Formations en andragogie dans la formation initiale des enseignants.
06 juin 2017

1.4 Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée « Formations en andragogie dans la formation initiale des enseignants ».

M. Yves Evrard (MR).

– Madame la Ministre, quatre types d’institutions organisent la formation initiale des enseignants : les hautes écoles, les universités, les écoles supérieures des Arts et les établissements de promotion sociale.

Vous avez récemment mentionné l’existence de formations spécifiques en andragogie dispensées dans les hautes écoles et dans l’enseignement de promotion sociale (EPS) – il s’agissait d’ailleurs de votre réponse à ma collègue Laetitia Brogniez.

Cette discipline intéresse spécifiquement l’EPS, dont une des caractéristiques est justement de s’adresser plus particulièrement à un public adulte en tenant compte de l’expérience de vie personnelle et professionnelle des étudiants. C’est là un aspect positif qui correspond bien à la réalité et aux besoins.

Aujourd’hui, l’andragogie doit intégrer une dimension supplémentaire, celle de la diversité culturelle des apprenants. La future ré- forme de la formation initiale porte une attention spéciale à la pédagogie pour adultes et jeunes adultes.

Pourriez-vous faire le point sur la situation actuelle ? Par ailleurs, la transversalité et l’élargissement de l’éventail des disciplines à enseigner font partie des axes de la future réforme. Les maîtres de stage issus de l’enseignement de promotion sociale seront-ils plus nombreux à encadrer les étudiants dans les autres filières ? Quelle est la place réservée à l’andragogie dans cette réforme ? Un master de spécialisation est-il prévu ?

Quel sera l’impact de cette réforme sur l’organisation du certificat d’aptitudes pédagogiques (CAP) et du certificat d’aptitude approprié à l’enseignement supérieur (CAPAES) par la promotion sociale ?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

– L’enseignement de promotion sociale est en effet un des opérateurs qui participent à la formation des enseignants, mais il n’intervient pas au niveau de la formation initiale.

Il prend en charge, en tout ou en partie, le CAP pour les enseignants qui ne peuvent pas ou plus suivre l’agrégation au sein d’une université, et sous ré- serve d’un délai de cinq années au moins depuis la fin des études du candidat.

Le CAP est également organisé pour les candidats à l’enseignement provenant des métiers techniques, notamment dans le cadre de la formation aux cours techniques et de pratique professionnelle. Le CAP permet donc aux candidats en cours de carrière de se former à la pédagogie dans une discipline donnée.

En ce sens, la réforme de la formation initiale des enseignants ne changera rien à l’organisation du CAP. En ce qui concerne la modification du CAPAES, elle n’est pas non plus actuellement à l’ordre du jour.

C’est mon collègue Jean-Claude Marcourt qui sera chargé d’une telle réflexion. Comme vous l’avez mentionné dans votre question, les enseignants de l’enseignement de promotion sociale doivent être particulièrement attentifs et sensibles à la diversité des profils des élèves et des étudiants qui fréquenteront les salles de cours.

Cette diversité se mesure tant du point de vue de l’âge des apprenants, que du point de vue de leur expérience professionnelle et personnelle. Il va de soi que les changements sociétaux induits par les mouvements migratoires, ou plus généralement par l’amélioration croissante de la mobilité internationale, doivent également être pris en compte et cela doit faire partie intégrante du travail de praticien réflexif de l’enseignant.

Tout enseignant doit effectivement aiguiser son esprit critique et de recul sur sa propre pratique. C’est pourquoi le projet de réforme de la formation initiale maintient le tronc commun de formation à tous les enseignants en fonction du degré et du niveau d’enseignement et de la discipline à laquelle ils se destinent.

Les chargés de cours de l’enseignement de promotion sociale fréquenteront donc les mêmes bancs que les professeurs de l’enseignement de plein exercice, comme c’est le cas actuellement. Le projet de réforme permettra à tous les futurs enseignants de se familiariser avec le public qui fréquente le niveau d’enseignement auquel ils se destinent.

Chacun pourra donc développer des compétences dans les notions d’andragogie et d’autres formes d’enseignement : spécialisé, artistique, etc. L’ouverture des possibilités de stage a pour objectif de diversifier les expériences des étudiants afin de nourrir leur capacité réflexive.

Les maîtres de stage provenant de l’enseignement de promotion sociale encadreront évidemment les étudiants en formation dans leur classe. La volonté du ministre Marcourt est d’ouvrir la formation initiale des enseignants aux autres types d’enseignement existants.

Les futurs enseignants auront l’occasion de se former à leur métier et à ces différents types d’enseignement depuis le premier jour de leur formation jusqu’à leur remise des diplômes. Nous n’avons donc pas prévu, avec mon collège chargé de l’enseignement supérieur, un master de spécialisation en andragogie.

Cependant, les hautes écoles et les établissements d’enseignement de promotion sociale continueront à organiser, dans le cadre de formations continues, des formations spécifiques en andragogie pour les enseignants qui le souhaitent.

M. Yves Evrard (MR).

– Ces réformes amélioreront les compétences et les qualifications des enseignants, ce qui est une bonne chose, puisque la qualité de notre enseignement passe par la préparation de ceux qui le dispensent. J’entends bien votre volonté de maintenir des formations en andragogie.

Je souhaite rappeler que la culture de l’évaluation est une notion qui est chère à mon groupe, ainsi qu’à moi-même. Il nous semble ainsi essentiel d’évaluer la pertinence des formations, leur adaptation aux réalités et leur plus-value pour les étudiants.

CRIc No 108-Ens prom16 (2016-2017) ( 7 )




Source : http://parlement.wallonie.be