse, est plus large que la population jeune. Il est sans doute bon de le rappeler en cette période de vœux. Pour traiter cette problématique avec cohé- rence, il est à mon sens nécessaire de mener une politique globale et coordonnée entre les niveaux de pouvoir.

À cet égard, je ne peux que regretter que le plan alcool piloté par la ministre fédérale de la Santé n’ait pas encore pu aboutir.

M. Yves Evrard (MR).

– J’entends dans votre réponse que vous ne connaissez pas non plus le dispositif. Pour ma part, je l’ai découvert il y a quelque temps. Je vous invite vraiment, et je ferai de même de mon côté, à essayer d’e

En effet, même s’il y a déjà des choses qui se font dans ce domaine comme vous l’expliquez, je crois que plus on en fait et mieux c’est. On n’en fait jamais assez.

Il est vrai que ma question était focalisée sur les jeunes, mais cela nous concerne en fait tous, que l’on soit jeune ou moins jeune. L’actualité récente nous a encore démontré qu’un accident pend au nez de tout le monde, sauf peut-être pour ceux qui ne boivent que de l’eau.

Nous sommes d’accord sur ce point. On se pose parfois des questions, mais on se rassure en se disant que l’on est juste à la limite ou que l’on se sent encore très bien pour conduire. On a évidemment alors un avis qui n’est plus objectif, qui n’est plus cartésien.

Ce genre de dispositif permettrait de clarifier les choses. Si quelqu’un a l’occasion de l’utiliser quatre ou cinq fois, il va selon moi changer sa norme personnelle. On connaît les grands concepts du type «un verre ça va, deux verres bonjour les dégâts», mais encore faut-il savoir quel type d’alcool que l’on consomme?

Par conséquent, dans la mesure où ces dispositifs sont fiables sans être très onéreux – cet aspect mérite évidemment d’être vérifié –, ils constitueraient un outil supplémentaire efficace pour lutter contre l’alcoolisme, principalement l’alcool au volant.

CRIc No 49-Ens prom7 (2016-2017)




Source : http://parlement.wallonie.be