Les difficultés rencontrées par les producteurs de pommes
12 juin 2017

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. COLLIN, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA RURALITÉ, DU TOURISME ET DES AÉROPORTS, DÉLÉGUÉ À LA REPRÉSENTATION À LA GRANDE RÉGION, SUR « LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES PAR LES PRODUCTEURS DE POMMES ».

M. Evrard (MR).

- Monsieur le Ministre, je ne me suis pas beaucoup exprimé sur le sujet précédent. Cela ne veut pas dire que je faisais une confiance aveugle dans les intentions du ministre, mais en tout cas effectivement c'était intéressant et on s'associe évidemment à toutes les questions qui ont été posées.

Je voulais, à travers celles-ci, élargir aussi le débat en restant dans le domaine évidemment des producteurs de fruits, puisque – on le sait – la production 2017 ne s'annonce pas bonne du tout, notamment en raison des gelées que l'on a connues en ce début d'année.

Les producteurs sont amenés très naturellement à tirer une nouvelle fois la sonnette d'alarme, d'autant plus que la concurrence est rude, notamment avec la Pologne où les prix pratiqués sont vraiment extrêmement concurrentiels.

L’Europe pourrait, semble-t-il, prolonger d’un an l’aide exceptionnelle qu'elle avait octroyée pour contrer les effets de l’embargo russe. On peut se demander si ce sera une nouvelle fois suffisant.

Monsieur le Ministre, avez-vous des informations complémentaires par rapport à la prolongation de cette mesure ?

En 2014, des campagnes de communication et d’animation dans les moyennes et grandes surfaces avaient eu un effet relativement positif, mais momentané sur la vente de fruits locaux.

Vous avez annoncé la réédition en 2017 de cette campagne de communication. Pratiquement, comment va-t-elle s’organiser ?

L’APAQ-W a-t-elle pris des contacts avec les producteurs de pommes pour mettre en place des actions concrètes B to B et B to C ? Dans l’affirmative, quelles sont les pistes ainsi dégagées ?

Enfin, l’APAQ-W va-t-elle s’associer au Vlam pour porter conjointement un dossier de promotion en faveur de la pomme ? Est-ce bien le cas ?

- La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région.

- Monsieur le Député, en vue de poursuivre le soutien temporaire aux producteurs de certains fruits, la Commission européenne a effectivement adopté le 26 avril dernier un règlement délégué, visant certaines cultures pérennes, se prêtant peu à une adaptation aisée et rapide aux nouvelles conditions de marché imposées par l'embargo russe.

Le règlement est en cours de consultation par le Conseil et le Parlement européens et sera normalement d'application avant le 30 juin prochain. Cette aide européenne vise à contrer les effets de l'embargo russe, via des retraits de marché et non pas à compenser les effets de la météo.

Il faut souligner que l'éventuelle indemnisation par le Fonds des calamités agricoles ne s'enclenche – vous le savez – qu'en cas de reconnaissance d'un phénomène naturel exceptionnel.

Comme les autres secteurs agricoles, le secteur fruitier pourrait bénéficier d'une intervention du fonds si les conditions de la reconnaissance du caractère exceptionnel sont réunies.

Mon administration participe actuellement en tant qu'expert aux premières réunions des commissions communales de constats de dégâts, ainsi qu'à l'élaboration des premiers constats. Elle a également sollicité l'avis de l'IRM concernant le caractère exceptionnel de l'événement.

Sur le plan de la promotion, indépendamment des actions de promotion qu'elle mène en collaboration avec le secteur, l'APAQ-W s'implique dans le programme européen à destination des écoles, permettant la promotion et la sensibilisation des élèves à la qualité et la diversité de nos produits issus de l'horticulture comestible.

Nous venons d'en parler largement. Des animations pédagogiques seront organisées au second semestre 2017, avec à la clé la diffusion d'outils didactiques. De plus, les producteurs de fruits sont systématiquement représentés sur tous les événements B to C organisés ou coorganisés par l'agence.

Enfin, une série d'événements sont en train d'être finalisés, mais des consultations sont encore en cours avec le secteur. L'APAQ-W devrait me remettre un programme dans les jours qui viennent.

- La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR).

- Effectivement, ce sera intéressant de savoir et de vous assurer que l'APAQ-W travaille bien effectivement avec ou sans le Vlam sur l'élaboration d'un dossier.

Vous savez comme moi évidemment que, pour un producteur, l'année dernière a déjà été un coup dur. Une nouvelle fois, les aléas climatiques redonnent un petit coup de marteau sur la tête des producteurs.

Une année, on fait le gros dos, la deuxième année, cela devient de plus en plus difficile. Si effectivement malheureusement, on doit connaître encore des éléments de cette nature l'année prochaine, cela deviendra extrêmement grave pour les producteurs, raison pour laquelle il faut redoubler nos efforts.

J'entends bien que vous souhaitez activer ou en tout cas étudier la possibilité de faire jouer le Fonds des calamités.

J'ai un tout petit peu plus de mal sur le phénomène, puisqu'ici on sait qu'en une nuit, en quelques heures, on peut détruire toute une production si l’on a une gelée un peu dure, -2, -3, -4 en quelques heures, on peut détruire la production.

Cela me paraît assez difficile de pouvoir conférer à cette gelée nocturne un caractère exceptionnel, puisqu'on sait que malheureusement c'est un lot quotidien de nos producteurs depuis pas mal d'années.

Je vous remercie pour votre réponse.

P.W.- C.R.A.C. N° 202 (2016-2017) - Lundi 12 juin 2017 27.




Source : http://parlement.wallonie.be