« Cohérence entre les numéros d’écoute pour violences en Région wallonne et en Fédération Wallonie Bruxelles ».
14 mars 2017

Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée « Cohérence entre les numéros d’écoute pour violences en Région wallonne et en Fédération Wallonie Bruxelles ».

M. Yves Evrard (MR).

– Le ministre Prévot en charge de l’Action sociale en Région wallonne vient d’élargir la plage horaire de son numéro d’appel « Écoute violences conjugales » qui sera désormais accessible 24 heures sur 24.

Du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, votre collègue a également lancé une ligne téléphonique destinée aux victimes de violences sexuelles. Même si ces deux lignes téléphoniques ne couvrent pas totalement les mêmes spécificités, est-il vraiment judicieux d’avoir deux numéros d’appel ?

Les utilisateurs sont-ils capables de bien cerner les nuances et l’objet de ces deux outils différents ? Franchir le premier pas pour aller chercher de l’aide demande déjà un certain courage. Devoir être réorienté vers un autre numéro plus apte à donner une aide ou un conseil ne risque-t-il pas d’être un obstacle de trop à franchir ?

Une stratégie commune a-t-elle été envisagée ? Fait- elle l’objet de discussions entre les entités fédérées ? Pourquoi avoir deux numéros différents ? N’y a-t-il pas beaucoup à gagner en rassemblant ces deux numéros sous une même coupole ?

M. André Flahaut, ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative.

– Depuis 2009, les gouvernements de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Région wallonne et de la Commission communautaire française (COCOF) ont décidé de coordonner leurs actions et pour les inscrire dans un cadre commun permettant de combiner au mieux leurs compétences de prévention et de prise en charge des personnes victimes de violence.

Les différentes actions menées dans le cadre du Plan intrafrancophone de lutte contre les violences sexistes et intrafamiliales sont débattues au sein du comité de pilotage, composé des cabinets et des administrations des différentes entités. La cohérence entre les différentes lignes d’écoute y a été réfléchie.

Des gestionnaires des lignes d’écoute ont pu se rencontrer et leurs recommandations ont été entendues. Ainsi, ces lignes traitent chacune de problématiques spécifiques impliquant une expertise et un accompagnement propres à chacune des thématiques.

La ligne « Écoute violences conjugales » traite des situations de violence conjugale dans leur ensemble. Selon les retours des professionnels, le viol conjugal n’est jamais évoqué d’emblée.

Quand il apparaît, c’est généralement dans le cadre d’une dynamique plus complexe et plus générale du cycle de la violence conjugale qu’il y a lieu de le prendre en compte dans toutes ces données. Dans ces situations, la ligne « Écoute violences conjugales » propose une prise en charge psychosociale et juridique globale qui implique d’autres actions, par exemple la mise à l’écart de la victime du domicile ou encore la protection des enfants témoins.

La ligne d’écoute qui vient d’être mise en place en novembre dernier traite exclusivement des violences sexuelles. Selon les statistiques datant de février dernier, dans 91 % des cas, ces violences ont lieu en dehors de la sphère conjugale.

Cependant, lorsque le viol conjugal est abordé, c’est généralement que l’appelante a décidé d’affronter cette souffrance de manière prioritaire. L’ASBL SOS viol, qui gère cette ligne, travaille en réseau avec de multiples partenaires, à Bruxelles et en Wallonie, notamment dans le cadre d’une prise en charge plus globale de situations de violence conjugale, si cela s’avère nécessaire. Au vu de ces différents éléments, la coexistence des lignes apparaît totalement.

Je vous rejoins sur la nécessité d’une bonne coordination entre les acteurs et les services. Cette préoccupation me semble d’ailleurs pleinement prise en compte dans le cadre du travail que je viens de vous décrire.

M. Yves Evrard (MR).

– La question précédente abordait le problème du manque de coordination entre la Fédération et les Régions. Ici, il s’agit d’un problème entre les Régions et les Communautés.

Depuis 2009, il y aurait eu moyen de mieux se coordonner sur la question.

Même si le choix opéré a été justifié par des experts, dans la perspective de la transversalité entre différents niveaux de pouvoir et de la rationalisation des différents outils, il me semble plus judicieux de disposer d’un numéro unique - quitte à ce que l’appelant(e) soit ensuite réorienté(e) vers les services ad hoc – plutôt que de multiplier les outils.

CRIc No 76-Ens prom11 (2016-2017)




Source : http://parlement.wallonie.be