La formation du DNF à la connaissance du loup
29 mai 2017

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. COLLIN, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA RURALITÉ, DU TOURISME ET DES AÉROPORTS, DÉLÉGUÉ À LA REPRÉSENTATION À LA GRANDE RÉGION, SUR « LA FORMATION DES AGENTS DU DÉPARTEMENT DE LA NATURE ET DES FORETS (DNF) À LA CONNAISSANCE DU LOUP »

M. Evrard (MR).

- Monsieur le Ministre, le possible retour du loup dans nos régions fait régulièrement l’actualité et récemment encore, des chasseurs affirment en avoir aperçu en Province de Luxembourg.

Vous savez, Monsieur le Ministre, que le loup véhicule dans l’inconscient collectif beaucoup de croyances, de rumeurs, de craintes qui méritent vraisemblablement d’être objectivées. Pour ce faire, le SPW annonce la mise en place d’un « Réseau loup », composé d’agents du SPW, de spécialistes, de représentants de chasseurs et d’éleveurs.

Le réseau a pour mission de collecter et valider les informations reçues et d’informer et de sensibiliser le public à une approche plus objective. Concrètement, Monsieur le Ministre, comment le travail de ce réseau va-t-il s’organiser ?

La formation d’une trentaine d’agents est annoncée. Pensez-vous que ce sera suffisant ? Quelle sera la répartition de ces agents ? J’imagine dans les territoires qui sont susceptibles d’accueillir le loup de manière prioritaire.

Enfin, vous avez indiqué votre intention de prendre en compte les dégâts éventuels causés par la présence du loup. Un budget spécifique a-t-il été dégagé lors de l’ajustement budgétaire ? De quel montant est-il doté ?

Qu'en est-il des critères de reconnaissance des dégâts causés par un loup ? Comment et par qui ont-ils été déterminés ?

- La parole est à M. le Ministre Collin.

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Aéroports, délégué à la Représentation à la Grande Région.

- Messieurs les députés, le « réseau loup » mis en place en Wallonie est composé d'agents de la DG03, le DNF et le DEMNA, d'équipes universitaires, biologistes et vétérinaires, sous convention avec le Service public de Wallonie, de naturalistes, de chasseurs, d'éleveurs et d'associations.

Le DEMNA est chargé d'évaluer l'information et, le cas échéant, de la faire vérifier sur le terrain via les membres du réseau précité.

Ce réseau se compose actuellement d'une trentaine de membres. Ce nombre était essentiellement limité par des contraintes logistiques pour rendre la formation profitable. En fonction de l'évolution de la situation, d'autres formations pourront être organisées par mon administration grâce, notamment, au matériel didactique partagé par nos voisins français de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et aux qualités pédagogiques de plusieurs associations.

La représentation géographique du réseau est assurée par sept agents du DNF, quatre agents du DEMNA et deux biologistes de l'Université de Liège. Les membres extérieurs à l'administration complètent le dispositif.

Toute information potentiellement utile est collectée par les membres du réseau ou par un citoyen, via un formulaire en ligne « reseauloup.be » ou un appel téléphonique. La sensibilisation du public, au sens large, à ce réseau sera assurée par les médias.

La sensibilisation d'un public plus exposé, comme les éleveurs d'ovins, sera assurée par les associations partenaires du réseau. La rédaction d'un plan d'action global n'est pas à l'ordre du jour, mais, outre la mise en place du réseau, plusieurs mesures sont en réflexion telle que des recherches sur les moyens de prévention et la proposition d'un cadre légal permettant d'indemniser les dommages.

Je vais proposer au Gouvernement l'inscription du loup comme espèce indemnisable très prochainement. Compte tenu de la présence plus qu'erratique du loup en Wallonie, les dépenses sont évaluées à un montant très peu élevé qui peut s'inscrire dans l’enveloppe actuellement dévolue aux indemnisations des dégâts d'autres espèces protégées.

Les critères de reconnaissance des dégâts causés par le loup ont fait l'objet d'un vaste volet de la formation. Il n'y pas un ou deux critères particulièrement discriminants. L'analyse de chaque cas porte sur une série de critères qui doivent être évalués simultanément, ce qui rend l'exercice complexe.

Ces critères ont été déterminés en collaboration avec le Ministère de l'Agriculture français, sur base de 25 ans d'expérience dans des zones où le loup est établi durablement.

- La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR).

- Monsieur le Ministre, merci pour votre réponse. Je prends bonne note que notamment une cellule va réfléchir à toutes les mesures de prévention, notamment à l’attention des producteurs, des éleveurs d’ovins et de caprins et qu’un cadre régional va être à l’étude.

J’espère en tout cas que la réflexion pourra s’inspirer, comme vous l’avez dit, de ce qui existe chez nos voisins, de manière à faire sorte à ce que cette intégration soit la plus et la mieux réussie possible.

P.W.- C.R.A.C. N° 191 (2016-2017) - Lundi 29 mai 2017 41




Source : http://parlement.wallonie.be