Partenariat Aérodrome Belval - Charleroi
26 septembre 2017

QUESTION D'ACTUALITÉ DE M. EVRARD À M. CRUCKE, MINISTRE DU BUDGET, DES FINANCES, DE L'ÉNERGIE, DU CLIMAT ET DES AÉROPORTS, SUR « LE PARTENARIAT ENTRE LA RÉGION WALLONNE ET LES ARDENNES FRANCAISES DANS LE CADRE DU DÉVELOPPEMENT DE L'AÉROPORT DE

CHARLEROI»

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, vous avez sans doute vu qu’au début de cette semaine a été inauguré l’aérodrome en France au niveau de la région de Belval, tout près de Charleville-Mézières. Vous savez que les autorités des Ardennes françaises ont investi pas loin d’un million d’euros – ce qui n’est pas encore énorme comme investissement – pour moderniser une piste qui fait 1500 mètres, différentes infrastructures, et ce, avec le ferme espoir de pouvoir concrétiser un partenariat avec l’aéroport de Charleroi. On sait que l’aéroport de Charleroi connait une croissance exponentielle, ce n’est pas moins de 80000 mouvements par an, dont 35000 mouvements dédiés à l’aviation d’affaires et notamment l’aviation de loisirs.

À l’inverse dans l’aéroport français, on enregistre seulement 7000 mouvements. Monsieur le Ministre, cette négociation a eu lieu dès l’été dernier, je voulais connaître votre position par rapport à une convention éventuelle puisque l’on envisage des synergies à différents niveaux, notamment au niveau de l’école de pilotage, au niveau de l’absorption d’une certaine partie des vols d’affaires et l’on envisage également de mettre en place une navette de bus pour relier les deux aéroports, distants d’une bonne heure et demie.

Monsieur le Ministre, je voulais savoir où en était l'état des discussions et puis, de manière plus générale, on sait que les aéroports wallons, vous l'avez rappelé tout à l'heure, sont en pleine croissance, existe-t-il aussi d'autres possibilités de développement, notamment, en

Wallonie.

Je vous remercie Monsieur le Ministre.

M. Crucke, Ministre du Budget, des Finances, de l'Énergie, du Climat et des Aéroports. - Monsieur le Député, c'est un dossier intéressant. Intéressant et Important et qui prouve si bien, au-delà même du monde aéronautique, que l'Europe à ceci comme bienfait, c'est que l'on ne réfléchit plus dans les frontières, on vit avec des frontières pour les traverser et de plus en plus les bassins se créent au-delà de ces frontières. Moi qui suis originaire de l'eurométropole Lille-Courtrai-Tournai, je le vois aussi. Mais là, c'est aussi du concret.

Vers qui l'aéropôle des Ardennes françaises se tourne-t-il dorénavant ? Pas vers la France, mais vers la Wallonie, vers Charleroi. Charleroi regarde à quelques kilomètres cet aéroport comme étant non pas un concurrent, mais un partenaire.

Il y aura un accord de coopération, on y travaille.

Les responsables de l'aéroport de Charleroi y travaillent, mais qui sera à multiples facettes.

La première, très concrète, est l'école de pilotage. La deuxième, vous en avez entendu parler, c’est le milieu des affaires. Mais la troisième est plus importante encore, c'est tout le flux, ce sont des centaines de milliers de personnes, françaises, certes, mais qui pourront rejoindre l'aéroport de Charleroi grâce à une autoroute qui est en voie de finalisation, en 45 minutes.

C'est non seulement une capacité supplémentaire, mais cela prouve bien que Charleroi a aujourd'hui tout à gagner dans ce genre de partenariat, et peut-être aussi par rapport à d'autres aéroports auxquels vous pensez sur le plan wallon.

Puisque vous vous intéressez à cette matière – vous savez moi j'aime déléguer, mais je me souviens aussi de ce qu'était mon rôle quand j'étais sur ces bancs – peut- être pouvons-nous réfléchir à une mission qui vous serait personnellement attribuée et dans laquelle vous préciseriez le sujet dans sa dimension extraterritoriale mais aussi intraterritoriale wallonne. Je suis partie prenante et si l’on peut se mettre d'accord, très rapidement, nous signerons, pas seulement entre Charleroi et l'Ardenne française, un accord de coopération, mais nous pourrons également travailler ensemble sur du concret.

M. Evrard (MR). - Merci, Monsieur le Ministre pour votre réponse. Merci d'ailleurs pour la confiance que vous me témoignez. Effectivement, au regard de l'évolution de l'aviation civile, on sait qu'elle est vouée à un développement exponentiel dans tous les domaines, non seulement à Charleroi et ailleurs, et je pense qu'il y a lieu d'avoir une réflexion à moyen et à long terme, sur les possibilités de pouvoir utiliser des infrastructures existantes. On a souvent parlé de la réaffectation des sites d'activité économique. Je crois qu'en matière d'aéroports il y a des possibilités auxquelles nous devons réfléchir – je n'ai pas dit que c'était pour demain – mais, en tout cas, je vous rejoins dans cette volonté.

C'est d'ailleurs une des volontés de votre gouvernement de travailler au niveau de la Grande Région. C'est une thématique importante au niveau wallon. Même si cet aérodrome est relativement petit au niveau de la taille, je crois qu'il existe d'autres possibilités de développement en Wallonie que nous devrons étudier dans le futur.

En tout cas, je prends acte de votre proposition et suis à votre disposition pour travailler dans cette direction.

Je vous remercie, Monsieur le Ministre.

M. Crucke, Ministre du Budget, des Finances, de l'Énergie, du Climat et des Aéroports. - Monsieur le Député, on va donc concrétiser cela, mais je crois que l'on doit être conscient d'une chose, c'est que la réussite de Charleroi se poursuivra – et j'en suis convaincu – grâce à deux paramètres. D'abord, la diversité. La diversité ce n'est pas seulement la diversité des flottes qui fréquentent Charleroi, c'est aussi la diversité par rapport aux collaborations avec d'autres aéroports et là on a une chance unique. C'est également le respect des autres qui ne sont pas considérés comme étant ceux qui capteraient une clientèle, mais comme ceux qui génèrent de la contribution à une clientèle qui sera de plus en plus importante. C'est vraiment là que l'on doit approfondir ce qui a été un premier pas.

Ce premier pas mérite réellement d'être un flux de transport, dans tous les sens du terme, parce que mon collègue, M. Di Antonio, pourrait y travailler aussi.

Quand on parle de rejoindre Charleroi à Charleville- Mézières en 45 minutes – ce qui fait 1 heure 30 aller-retour – cela veut dire que l'on a besoin de lignes efficaces en bus aussi.

C'est cela qui amènera cette clientèle supplémentaire et l’on peut y travailler. Je crois que ce sont des pistes qu'il faut, c'est le cas de le dire en matière d'aéroports. Il faut plus que creuser, il faut se lancer sur ces pistes-là.

M Evrard (MR). - Merci Monsieur le Ministre pour le complément d'information. Effectivement, si l’on prend le domaine du tourisme, il y avait d'ailleurs des représentants wallons qui assistaient à cette inauguration, nous avons là aussi un secteur qui peut apporter une plus-value pour l'ensemble des régions et je crois que les mécanismes

win-win sont évidemment des mécanismes que nous devons mettre en oeuvre.

On sait que parfois, si l’on prend une situation analogue au niveau des commerçants, ils craignent de voir un concurrent arriver et l’on se rend compte au final, que plus l'offre est importante, plus il y a un développement économique qui s'en suit. Je vous rejoins dans votre analyse.




Source : http://parlement.wallonie.be