Les statuts et contrats programmes des nouvelles MT.
20 mars 2017

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. COLLIN, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA RURALITÉ, DU TOURISME ET DES AÉROPORTS, DÉLÉGUÉ À LA REPRÉSENTATION À LA GRANDE RÉGION, SUR « LES STATUTS ET CONTRATSPROGRAMMES DES NOUVELLES MAISONS DU TOURISME »

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. COLLIN, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA RURALITÉ, DU TOURISME ET DES AÉROPORTS, DÉLÉGUÉ À LA REPRÉSENTATION À LA GRANDE RÉGION, SUR « LES DIFFICULTÉS LIÉES À LA RÉFORME DES MAISONS DU TOURISME »

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, il me revient que certains statuts élaborés dans le cadre des nouveaux territoires des maisons du tourisme ne souhaitent donner aux opérateurs touristiques majeurs que sont les Offices du tourisme ou les SI que des voix consultatives dans les conseils d'administration et les assemblées générales des nouvelles maisons du tourisme, alors que d’autres opérateurs touristiques disposent dans les mêmes assemblées de voix décisionnelles.

Cette option peut surprendre si l’on estime que les syndicats d'initiative et les offices du tourisme sont deux partenaires de première ligne et que ceux-ci seront d’autre part sollicités pour collaborer activement au travail des maisons du tourisme, que ce soit en matière de promotion touristique, mais également en termes d’accueil des touristes.

Les maisons du tourisme sont amenées à jouer un rôle fédérateur entre les différents acteurs touristiques de leur territoire. Certains syndicats d'initiative fonctionnant principalement sur base de bénévoles ne risquent-ils pas de voir là un certain dénigrement pour le travail qu’ils réalisent ? Je souhaiterais connaître votre position face à cette option ou ce choix politique pris par certaines communes.

Dans l'hypothèse où le syndicat d'initiative ou les offices du tourisme n'ont aucune voix consultative, les projets de statuts sont-ils validés ?

Quels sont les arguments exposés par les communes pour justifier de telle position ? J’enchaîne sur le volet financier qui concerne la réforme des maisons du tourisme, notamment en ce qui concerne les interventions financières de chacune d’entre elles dans les nouvelles structures.

On sait, par exemple, qu’il existe des bonis de compte des anciennes maisons du tourisme qui font l’objet d’âpre discussion entre les nouveaux partenaires.

Pour prendre un exemple concret, on a vu que la commune de Rendeux se rallie à la maison du tourisme Cœur de l’Ardenne et l'on sait que les négociations sur le plan financier sont extrêmement tendues.

Dans certaines régions, on est loin d’un consensus clair ou à tout le moins l’élaboration et la constitution des nouveaux territoires ne semblent pas se faire dans un climat serein consensuel.

Avez-vous écho de ces difficultés ? Vos services ontils été sollicités pour prendre position face aux négociations financières au sein des maisons du tourisme ou cela relève-t-il selon vous uniquement de leur autonomie ?

Ces tensions internes au sein des maisons du tourisme augurent-elles des difficultés futures dans la gestion quotidienne de celles-ci ?

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région. - Monsieur le Député, des discussions financières au sein des maisons de tourisme ne sont pas une nouveauté.

Elles existent depuis leur création et existent comme dans toutes les ASBL paracommunales. L’intervention financière des communes relève en effet de l'autonomie communale, tout comme la gestion courante d’une maison de tourisme relève de ses organes de gestion.

Les systèmes de financement mis en place sont donc différents d’une structure à l’autre. Ainsi, l’apport des communes peut être, soit par la mise à disposition de locaux, soit par la mise à disposition de personnel, soit par l’intervention dans le loyer, soit encore par la prise en charge des frais électricité, eau et chauffage ou enfin, par l’octroi d’une subvention qui peut être déterminée de différentes manières.

Dans certains cas, un montant fixe par commune, un montant par habitant, un montant variable en fonction de critères touristiques ou en fonction de projets actions ou en fonction des rentrées des taxes de séjour.

La commune de Rendeux a approuvé le budget 2017 de la maison du tourisme Cœur de l’Ardenne au fil de l’Ourthe et de l’Aisne, mais sans y intégrer les bonis reportés des maisons du tourisme de l’Ourthe et l’Aisne et du pays d’Houffalize-La Roche.

Elle a également approuvé de participer financièrement à concurrence de trois euros par habitant et ce pour, l’année 2017. Hormis dans le Brabant, je n’ai pas connaissance de négociations financières qui n’aboutissent pas pour le moment.

Pour répondre à votre autre question, les missions d’une maison du tourisme sont orientées de façon à soutenir les activités touristiques organisées sur son ressort territorial, en ce compris celles organisées par les offices du tourisme et syndicats d’initiative.

Certaines missions reprises dans le Code wallon mentionnent très clairement une nécessité de collaboration entre les opérateurs touristiques locaux et les maisons du tourisme : l’entretien des itinéraires touristiques balisés, la reconnaissance de ces itinéraires, mais également la mise à disposition par la maison du tourisme de supports promotionnels pour l’ensemble des organismes touristiques de son ressort territorial.

J’ai par ailleurs affirmé l’importance des nécessaires synergies et collaborations entre d’une part, les maisons du tourisme et, d’autre part, les offices du tourisme et syndicats d’initiative, en introduisant les conventions de collaboration entre ces acteurs. En cas de partenariat, le taux des subventions est majoré et la mission d’accueil et l’information dans le chef des syndicats d’initiatives et offices du tourisme sont facilitées.

Le succès de toutes synergies et collaborations est bien entendu également tributaire de bons échanges et dialogues entre les différents opérateurs touristiques d’une même région. Ce dialogue s’impose notamment au sein des organes de gestion d’une maison de tourisme pour lesquels je vous rappelle également que les opérateurs touristiques privés doivent avoir une représentativité entre 20 et 40 %.

Il est évident que les opérateurs touristiques locaux doivent être reconnus et valorisés notamment en les impliquant pleinement dans les décisions prises par les instances décisionnelles. À ce jour, aucun projet de statut qui m’a été soumis ne prévoit de dispositions contraires à ce principe.

Si tel devait être le cas, je me verrais contraint de les refuser et d’exiger une mise sur pied d’égalité quant au poids décisionnel dont disposent les différents opérateurs touristiques.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Merci, Monsieur le Ministre. Voilà qui est en tout cas très clair.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région.

- Voilà. M. Evrard (MR). - Sur cet aspect-là, merci pour cette précision qui sera utile, évidemment, pour toutes les maisons du tourisme.

Concernant la première question, j’entends bien qu’il reste le droit à chacune des communes de conserver, quelque part, le bas de laine qu’elles auraient constitué dans les anciennes structures, si elles le souhaitent.

Là aussi, c’est un élément important.

Je vous remercie.

P.W.- C.R.I.C. N° 134 (2016-2017) - Lundi 20 mars 2017




Source : http://parlement.wallonie.be