Digital Wallonia et l’enseignement de promotion sociale.
17 octobre 2017

Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée «Digital Wallonia et l’enseignement de promotion sociale».

  1. Yves Evrard (MR).

Le plan «Digital Wallonia» ambitionne de développer une stratégie numérique au bénéfice de l’éducation. L’accès généralisé à l’informatique est un enjeu majeur. Le numérique induit une mutation des métiers, qui implique une nécessaire réflexion sur l’acquisition et la transmission de nouveaux savoirs tout au long de la vie, depuis l’enseignement fondamental et obligatoire jusqu’à la formation continue.

Dans ce cadre, il est primordial pour les élèves, étudiants et enseignants de s’approprier et de maîtriser les technologies et la culture numérique. Les écoles de demain doivent intégrer et exploiter les technologies au bénéfice des apprentissages et du développement de compétences.

J’imagine que vous partagez ce constat. Dans cette optique, Digital Wallonia a mis en place différentes actions: les plans «Cyberécole», «Cyberclasse», ainsi que les trois appels à projets «École numérique» ou encore le programme «École connectée» visant à équiper en Wi-Fi tous les locaux pédagogiques de 200 établissements scolaires pilotes.

Madame la Ministre, comment l’enseignement de promotion sociale s’est-il inscrit dans cette démarche? Comment l’enseignement de promotion sociale s’est-il approprié cette mutation numérique?

Lors du dernier appel à projets «École numé- rique» de Digital Wallonia, seuls sept projets émanant d’écoles d’enseignement de promotion sociale ont été sélectionnés sur 500. Vous conviendrez que ce chiffre est particulièrement faible.

Pouvez-vous faire le point concernant l’évolution numérique au sein des 165 établissements de promotion sociale quant aux équipements, à l’accès au Wi-Fi, aux modules de formation, etc.? Est-ce que les équipes pédagogiques relaient des difficultés particulières?

Quelles sont les synergies créées avec vos collègues afin d’implémenter cette évolution du numérique dans l’enseignement de promotion sociale?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

Dès le développement des plans «Cyberclasse» et «Cyberécole», l’enseignement de promotion sociale s’est inscrit dans la démarche d’intégration des outils numériques. Dix des 200 établissements pilotes équipés du Wi-Fi sont en effet des établissements d’enseignement de promotion sociale.

De même, la Région wallonne a désigné un comité d’accompagnement dans lequel j’étais représentée aux côtés de mon administration et de mes collègues concernés par l’école numérique.

Ce comité était chargé du suivi du financement et de la concrétisation des demandes relatives au numérique au sein des écoles, dans la perspective de créer et de soutenir des synergies entre les différents acteurs de l’enseignement.

Dix-neuf des 24 projets déposés par les établissements de promotion sociale pour l’appel «École numérique 2017» ont été retenus. Ces demandes concernent notamment un projet tandem prévoyant la collaboration des sections pédagogiques de l’enseignement supérieur et cinq établissements de l’enseignement de promotion sociale au niveau secondaire.

Ce projet vise à mettre sur pied une recherche-action, afin de développer des outils pour intégrer le numérique dans les pratiques de classe, dans un cadre didactique. Deux projets spécifiques ont également été choisis. Leur particularité est d’utiliser des outils nouveaux et d’en tester le potentiel en vue d’un élargissement possible de leurs usages.

Parmi les lauréats, nous retrouvons aussi 16 projets autonomes autour de pratiques pédagogiques permettant d’élargir les usages numériques en dehors des seules classes informatiques. Ces projets sont ceux d’enseignants qui, en exploitant les équipements, décident d’intégrer activement et durablement le numérique dans leurs pratiques d’enseignement et développent progressivement une approche stratégique du numérique pour l’établissement.

En outre, les équipes seront accompagnées sur le plan pédagogique par des conseillers du Centre de ressources pédagogiques. Un autre objectif de ce centre est de proposer des ressources aux enseignants souhaitant se lancer dans l’elearning et de les sensibiliser à la formation en elearning et aux usages andragogiques hybrides des outils numériques.

Pour votre information, l’andragogie est la pédagogie pour adultes. Bien entendu, l’implémentation du numé- rique dans les établissements de promotion sociale ne s’opère pas toujours sans mal. Si les équipes pédagogiques et les établissements d’enseignement ont fait d’énormes progrès en termes de connectivité et d’e-learning, il reste encore des obstacles à surmonter avant l’utilisation pédagogique optimale du numérique.

J’y travaille actuellement et activement, que ce soit dans le cadre des politiques croisées avec les Régions ou en termes de mise à disposition de moyens humains et financiers dans mes départements.

  1. Yves Evrard (MR).

Les questions parlementaires possèdent au moins une vertu, celle de clarifier certains dossiers et certaines situations. J’entends que mes chiffres étaient, semble-t-il, erronés au regard des éléments que vous m’avez fournis.

J’entends également que vous avez conscience des obstacles à surmonter.

Très honnêtement, vous me donnez le sentiment d’être bien consciente des efforts à produire dans ce domaine.

Tout comme vous, je partage l’idée que l’enseignement de promotion sociale n’est pas un enseignement de seconde zone et qu’il mérite tous nos égards, quel que soit le domaine.

CRIc No13-Ens prom2 (2017-2018)

( 5 ) CRIc No13-Ens prom2 (2017-2018)




Source : http://parlement.wallonie.be