Le rôle des Espaces Wallonie dans la lutte contre la discrimination
25 avril 2017

Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée « Rôle des Espaces Wallonie dans la lutte contre la discrimination ».

M. Yves Evrard (MR).

– Madame la Ministre, je voulais faire avec vous le point sur le Protocole de collaboration conclu en 2009 entre le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme et la Wallonie, en parallèle avec l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.

Ce protocole prévoit la décentralisation des services du Centre vers des points de contact wallons. Ceux-ci ont été fondés en 2012, au sein des Espaces Wallonie. Ces espaces proposent un accueil et une information sur différents sujets comme le logement, l’énergie ou la fiscalité. Ils sont également compétents pour assurer un accueil et une information aux personnes désireuses de s’informer sur leurs droits en matière de discrimination.

Le cas échéant, ces personnes peuvent être réorientées vers les organismes adéquats. Madame la Ministre, quelle est la plus-value de ces Espaces Wallonie dans la lutte contre la discrimination ?

L’objectif qui était de rendre l’accès à ces services plus proche du citoyen est-il atteint ? Disposez-vous d’une évaluation des actions qui y sont menées en matière de lutte contre la discrimination ?

La Fédération Wallonie Bruxelles étant souvent habilitée pour mettre en avant les services existants et en faire la promotion, avez-vous le sentiment que la population est correctement informée ?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

– L’accord de coopération du 12 juin 2013 prévoit en son article 6, § 1 que le Centre interfédéral pour l’égalité des chances (UNIA) assure l’accessibilité de ses services.

Pour répondre à cette exigence, UNIA a choisi de créer deux services locaux, un francophone et un néerlandophone, qui disposent chacun de points de contact locaux décentralisés. Une des missions des points de contact locaux est de pouvoir recevoir les signalements des citoyens se sentant discriminés. En Wallonie, ce service a vu le jour en août 2015.

Il compte cinq collaborateurs et une chef de service. La présence locale se base sur la répartition des bassins de vie regroupés entre eux pour couvrir un nombre équivalent d’habitants.

Quatre zones ont ainsi été identifiées et permettent de couvrir l’ensemble du territoire wallon : Wallonie picarde/Hainaut, Centre, avec un bureau à Mons, Brabant wallon/Hainaut Sud, avec un bureau à Charleroi, Namur/Huy-Waremme/Luxembourg avec un bureau à Namur, Liège/Verviers avec un bureau à Liège.

Outre les permanences assurées dans ces quatre villes, des permanences décentralisées se sont d’ores et déjà tenues à Ottignies et à Verviers. Des rendez-vous sont aussi pris dans d’autres communes de façon plus ponctuelle.

La collaboration avec les Espaces Wallonie s’est maintenue, mais a évolué depuis la création du service local francophone. Concrètement, les Espaces Wallonie peuvent toujours recevoir des signalements de citoyens et les transmettre à UNIA via le formulaire disponible sur le site internet. Dans les faits, on constate qu’ils renvoient directement vers le collaborateur local de la zone ou appellent ce dernier pour organiser des rendez-vous dans leurs bureaux.

Plus généralement, les Espaces Wallonie jouent un rôle d’information sur les missions d’UNIA. Dans les chiffres, il faut tenir compte du fait que les réorientations vers UNIA se font de manière informelle, par mail ou téléphone, sans nécessairement passer par le formulaire internet.

L’implantation des points de contact UNIA en 2016 renforce encore cette dimension, avec une trentaine de demandes réorientées en moyenne chaque année par les Espaces Wallonie. Afin de mesurer l’impact des points de contact locaux sur les demandes adressées aux Espaces Wallonie, les échanges informels devront être pris en compte dans l’analyse de l’évolution des chiffres.

En termes de communication, l’essentiel est que chaque citoyen soit informé des possibilités de contact avec UNIA, quel que soit l’intermédiaire. Je n’ai pas été sollicitée pour mener une campagne en la matière, campagne qui relève des prérogatives du centre.

M. Yves Evrard (MR).

– Effectivement, dans les chiffres que vous évoquez, hormis le fait qu’il y a des contacts par voie de courriers électroniques et par échanges téléphoniques, j’ai intuitivement le sentiment que le chiffre est relativement faible : à peine une trentaine.

Cela signifierait que les problèmes sont peu nombreux par rapport à la situation qu’on peut connaître quand on observe un peu ce qui se passe dans notre société. Évidemment, je vous rejoins dans cette volonté de pouvoir évaluer, notamment dans les permanences décentralisées, s’il y a vraiment un intérêt et si cela peut apporter une réelle plus-value à la société.

Chaque cas pouvant bénéficier d’un soutien constitue, en soi, une réussite et il faudra effectivement évaluer et déterminer comment on peut perpétuer le système.

CRIc No 90-Ens prom13 (2016-2017)




Source : http://parlement.wallonie.be