Labellisation d’opérateurs d’animations d’éducation à la vie sexuelle ou affective en Fédération Wallonie Bruxelles.
03 octobre 2017

Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée «Labellisation d’opérateurs d’animations d’éducation à la vie sexuelle ou affective en Fédération Wallonie Bruxelles» .

  1. Yves Evrard (MR).

Comme nous le savons, 65 opérateurs viennent d’être nommés et labellisés afin de pouvoir proposer des animations relatives à l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) dans les structures de jeunesse.

Cela signifie que, pendant trois ans, ils seront à la disposition des 309 structures de jeunesse francophones pour organiser des séances d’information et de sensibilisation à la vie sexuelle et affective. Cette idée de labellisation fait suite à des témoignages qui ont mis en évidence une forme de dérive dans les informations véhiculées auprès des jeunes par certaines associations.

Celles-ci elles tenaient des propos tranchés, pour ne pas dire extrêmes. Vous avez donc souhaité mettre en place ce dispositif, Madame la Ministre. A-t-il fait l’objet d’une concertation avec les organismes qui interviennent dans le secteur de la jeunesse?

J’aimerais également savoir si les organismes incriminés ou qui véhiculaient en tout cas des propos délicats ont été exclus du système ou identifiés. Vous avez également prévu un incitant financier, à concurrence de 150 000 euros, notamment pour les organismes qui se montreront intéressés par l’organisation de séance d’information de ce type au sein de leurs structures.

Qu’en est-il? De quelle manière cette somme sera-t-elle répartie? Quel montant sera proposé aux structures de jeunesse? Enfin, une campagne de communication a-t-elle été organisée auprès des associations de jeunes pour mettre en œuvre ce programme? Il n’est pas sans intérêt, notamment dans le contexte que l’on vient d’évoquer.

Nous savons que sensibiliser les étudiants aux dangers d’une communication aguichante est en effet un des éléments sur lesquels ce type d’organisme peut travailler.

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

La circulaire relative à l’Éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS), dans le secteur de la jeunesse, a été communiquée aux associations concernées en juin dernier. Cette circulaire prévoyait la procédure et les conditions pour obtenir la labellisation, d’une part, et pour participer à un appel à projets destinés à soutenir les animations EVRAS, d’autre part.

Les 310 associations du secteur de la jeunesse ont été informées de la création du label et de l’appel à projets. L’association dont vous parliez, Monsieur Evrard, n’est pas une organisation de jeunesse et n’a sans doute pas dû recevoir la circulaire…

Cet appel à projets n’a pas fait l’objet d’une concertation formalisée avec les commissions sectorielles, mais a été discuté, lors de plusieurs réunions, avec les acteurs de la jeunesse identifiés comme étant experts en EVRAS.

Sur 73 dossiers reçus pour la labellisation, 65 opérateurs ont obtenu ce label. Parmi ces candidatures, aucune ne venait des centres locaux de promotion de la santé.

Les huit dossiers refusés l’ont été, soit parce que l’association ne pouvait pas justifier d’une expertise en EVRAS suffisante, soit parce que l’équipe d’animation n’apportait pas toutes les garanties d’expertise, soit encore parce que l’expérience en animations hors du champ scolaire était insuffisante.

Dans certains cas, les dossiers mentionnaient une intention de mettre en place des projets EVRAS, ce qui n’était pas non plus suffisant pour justifier l’octroi d’un label. Les éléments justifiant de la formation des animateurs qui ont été pris en compte sont relatifs au profil de l’équipe, comme son aspect pluridisciplinaire ou encore la présence d’experts en matière de sexologie, psychologie ou la présence d’assistants sociaux en son sein.

La formation continuée dans l’équipe incluant des formations spécifiques à l’EVRAS était également un élément déterminant. Le suivi de cette labellisation se fera pendant sa durée, à travers les dossiers de demandes de subventions déposés. Concernant l’appel à projets, les 150 000 euros réservés sont issus des crédits «Égalité des chances» et seront liquidés sous forme de subventions de maximum 5 000 euros. Trente-six dossiers de demandes ont été déposés et sont en cours d’analyse par les services de l’administration. On ne peut dès lors pas estimer le nombre de jeunes touchés, d’autant que la participation aux activités peut être variable en fonction de leur nature ou du lieu où elles se déroulent, par exemple.

La question de l’EVRAS revient pratiquement à chaque séance de commission et en séance plénière, que ce soit en Fédération Wallonie-Bruxelles ou en Région wallonne, et aussi dans d’autres commissions. Il ressort des déclarations et des réponses de mes collègues que des progrès sont accomplis dans ce domaine, ce dont je me réjouis.

  1. Yves Evrard (MR).

Madame la Ministre, vous n’avez pas tout à fait répondu à ma question de savoir ce qu’étaient devenus les organismes qui dispensaient des informations très tranchées, voire radicales.

Il est vrai qu’il s’agissait d’une question annexe à celle que j’ai déposée. Sommes-nous certains que ces gens-là sont exclus du champ actuel de labellisation?

Par ailleurs, pour que le label conserve sa crédibilité, il est nécessaire d’assurer un suivi très strict. Pour le reste, je me réjouis qu’avec vos collègues, l’EVRAS puisse évoluer dans la bonne direction.

Dans un monde qui se libère de plus en plus et qui manque parfois de repères pour la jeunesse, il est important de disposer d’un cadre ou de compenser cette absence de repères par une information plus importante.

( 17 ) CRIc No6-Ens prom1 (2017-2018)




Source : http://parlement.wallonie.be