L'état des lieux des infrastructures dédiées au motocross
02 mars 2017

Question écrite de Yves Evrard, Député, à Rachid Madrane, Ministre des Sports sur l’état des lieux relatif à la pratique sportive du motocross réalisé par l’Adeps.

Cela fait de nombreux mois que j’attire l’attention des différents Ministres en charge notamment des infra sportives devant le manque d’infrastructures permettant aux amateurs de motocross de pratiquer leur sport dans de bonnes conditions. Pourtant, les sportifs s’illustrent régulièrement par leurs performances dans cette catégorie sportive. Récemment encore, Gilles Vanderweyen, premier belge engagé au Dakar en catégorie moto depuis deux ans a terminé l’épreuve en 76ème position.

Ces sportifs méritent, comme d’autres me semble-t-il, tout notre soutien.

En juillet 2015 déjà, le Ministre René Collin alors en charge de l’Adeps, me signalait avoir demandé à un fonctionnaire de l’Adeps de travailler sur le dossier et de faire un état des lieux des difficultés et de leur niveau de complétude.

Déjà à l’époque, un projet indoor était envisagé.

En décembre 2015, interrogé à nouveau, le Ministre Collin nous annonçait la présentation imminente de ce rapport réalisé par l’Adeps.

Depuis, plus rien.

Monsieur le Ministre,

Un an plus tard, pouvez-vous nous dire où en est le dossier ? Un état des lieux a-t-il été réalisé, présenté par l’Adeps ?

Pouvons-nous en obtenir une copie ?

Quels en sont les constats ? Quelles sont les difficultés majeures, les points d’attention, les obstacles à la pratique de ce sport ?

Cet état des lieux a-t-il permis de dégager des pistes concrètes qui permettraient aux amateurs ou aux professionnels de la discipline de s’entrainer enfin dans des conditions correctes ?

Des contacts ont-ils été pris avec vos homologues en charge de la matière pour faire évoluer la situation ?

Pouvez-vous faire le point sur ce dossier ?

Rachid Madrane, Ministre des Sports

Monsieur le Député,

Je suis particulièrement heureux de votre interpellation car elle coïncide avec ma décision de reprendre à bras le corps, et ce même s’il ne relève que partiellement de mes compétences, le dossier des infrastructures permanentes permettant la pratique du motocross, certes initié par mes prédécesseurs mais jamais abouti.

Comme vous le dites très bien, la balle est essentiellement dans le camp de mes collègues wallons Di Antonio (pour l’environnement) et Collin (pour la gestion des Forêts).

En ma qualité de Ministre des Sports, je ne pouvais rester insensible aux sollicitations maintes fois exprimées par la Fédération motocycliste wallonne de Belgique quant au manque d’infrastructures permanentes.

Notre pays a un riche passé en motocross et a même très longtemps dominé le monde. Qui a oublié Joël Robert, André Malherbe, Georges Jobé ou encore Gaston Rahier ?

En juin 2008, mon prédécesseur a engagé Monsieur Thierry Klutz, ancien champion de Belgique et de France de moto-cross et d’enduro et 2 fois troisième au célèbre Enduro du Touquet.

Sa mission : trouver des solutions au manque de circuits de motocross en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Dans un premier temps, Monsieur Klutz s’est attaché à réaliser un cadastre des différents sites motos.

  • Cadastre des différents circuits permanents existants en ordre de permis d’environnement.

(Rognée, Hélecine, Mouscron et Bilstain (qui est uniquement un domaine moto TT, supermoto, quad et 4X4).

  • Cadastre des différents circuits de motocross où les pilotes s’entrainent mais qui sont non réglementaires dès lors qu’ils ne disposent pas de permis d’environnement.

(Flémalle, Stockem, Bassenge, Bertrix, Libin, Bastogne, Hoton, Bray, Wonck, Bra, Trooz.)

  • Cadastre des sites sur lesquels une épreuve annuelle est organisée (permis de classe 2) et dont les clubs souhaitent créer un circuit permanent (permis de classe 1).

(Gérouville, Durler).

Ensuite, il a analysé les contraintes liées à l’obtention d’un permis d’environnement. Il a ainsi pu relever les raisons qui généralement ont poussé les administrations à refuser les permis d’environnement :

  • Nuisances sonores 
  • Charroi
  • Raisons environnementales diverses
  • Site ne se trouvant pas dans la bonne zone d’affectation au plan de secteur (loisir ou agricole sous condition).

Cette analyse a amené Monsieur Klutz à rédiger un vade-mecum pour la création d’un circuit de motocross permanent en FWB.

Une étude en termes de contraintes cadastrales a été réalisée et a débouché sur un courrier adressé au Ministre régional de l’époque en charge de l’environnement mettant en évidence les problèmes rencontrés pour créer des circuits permanents de motocross et sollicitant l’aide pour y parvenir :

    • lenteurs administratives ;
    • nombre important de zones Natura 2000 où la pratique de la moto est interdite ;
    • zones d’affectations au plan de secteur permettant la création d’un circuit de motocross permanent bien trop limitées (sont exclues notamment les zones forestières qui sont les zones les plus présentes, par exemple, en province du Luxembourg et qui sont les plus éloignées des habitations). Tout en sachant que les zones « autorisées » ne permettent pas systématiquement d’obtenir le PE.

Ce courrier resté sans suite soulevait également les possibilités de créer des circuits de motocross permanents dans des sites appartenant à la Défense.

En 2011, à l’initiative du Ministre Antoine, un appel à projet pour la construction d’un circuit permanent de moto-cross a été lancé sur base d’un cahier de charges précis. Deux sites furent retenus.

Malheureusement, à cette époque, c’est-à-dire fin 2013, pour les mêmes raisons, aucun des deux sites n’avaient obtenu le permis d’environnement (ils ne l’ont d’ailleurs toujours pas à l’heure actuelle) :

  • Réticence du voisinage sur la création d’un tel site. L’image trop souvent négative que véhicule la pratique de la moto et la crainte des nuisances sonores ont motivé des riverains à créer une asbl dans le but d’aller à l’encontre du projet.
  • Pression environnementale très importante. Là aussi, la méconnaissance de la discipline et l’image négative qu’elle véhicule motive les asbl de protection de l’environnement à s’opposer systématiquement à tous les projets qui vont ce sens, fussent-ils d’intérêt communautaire et public.

Outre cette mission, Monsieur Klutz s’est aussi attaché à développer diverses actions de promotion de la moto chez les jeunes. Divers documents pédagogiques furent rédigés à destination des écoles, diverses opérations pilotes furent organisées dans des établissements scolaires. Des stages ADEPS spécifiques furent aussi mis sur pied.

Depuis ma prise de fonction, j’ai décidé la création d’un groupe de travail visant à

  • concrétiser les projets de circuits de motocross permanents ;
  • faciliter les épreuves de moto tout terrain et
  • continuer à améliorer la promotion et l’image de la moto tout terrain en FWB.

L’objectif est donc de réunir les personnes en mesure

  • de trouver des solutions concrètes aux problèmes rencontrés lors de la demande de permis d’environnement (obligatoire pour espérer créer un site dédié à la pratique de la moto tout terrain) et pour l’organisation d’épreuves d’enduro, de trial, de motocross et
  • de développer des projets qui permettraient de continuer à promouvoir cette discipline et de continuer en améliorer l’accessibilité à tous.

Une première réunion s’est tenue à mon Cabinet avec les représentants de mes collègues wallons, Collin et Di Antonio, de la Fédération motocycliste et de Monsieur Klutz. Y ont été abordés les différents points repris ci-dessus.

Je pense avoir reçu une oreille attentive de la part de mes collègues.

Je veillerai à ce que ce groupe de travail se réunisse régulièrement et je ne manquerai pas de vous tenir informé des avancées réalisées.




Source : http://parlement.wallonie.be