Les différences de stratégie des régions pour la participation dans les foires et salons
20 mars 2017

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. COLLIN, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA RURALITÉ, DU TOURISME ET DES AÉROPORTS, DÉLÉGUÉ À LA REPRÉSENTATION À LA GRANDE RÉGION, SUR « LES DIFFÉRENCES DE STRATÉGIE DES RÉGIONS POUR LA REPRÉSENTATION DANS LES FOIRES ET SALONS »

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, la séparation de WBT en deux entités distinctes, l’une pour Bruxelles, l’autre pour la Wallonie, est une réalité depuis le début de cette année.

Prochainement aura lieu le déménagement des bureaux de WBT vers Namur. WBT aura maintenant pour mission de développer sa propre stratégie pour promotionner la Wallonie.

Je voudrais justement vous interroger sur les différences de stratégie entre les régions, puisque l'on sait que, du côté de la Flandre, elle a fait le choix de ne plus participer à aucune foire et salon. La Wallonie, quant à elle, adopte une stratégie différente, puisqu’elle continue à fréquenter différents salons, notamment à l’étranger, en France, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Angleterre.

Pouvez-vous expliquer ces différences de stratégie ? De quelle manière peut-on évaluer les participations à ces foires, suivant quels critères ?

De quelle manière peut-on en évaluer la rentabilité, sachant que souvent, les investissements humains et financiers sont importants ? Constate-t-on, par rapport à l’arrivée du numérique et notamment l’usage d’Internet des différences significatives sur la présence et la fréquentation de ces différentes foires ?

Mme la Présidente. - La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région.

- Monsieur le Député, il faut savoir que jusqu’à la fin de l’année 2017, ce qui s’appelait encore Wallonie-Bruxelles Tourisme participait aux salons et aux foires uniquement à caractère professionnel, les évènements grand public étant gérés par le centre d’action touristique des provinces wallonnes.

La répartition et les changements de compétences en cours depuis le début 2017 en Wallonie implique une réorganisation de certaines participations à des évènements salons ou foires tant en Belgique qu’à l’étranger. Nous nous sommes laissé un peu le temps de réflexion pour appréhender la manière dont la Wallonie serait à l’avenir représentée dans les salons ou foires, mais en 2017, nous avons déjà décidé que Wallonie Belgique Tourisme ne participerait pas au salon professionnel international ITB de Berlin en mars avec un stand spécifique et des partenaires, ainsi qu’au salon IMEX de Francfort en mai et à EIBTM de Barcelone en décembre, tous les deux consacrés aux professionnels du tourisme d’affaires.

Nous avons décidé de maintenir la présence avec un stand Wallonie et des partenaires wallons, une quinzaine en décembre, au plus important salon professionnel en Europe, le WTM, World Travel Market de Londres.

Nos collègues de Toerisme Vlaanderen ont effectivement décidé de ne plus prendre part au salon de Berlin et Londres en 2017, tandis qu’au même moment, Visit Brussels y sera bien présent avec un stand et des suiveurs bruxellois.

Toerisme Vlaanderen sera par contre, comme Visit Brussels bien présent au salon de Francfort et de Barcelone. Il a été convenu avec les responsables de ces deux organismes de faire prochainement, en juin, un bilan et d’envisager une présence négociée avec les organisateurs pour les salons professionnels en 2018 et au-delà.

J’ai toujours dit d’ailleurs que le fait d’avoir maintenant notre propre promotion spécifique en dehors d’un axe Bruxelles-Wallonie devait nous amener à envisager des collaborations, pas seulement d’ailleurs avec Bruxelles, mais aussi avec la Flandre, ce qui est parfois le cas.

Pour ce qui est de la Wallonie, WBT va interroger les secteurs afin d’évaluer l’intérêt de poursuivre et/ou de relancer une présence active avec des partenaires sur les salons internationaux dont j’ai parlé.

Cela implique selon le résultat de cette enquête des frais liés à la construction, l’aménagement, le transport, le montage, le démontage d’un stand et donc le lancement d’un appel d’offres pour une société spécialisée dans ce type. WBT participe en outre et chaque fois avec des partenaires wallons membres des clubs de promotion de l’ASBL à des évènements destinés au grand public, mais à destination de cibles stratégiques spécifiques.

C’est ainsi que la Wallonie était l’hôte d’honneur cette année en France, fin janvier, au salon de Nantes et de Rennes à huit jours d’intervalle. WBT sera aussi présent aux Pays-Bas, un salon destiné au public du cyclo tourisme, Fiets en wandelbeurs.

Il était également à Anvers ce week-end pour la seizième édition d’un évènement 100 % wallon organisé par le bureau flandre de WBT.

J’ai d’ailleurs été voir sur place ce dimanche, un village wallon avec 45 prestataires touristiques pendant tout un week-end au cœur d’Anvers pour, à la fois promouvoir notre destination, mais aussi nos producteurs puisque l’APAQ-W était également présente avec une série d’agriculteurs transformateurs ou d’artisans.

Tant pour les évènements professionnels que grand public, WBT représente la Wallonie et se fait accompagné de partenaires wallons, maisons de tourisme, attractions, musées, opérateurs de transport ou d’hébergement ou association professionnelle. Cette participation du secteur s’inscrit dans le cadre du marketing coopératif introduit depuis plusieurs années par WBT à travers la dynamique des clubs et qui se traduit par un win-win financier également.

Sans cette coopération, il serait impossible à la plupart des acteurs wallons d’être présents sur ces platesformes internationales alors qu’ici, ils sont rassemblés sous une bannière Wallonie qui associe la promotion générique de la destination avec, comme je l’ai dit, la mise en valeur de produits structurés.

Les foires et salons ont fortement diminué depuis plusieurs années tant dans la durée que dans la fréquence.

En effet, le comportement des visiteurs a évolué en même temps que les développements technologiques, ce qui est surtout le cas pour les salons grands publics, alors que les salons professionnels demeurent des lieux de networking importants pour la programmation de notre destination et de nos produits dans les catalogues et sites web des tours opérateurs et autocaristes.

Enfin, pour suivre l’évolution des tendances et des technologies du tourisme, WBT participera à nouveau en 2017 à ce qui fut une première européenne en 2016 à savoir la VTLF, la Virtuel Travel Fair, un salon des vacances virtuelles en ligne sans brochures papier, sans matériel de stand, ni de déplacements.

On avait d’ailleurs évoqué la première édition ici en commission. Un lieu de rencontre pour les professionnels, deux jours et grand public deux jours, pour se renseigner et dialoguer en ligne au départ de son ordinateur de bureau, portable, smartphone ou tablette.

De l’avis général, le papier a encore de beaux jours devant lui, car même lors de ce salon virtuel, les demandes les plus importantes concernent l’envoi de brochures, guides ou documents. Le seul intérêt et non des moindres est que ces documents sont alors chaque fois envoyés à des destinataires qui en font la demande spontanément, c’est-à-dire que l’on a plus de chance d’avoir un résultat concret derrière.

Je voulais encore dire qu’il y a d’autres présences. Je n’ai pas été exhaustif. Wallonie Belgique Tourisme, par exemple, était avec plusieurs partenaires dans des salons à destination de comités d’entreprise, par exemple, à Reims, à Metz, à Lille.

Il y a également toute une série d’évènements, il ne s’agit pas d’une foire ou d’un salon proprement dit, mais pour lesquels une présence de WBT est acquise, par exemple lors des départs et d’arrivée de l’imposante caravane du Tour de France en juillet prochain à Liège et à Verviers.

Mme la Présidente. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Voilà une réponse exhaustive qui n’appelle pas de commentaires de ma part. Merci.

P.W.- C.R.I.C. N° 134 (2016-2017) - Lundi 20 mars 2017




Source : http://parlement.wallonie.be