La prime visant à inciter les demandeurs d'emploi à créer leur propre entreprise.
10 octobre 2017

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. JEHOLET, MINISTRE DE L'ÉCONOMIE, DE L’INDUSTRIE, DE LA RECHERCHE, DE L’INNOVATION, DU NUMÉRIQUE, DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION, SUR « LA PRIME VISANT À INCITER LES DEMANDEURS D’EMPLOI À CRÉER LEUR PROPRE ENTREPRISE » .

M.Evrard (MR).

Monsieur le Ministre, en région bruxelloise, le Ministre Didier Gosuin annonce l’octroi d’une prime de 4 000 euros pour inciter les chômeurs à l’entrepreneuriat. C'est significatif. Cette mesure devrait, selon lui, aider les futurs entrepreneurs à lancer leur projet d’entreprise tout en continuant à bénéficier des autres aides possibles.

Cette mesure est conditionnée à un accompagnement par l’agence bruxelloise pour l’entreprise. En Wallonie, différentes aides existent déjà pour aider au lancement d’entreprises, notamment la mesure Airbag pour aider les indépendants complémentaires à devenir indépendants à titre principal. Il existe également le prêt coup de pouce – on en a parlé tout à l'heure - ou encore de multiples aides au financement initiées au travers du plan Marshall.

Plus spécifiquement pour les demandeurs d’emploi, les structures d’accompagnement à l’autocréation d’emploi SAACE proposent un accompagnement individuel aux demandeurs d’emploi qui souhaitent s’installer comme indépendants, créer leur entreprise ou encore reprendre une activité existante. Cet accompagnement est évidemment primordial, mais ne constitue pas une aide financière sonnante et trébuchante ou, en tout cas, pour être dit autrement, un incitant qui permet aux candidats à franchir le pas vers le monde des indépendants.

Que pensez-vous de cette initiative bruxelloise ? Un dispositif plus spécifiquement adressé aux demandeurs d’emploi du type de celui qui est proposé à Bruxelles est-il envisageable en Wallonie ?

Les différentes aides proposées en Wallonie fontelles l’objet d’évaluations en termes d’efficacité ?

Je vous ai lu notamment concernant les commentaires du contrat d'insertion, vos commentaires à ce niveau-là. Finalement, n'y a-t-il pas lieu de réfléchir justement à mettre en place un mécanisme qui se calque sur ce qui se fait en Région bruxelloise ?

M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de la Recherche, de l'Innovation, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation.

Monsieur le Député, en Wallonie, les aides à la création d'entreprise et d'activité pour les demandeurs d'emploi ont pour objectifs d'accompagner le porteur de projet dans l'élaboration de son business plan, y compris le plan financier, dans la recherche de financements et durant la première phase de lancement de son activité.

Plusieurs dispositifs sont déjà disponibles : les SAACE, structures d'accompagnement à l'autocréation d'emploi, le dispositif Airbag – c'était le sens aussi de la question de M. Drèze, je lui répondrai par écrit, mais comme je l'ai dit, je souhaite réévaluer le dispositif Airbag pas pour le remettre en question que du contraire et le dispositif Starter, axé sur le financement.

Pour les aides au financement, la SOCAMUT, membre du Groupe SOWALFIN, permet d'apporter des soutiens financiers par le biais de produits mixtes, d'une part, des garanties et d'autre part, des prêts subordonnés.

Le dispositif Airbag sera revu aussi dans le cadre des aides économiques, c'est important pour les germanophones, cela veut dire que les germanophones pourront y avoir accès et le dispositif SACCE sera aussi revu afin notamment aussi de les rendre importants, conformes aux aides d'État.

Compte tenu de l'évolution rapide du marché, le Gouvernement wallon tient à ce que les porteurs de projets créent leur propre entreprise dans de bonnes conditions. Pour cette raison, l'accompagnement reste prioritaire en ce compris sur les aspects financiers aujourd'hui pour répondre concrètement au dispositif bruxellois puisque là, ce sont des aides sonnantes et trébuchantes, des aides en espèces.

On verra bien l'évaluation du dispositif bruxellois, mais il est clair qu'en Région wallonne, on privilégie le soutien à l'accompagnement et à l'encadrement. C'est un choix, je ne suis pas fermé à la discussion. Sur le terrain, c'est compliqué de créer son activité.

Je ne stigmatise pas du tout l'échec de quelqu'un qui veut développer son activité, qui veut entreprendre. L'échec fait partie de la vie et que du contraire, je pense qu'en Wallonie, on ne soutient pas suffisamment les personnes qui sont en échec et leur donner une deuxième chance.

Ce n'est donc pas du tout pour stigmatiser l'échec, mais sur le terrain et par rapport aux différents opérateurs, on voit que s'il n'y a pas ce soutien, cet encadrement personnalisé par rapport à toute une série d'aspects, c'est parfois plus compliqué pour la personne qui souhaite développer et créer son entreprise. J'ai vu mon collègue bruxellois sur différents points, on a abordé ce point-là.

Chez eux, c'est un nouveau dispositif. J'ai envie de dire : « Attendons peut-être un peu de voir comment le dispositif fonctionne chez nos amis bruxellois » et je ne suis en tout cas pas fermé à mener à un moment donné une réflexion même si aujourd'hui, c'est plutôt l'encadrement et l'accompagnement du créateur d'entreprise que l'on privilégie en Région wallonne.

M. Evrard (MR).

Merci, Monsieur le Ministre. Vous savez, et je l'ai déjà dit à votre prédécesseur, attendre, attendre, on sait que la Wallonie est dans une situation d'urgence, on sait que, quelque part, on doit élargir le spectre – on l'a dit tout à l'heure dans une autre question – à la fois l'entrepreneuriat féminin, l'entrepreneuriat pour les personnes en situation de handicap et je pense que le public des demandeurs d'emploi doit faire l'objet d'une attention particulière.

J'entends bien qu'il y a toute une série de structures qui existent à ce niveau et elles ont prouvé dans pas mal de cas leur efficacité. J'ai le sentiment, mais au risque de me tromper, que finalement, cette prime tient plus de l'ordre de la symbolique.

On verra au niveau bruxellois de quelle manière elle rencontre ou non un succès.

En tout cas, je suis convaincu que les demandeurs d'emploi qui ont pu acquérir une activité professionnelle dans une entreprise, une PME, une TPE, peuvent à travers des petits coups de pouce, des petits incitants, franchir le cap parce que ces gens ont manifestement une expertise, soit dans le domaine pour lequel ils ont acquis toute l'expérience, soit aussi la volonté de se dire :

« Tiens, je vais changer de vie et je vais me lancer dans un domaine différent, dans la reprise d'un restaurant, d'un établissement commercial par exemple ».

Je crois que les quelques milliers d'euros du début peuvent réellement être une bouée d'oxygène.

Je ne suis évidemment pas convaincu que la mesure coûterait énormément à la Wallonie.

Effectivement, évaluons la situation de Bruxelles, mais rapidement, avec votre homologue bruxellois, essayons de voir si cette mesure s'inscrit dans une dynamique positive, auquel cas la Wallonie pourra mener une réflexion à ce niveau.

15 P.W.- C.R.A.C. N° 14 (2017-2018) - Mardi 10 octobre 2017




Source : http://parlement.wallonie.be