Le dépérissement des hêtres .
20 juin 2017

Le dépérissement des hêtres .

  • Session : 2016-2017
  • Année : 2017
  • N° : 604 (2016-2017) 1
          • Question écrite du 20/06/2017
    • de EVRARD Yves
    • à COLLIN René, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région


La population des hêtres semble subir un dépérissement anormal, particulièrement dans certains foyers situés à Spa et dans le périmètre de Nassogne. 

Selon les experts, cette situation résulte de l’épisode des scolytes en 2000 qui ont favorisé l’apparition d’un champignon, l’amadouvier. L’observatoire de la santé des forêts (OWSF) reste cependant rassurant et estime que l’impact de ces champignons est en phase terminale. Quant à la défoliation des houppiers également remarquée par l’OWSF, celui-ci estime qu’il s’agit là d’une question de climat qui ne porterait pas à conséquence sur le long terme.

A-t-on évalué de manière précise le nombre de hêtres atteints de dépérissement? 

Le nombre d’individus malades a-t-il un impact sur la production forestière et sur les recettes engendrées ? 
Dans l’affirmative, de quel ordre est-il? 

Avons-nous la certitude d’avoir identifié la véritable cause de ce dépérissement ? 

Des études sur le phénomène que l’on a constaté il y a quelques années sont-elles toujours en cours ? 

Quelles sont les solutions préconisées par le Département de la Nature et des Forêts (DNF) pour amoindrir un impact financier éventuel ? 

Selon le DNF, le dépérissement des hêtres est relativement stable depuis 15 ans. A ce jour, des pistes de travail ou des solutions ont-elles pu être dégagées pour tenter d’inverser la tendance et de combattre ce problème spécifique ?

          • Réponse du 03/07/2017
    • de COLLIN René


Le dépérissement évoqué touche seulement une surface assez restreinte des hêtraies wallonnes.

Les problèmes sanitaires du hêtre sont liés à des phénomènes complexes, surveillés par l’Observatoire wallon de la santé des forêts (OWSF) composé de la Direction générale de l’Agriculture, des Ressources naturelles et de l’Environnement (DGARNE), du Département de l'Etude du milieu naturel et agricole (DEMNA) et du Département de la Nature et des Forêts (DNF). Les zones concernées sont touchées à des degrés divers. Les dégâts constatés restent généralement faibles.

Via des réseaux de placettes permanentes, l’OWSF répertorie les observations relatives à la santé du hêtre depuis 2011. En 2017, il a mené une enquête auprès de ses 60 correspondants-observateurs répartis sur les forêts publiques et privées wallonnes.

Les cas notifiés par ce réseau ont fait l’objet de visites par les experts de l’OWSF. Deux phénomènes, décrits ci-dessous, ont été observés dans nos hêtraies.

Le premier phénomène est relatif à la présence d’amadouvier. Il s’agit d’un champignon lignivore indigène pouvant entraîner la casse de l’arbre atteint. Les dégâts renseignés depuis le début de l’année 2017 semblent rester à un niveau équivalent à celui des années précédentes.

L’intensité de ce problème varie en fonction de la zone concernée. La situation apparaît donc comme normale. L’Observatoire reste toutefois vigilant à ce sujet.

Le second phénomène est lié à des défoliations de houppiers. Ce phénomène de dépérissement est multifactoriel. L’hypothèse la plus plausible est liée au climat que nous avons connu ces derniers mois, en particulier le manque de précipitations et la chaleur, mais aussi la succession d’hivers doux, de printemps très secs et d’étés très chauds. En effet, le hêtre est particulièrement sensible aux sécheresses et aux canicules.

Elles pourraient jouer un rôle prépondérant sur le niveau de défoliation actuel. Il s’agit ici d’un phénomène à plus large échelle, également constaté dans de nombreux pays européens. Toutefois, en Wallonie, aucun cas de mortalité n’a été constaté à ce jour en rapport avec ce phénomène.

Au travers de conventions et subventions, l’OWSF coordonne les travaux de recherche avec le Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-w), l’Université de Liège – Gembloux Agro Bio Tech (ULg-GxABT), l’Université catholique de Louvain (UCL) et l’Université Libre de Bruxelles (ULB) afin de :
1) Analyser les différents cas observés et de vérifier les hypothèses émises lors des visites de l’Observatoire ;
2) Informer et conseiller au mieux les acteurs du secteur forestier sur les pratiques de gestion à prendre à l’avenir pour gérer au mieux nos hêtraies.

Les résultats de ces travaux seront diffusés vers les gestionnaires forestiers par les canaux habituels de l’OWSF.

Les surfaces touchées étant assez restreintes, il ne semble pas y avoir actuellement d’impact sur la filière bois en Wallonie. Les agents du DNF sont particulièrement attentifs à la situation. Après les coupes, lorsqu’il est avéré que le hêtre n’était pas en station, il est recommandé de choisir des essences plus tolérantes aux conditions climatiques changeantes en utilisant le Fichier écologique des Essences adapté par les travaux de l’Accord-Cadre de Recherches et de Vulgarisation forestières 2014-2019.




Source : http://parlement.wallonie.be