Les difficultés rencontrées par les producteurs de pommes
09 mars 2017

Les difficultés rencontrées par les producteurs de pommes.

  • Session : 2016-2017
  • Année : 2017
  • N° : 350 (2016-2017) 1
  • Question écrite du 09/03/2017
    • de EVRARD Yves
    • à COLLIN René, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région


Le secteur fruitier de la pomme rencontre actuellement des difficultés.

Les mesures européennes de lutte intégrée auxquelles doivent se soumettre les producteurs fruitiers garantissent un produit de qualité, mais dont l’apparence ne correspond pas toujours aux critères de sélection des grandes enseignes de distribution.

D’autre part, la concurrence des pays de l’Est en terme de coûts de production et donc de prix de vente est redoutable. Là où les prix belges tournent autour de 50-60 cents le kg, la Pologne et la Roumanie proposent le kilo de pommes à 20-25 cents/kg. 

Pour les producteurs belges, le seuil de rentabilité n’est pas atteint.

La commercialisation des fruits se fait au niveau local par la vente directe notamment à travers la création de halls relais (les 18 dossiers retenus dans l’appel à projets lancé en 2016 contribueront à renforcer les circuits courts), mais cela ne représente qu’une petite partie de la production fruitière.

Le secteur est actuellement en attente de soutien de la Région wallonne notamment dans la création d’outils qui leur permettraient de mieux valoriser leurs produits au niveau de la grande distribution et de l’exportation.

Cette demande a-t-elle fait l’objet de rencontres avec le secteur ? 

Quelle est la collaboration développée avec l’AWEx ? 

Suite à la perte de la filière d’exportation vers la Russie, d’autres filières d’exportation ont-elles été développées ? 
Sont-elles suffisantes ? 
De nouvelles perspectives sont-elles envisagées ? 

Quelles sont les démarches que Monsieur le Ministre pourrait entreprendre, les outils qu'il pourrait mettre en place pour développer ces deux axes de commercialisation de la production de pommes ? 

Enfin, la plate-forme « clic local » créée en 2014 répond-elle aux attentes du secteur ?

Quel est le bilan aujourd’hui de cette initiative en faveur du commerce local au niveau des collectivités ?

  • Réponse du 27/03/2017
    • de COLLIN René


En Belgique, les prix des pommes sont meilleurs que l’an dernier, mais effectivement, ils restent trop bas. En Pologne, le secteur bénéficie encore d’importantes aides européennes pour son développement, ainsi que de coûts salariaux nettement inférieurs à ceux pratiqués en Belgique.

Ce pays concurrence directement nos produits en termes de variétés et de prix, ce qui affecte fortement les débouchés de nos pommes. 
Nos entrepreneurs et les criées parviennent à écouler une partie de la production, mais l’aide européenne mise en place lors de l’embargo russe est nécessaire au secteur pour réguler l’offre et incidemment le prix des pommes sur le marché belge.

La Belgique a demandé l’extension des mesures exceptionnelles au-delà de juin 2017, car les cultures pérennes comme les fruits à pépins ont besoin de beaucoup de temps pour s’adapter aux nouvelles conditions du marché.

Pour valoriser les produits wallons dans la grande distribution, des actions de communication et d’animation en grandes et moyennes surfaces avaient été mises en place. 
Ces actions ont permis pour certaines enseignes d’augmenter de 10 à 20 % le chiffre d’affaires sur les produits mis en évidence par rapport à une période sans animation.
De nouvelles animations sont à nouveau prévues pour 2017, avec la présence de producteurs sur place, dans les magasins.

Les autres filières d’exportation concernent tout d’abord, l’ouverture des marchés disponibles actuellement à savoir, le Canada et Israël. La Chine et le Brésil ont également conclu des accords en ce qui concerne les poires, mais la pomme pourrait aussi suivre.

L’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité (APAQ-W) souhaite s’associer au Vlam pour porter conjointement un dossier de promotion.

En outre, d’autres marchés sont sur le point d’être ouverts dès que l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) y autorisera l’exportation de nos pommes et poires. Il s’agit notamment du Japon, Vietnam, Philippines, Pérou, Mexique, Indonésie, etc.

Depuis peu, nous exportons des pommes en Inde et les volumes seront en augmentation au fil des mois.

Et enfin, le bilan de la plate-forme « Clic local » peut se résumer comme suit. Les pommes, poires et jus de fruits sont en tête des produits pour lesquels les collectivités ont eu recours à l’interface. 

Les quantités recherchées sont souvent limitées, ce qui restreint l’intérêt pour les producteurs. Il est important que des marchés non pas ponctuels, mais réguliers soient passés, et que les quantités soient significatives, pour optimiser la logistique.

L’APAQ-W souhaite explorer avec les producteurs de nouvelles pistes d’actions B2B et B2C.




Source : http://parlement.wallonie.be