Ecriture inclusive dans l’enseignement de promotion sociale.
23 octobre 2017

Question écrite de Yves Evrard, Député,
à Madame Isabelle Simonis, Ministre du Droit des Femmes et de l’Egalité des chances et de la Jeunesse sur l’écriture inclusive dans l’enseignement de promotion sociale.

Je voudrais aborder la question de l’écriture inclusive comme facteur de lutte contre les stéréotypes. Cette forme d’écriture vise à concrétiser dans les mots l’égalité des sexes en incluant l’usage du point milieu.


Un guide d’écriture inclusive a d’ailleurs été édité par la Fédération Wallonie Bruxelles.

Interrogée à ce propos, la Ministre de l’éducation estime quant à elle, que si l’évolution de l’écriture inclusive doit être encouragée, elle ne doit pas nuire à la clarté de l’écriture et de la lecture. Cette attention se porte surtout au niveau des jeunes enfants lors de l’apprentissage de la maitrise de la langue française.

De votre côté, vos propos indiquent que si : « le langage et la communication font partie intégrante de l’instauration d’une égalité réelle entre les femmes et les hommes, la féminisation par la forme est nécessaire mais pas suffisante ; il faut aussi et surtout éduquer les enfants et les jeunes à l‘égalité»

Madame la Ministre,

J’aurais voulu avoir des éclaircissements quant à votre position sur ce sujet.

Estimez-vous que l’écriture inclusive peut ou doit trouver sa place dans le cursus des étudiants, spécifiquement des étudiants en enseignement de promotion sociale ?

Une telle implémentation ne risque-t-elle pas à votre sens d’engendrer des complications supplémentaires à l’apprentissage et ce, même pour des jeunes ou moins jeunes adultes ?

L’écriture inclusive a-t-elle déjà fait l’objet de débats avec vos collègues en charge de l’enseignement?

Dans l’affirmative, des orientations ont-elles été envisagées ?

REPONSE de Madame Isabelle SIMONIS, Ministre de l’Enseignement de Promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Egalité des chances.

Monsieur le Député,

Nous le savons, les inégalités entre les femmes et les hommes sont légion dans toutes les sphères de la société et les éradiquer est un chemin long qui demande d’œuvrer sur différents niveaux.

Le langage en fait éminemment partie. Non seulement, il est une forme d’expression de la pensée, mais il l’influence également. Le discours participe ainsi à la construction et la perpétuation d’inégalités et de stéréotypes de sexe, tels que nous les observons au quotidien.

Une communication moins sexiste, où le masculin ne l'emporte plus sur le féminin, contribue ainsi en partie à modifier les représentations que l'on peut se faire sur les rapports entre les femmes et les hommes.

Avec l’écriture inclusive, les deux sexes sont mis sur le même pied d’égalité. Le masculin ne l’emporte plus sur le féminin, il est mis un terme à la hiérarchisation des sexes.

Pour ma part, je suis attachée par exemple à l’emploi de la forme féminine, particulièrement par rapport à des faits chargés de sens, comme les noms de métier.

De manière générale, différentes initiatives sont prises également en Fédération Wallonie-Bruxelles afin d’instaurer une égalité réelle des femmes et des hommes, en ce compris à travers les mots et le langage :

  • Un guide de féminisation des titres et fonctions intitulé « Mettre au féminin: guide de féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres » a été réédité en 2014 (pour la 3ème fois) et diffusé à large échelle, notamment au sein des nombreux services de la Fédération Wallonie-Bruxelles;
  • Un guide « Egalité-Diversité dans la communication », destiné aux communicants et communicantes de la Fédération Wallonie-Bruxelles a également été édité en 2013 afin de prendre en compte les deux sexes dans le langage et la communication de l’institution.

Par ailleurs, dans le cadre de l’application du décret « genre » de la Fédération Wallonie-Bruxelles, adopté le 7 janvier 2016, nous avons mis en place diverses formations notamment à destination des professionnels de la communication.

Afin d’encourager la prise en compte des 2 sexes dans les campagnes de sensibilisation, communication, mais aussi au niveau de la communication en ligne, sur les réseaux sociaux ainsi que dans la rédaction de dossiers et communiqués de presse, des formations à destination des services de communication de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du gouvernement se tiendront début 2018.

Pour ce qui concerne l’enseignement, et comme le préconise le guide de féminisation des titres et fonctions « Mettre au féminin : guide de féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres », il est pertinent d'encourager une écriture non sexiste et de favoriser son enseignement.

La féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres pose peu de difficultés pédagogiques, en revanche le dédoublement abrégé n'est, à ce stade, pas encouragé auprès de publics pour qui l'apprentissage de la langue française est aussi crucial que difficile, afin de ne pas nuire à la clarté de l’écriture et surtout de la lecture.

Enfin, s’il est nécessaire de cadrer l’emploi des mots, il faut aussi et surtout continuer à éduquer les plus jeunes et les adultes à l’égalité, à tous niveaux.

Question écrite n°304

Échéance au 11 novembre 2017




Source : http://parlement.wallonie.be