Campagne gayfriendly menée en province de Luxembourg.
06 juin 2017

1.9 Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée « Campagne gayfriendly menée en province de Luxembourg ».

M. Yves Evrard (MR).

– Madame la Ministre, selon une étude menée par ILGA-Europe, la Belgique était classée, en 2013, parmi les pays les plus accueillants pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT).

En 2016, à l’initiative de la Maison Arc-en-Ciel de la province de Luxembourg, la campagne « Ma commune, une commune ouverte à tous, une commune gayfriendly » a porté ses fruits : plus d’une quinzaine de communes luxembourgeoises et plus de 430 commerces et services aux quatre coins de la province sont aujourd’hui gayfriendly.

Ces dernières semaines, quatre communes du Grand-Duché de Luxembourg ont adhéré à la dé- marche. Cette campagne de lutte contre l’homophobie et la transphobie vise à favoriser l’ouverture et l’acceptation des différences et à garantir aux LGBT un accueil loin de toute discrimination.

Le principe est de permettre aux commerces et services d’apposer un autocollant sur leur vitrine, signifiant qu’ils offrent la même qualité de service aux LGBT qu’aux personnes hétérosexuelles. Avez-vous été sollicitée pour apporter votre soutien à cette campagne ?

Des initiatives de ce genre ont-elles été lancées dans d’autres provinces ? Disposez-vous de retours ou d’analyses de cette action – ou d’autres – qui permettraient d’en évaluer l’impact ? Quel est le point de vue des associations LGBT sur ces initiatives ?

Je terminerai par la question la plus importante à mes yeux : des campagnes de ce type sont-elles nécessaires pour faire évoluer les mentalités ?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

– La campagne « Ma commune, une commune ouverte à tous, une commune gayfriendly » a été lancée par la Maison Arc-en-Ciel de la province de Luxembourg dans le cadre de ses missions.

Elle a reçu le soutien de la province, essentiellement pour les frais de communication. À ce jour, 19 communes et 527 commerces, services ou hébergements participent à cette campagne, qui visait un double public cible : d’une part, les touristes éventuels auxquels une communication future pourrait être adressée pour promouvoir l’image d’ouverture de cette région et, d’autre part, les jeunes susceptibles d’éprouver plus de difficultés, en milieu rural, à faire leur coming-out.

Les promoteurs de la campagne insistent bien sur le fait qu’il s’agit d’un acte citoyen et non d’un label risquant de mener à une stigmatisation de ceux qui refuseraient de l’arborer. Pour ma part, je n’ai pas été sollicitée pour soutenir financièrement cette initiative.

Je ne suis, par ailleurs, pas informée du point de vue de chaque association LGBT sur cette campagne. D’une manière générale, elles restent prudentes dans leur évaluation de ce type d’action.

Elles souhaitent éviter toute démarche qui serait perçue comme exclusivement communautariste et privilégient la promotion des comportements refusant toute forme de discrimination. Elles sont néanmoins, pour la plupart, convaincues de la nécessité d’œuvrer à la sensibilisation et à l’information selon les formes les plus adéquates.

D’autres associations soutiennent par ailleurs une plus grande visibilité. À titre d’exemple, le guide édité par l’Office du tourisme de Liège en partenariat avec la Maison Arc-en-Ciel vise à favoriser l’accueil de la communauté LGBT.

On peut également citer les initiatives incitant à arborer le drapeau Arc-en-Ciel lors de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie (IDAHOT), le 17 mai. Je soutiens fortement les actions de ce type et suis convaincue qu’aider les LGBT à évoluer dans une société non discriminante constitue un atout pour l’exercice plein et complet de la démocratie.

M. Yves Evrard (MR).

– Vous me parlez beaucoup des autres, Madame la Ministre, mais j’aurais aimé avoir votre avis. Ce type d’action rencontre manifestement un certain succès et peut être, comme vous l’avez précisé, un acte citoyen, mais à force de trop en parler, de créer la différence à travers les autocollants apposés sur les vitrines, n’en faisons-nous pas trop ?

Les communautés ont bien compris le juste équilibre à trouver. J’aurais aimé connaître votre position et vos recommandations si vous étiez sollicitée pour financer ce type de campagne et pour l’élargir à l’ensemble d’un territoire.

CRIc No 108-Ens prom16 (2016-2017) ( 12 )




Source : http://parlement.wallonie.be