Continuité des modules de cours de français destinés aux cadres musulmans.
03 octobre 2017

Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée «Continuité des modules de cours de français destinés aux cadres musulmans».

  1. Yves Evrard (MR).

Il y a un an, la Fé- dération Wallonie-Bruxelles a mis en place des modules de cours de français destinés aux cadres musulmans par l’intermédiaire de l’enseignement de promotion sociale. D’après le président de l’Exécutif des musulmans de Belgique, sur les 65 imams reconnus en Belgique, 40 responsables religieux ont suivi ces cours: 32 ont réussi l’examen pour accéder au niveau supérieur et huit ont été recalés.

Madame la Ministre, la mise en place de ces modules de cours de français a-t-elle fait l’objet d’une évaluation entre tous les partenaires? Dans l’affirmative, quelles ont été les principales forces et faiblesses de ce programme?

Parallèlement aux cours de français, trois dossiers pédagogiques ont été créés dans la perspective de mieux outiller les conseillers islamiques dans les domaines de l’accompagnement civil et social, dans le but de renforcer leurs compétences et techniques en matière de communication, de psychologie, de médiation ou encore de droit pénal.

En avril 2017, vous avez indiqué votre disponibilité à poursuivre ce genre de collaboration moyennant discussion et échange avec votre collègue le ministre Marcourt et le responsable de l’Exécutif des musulmans de Belgique. Selon le président de l’Exécutif, les imams sont demandeurs de poursuivre les formations proposées, du moins les cours de français.

Pouvez-vous nous confirmer que ces modules seront à nouveau proposés cette année via l’enseignement de promotion sociale: d’une part, les cours de français pour lesquels l’Exécutif a clairement manifesté son intérêt et, d’autre part, les modules à destination des conseillers islamiques?

Enfin, l’Exécutif des musulmans de Belgique envisage de créer une fonction de prédicatrice. Il ouvrirait ainsi les missions des imams aux femmes, à l’exception de la direction de la prière. Elles seraient principalement chargées de l’accompagnement spirituel des femmes de la communauté musulmane et aborderaient plus spé- cifiquement les questions familiales ou conjugales.

Dans cette optique, les différents modules pourraient également bénéficier aux futures prédicatrices. Cette perspective a-t-elle été prise en compte dans votre réflexion?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

Les deux projets initiés durant l’année scolaire écoulée entre l’enseignement de promotion sociale, l’Exécutif des musulmans de Belgique et l’enseignement supérieur ont bel et bien fait l’objet d’une évaluation.

En ce qui concerne l’organisation des modules de français à destination des imams, 36 étudiants répartis en trois groupes de niveau de langue ont obtenu des attestations de réussite du niveau de français dans lequel ils avaient été admis. Ce projet a connu un degré de satisfaction très élevé.

Les imams ont participé de manière très active aux activités d’enseignement et les chargés de cours ont privilégié, dans le respect des dossiers pédagogiques, les échanges oraux. Les responsables de l’Exécutif des musulmans de Belgique ont souligné les effets positifs rapidement ressentis dans le travail des imams sur le terrain.

Ils sont d’ailleurs demandeurs de la poursuite de ces cours. Ceux-ci reprendront à la mioctobre, dans le cadre de l’Institut de développement des formations sur l’islam créé à l’initiative de mon collègue chargé de l’Enseignement supé- rieur.

L’enseignement de promotion sociale interviendra en tant qu’opérateur de formation pour cet institut. Les formations seront mises en place en fonction du budget qui lui sera alloué. Chaque groupe d’étudiants bénéficiera de 80 périodes de cours durant cette année académique.

Pour le moment, l’Exécutif des musulmans de Belgique n’a pas souhaité reconduire le projet visant à doter les conseillers islamiques d’outils en matière de communication, de psychologie, de médiation ou de droit pénal vis-à-vis de détenus de confession musulmane.

À ce stade, je ne suis pas en mesure de vous expliquer les motifs de cette décision. Jusqu’à présent, l’Exécutif ne m’a adressé aucune demande complémentaire quant à l’organisation de nouveaux projets souhaités. Le cas échéant, c’est au ministre de l’Enseignement supérieur qu’une telle demande devrait être adressée.

L’enseignement de promotion sociale est naturellement disponible pour envisager de nouvelles collaborations. En tant que ministre chargée des Droits des femmes, je me réjouis qu’une réflexion sur les questions familiales et conjugales puisse s’intégrer dans l’accompagnement spirituel des femmes de la communauté musulmane.

Si elle devait se concré- tiser, il faudra en affiner le contenu en fonction d’objectifs clairement définis.

  1. Yves Evrard (MR).

Madame la Ministre, je relève trois éléments dans votre réponse. Le premier a trait aux cours de français: je conclus de votre réponse que l’expérience est positive et je me réjouis qu’elle soit poursuivie.

Ensuite, je m’interroge tout de même sur le refus de l’Exécutif des musulmans d’organiser des formations complémentaires: j’ai bien entendu que vous ne disposiez pas des éléments de réponse, mais je vous invite à trouver où le bât blesse.

Je pense qu’une réelle plus-value peut être apportée dans ce domaine, même s’il ne nous appartient pas d’aborder les aspects plus religieux.

Cependant, au vu du contexte que nous connaissons, ces éléments auraient mérite à être explorés, notamment dans le cadre de l’Institut de l’islam que votre collègue le ministre Marcourt envisage de mettre en place.

Enfin, je voudrais vous inviter à peser de tout votre poids sur la question du rôle des femmes. Dans ce type de religion, la femme n’est pas toujours considérée comme l’égale de l’homme.

Elles pourraient ici avoir l’opportunité d’accéder à de nouveaux rôles.

( 5 ) CRIc No6-Ens prom1 (2017-2018)

( 6 ) CRIc No6-Ens prom1 (2017-2018)




Source : http://parlement.wallonie.be