Le soutien apporté aux spin-off et start-up par la région wallonne
30 mai 2017

QUESTION ORALE DE M. EVRARD À M. MARCOURT, MINISTRE DE L'ÉCONOMIE, DE L'INDUSTRIE, DE L'INNOVATION ET DU NUMÉRIQUE, SUR « LE SOUTIEN APPORTÉ AUX SPIN-OFF ET START-UP PAR LA RÉGION WALLONNE ».

- L'ordre du jour appelle la question orale de M. Evrard à M. Marcourt, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de l'Innovation et du Numérique, sur « le soutien apporté aux spin-off et startup par la Région wallonne ».

La parole est à M. Evrard pour poser sa question.

M. Evrard (MR).

- Monsieur le Ministre, le 8 mai dernier, la Spin-off de l’UCL Greenwatt a fait aveu de faillite. Greenwatt était spécialisée dans la création et l'installation d'unités de biométhanisation. C'est une entreprise qui a été fondée en 2004 et elle a été soutenue financièrement en 2012 par la SRIW, a vu en 2015 ses actions rachetées entièrement par une société dénommée Sol Invictus pour un montant significativement bas.

En 2017, cette même société jette à son tour l'éponge. Deux éléments dans ma question, d'une part l'aspect financier. Un prêt bancaire de 280 000 euros a été octroyé par Novalia, filiale du groupe SOWALFIN, qui va rester dans le passif de l'entreprise.

Même si ici, ce sont les actionnaires privés qui seront les plus pénalisés dans cette faillite, quel sera le montant de la perte pour la Région wallonne ?

Dispose-t-on d’une estimation des montants investis à l’époque par la SRIW et de la moins-value réalisée à l'époque lors du rachat en 2015 des actions par Sol Invictus ?

De manière plus générale, je voulais savoir si vous disposez d'un bilan du nombre de spin-off ou start-up qui sont soutenus par la Région wallonne en termes de viabilité, de succès ou de failliter?

Au-delà de ce cas, je ne vais pas dire particulier ou peut-être symbolique, doit-on considérer là derrière, avez-vous des éléments qui nous amènent à conclure que finalement, la production soit d'électricité ou d'énergie par biométhanisation est une technologie qui n'est pas vouée à un avenir prometteur ?

Avez-vous des éléments à travers les participations wallonnes sur les facteurs qui ont conduit justement à cette faillite ?

- La parole est à M. le Ministre Marcourt.

M. Marcourt, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de l'Innovation et du Numérique.

- Monsieur le Député, en ce qui concerne la spin-off de l'UCL Greenwatt, Novallia et la SRIW sont intervenus.

La SRIW a investi 476 490 euros en 2012 et 400 020 euros en 2013 à travers de Greewwatt Holding. La SRIW a revendu sa participation en juillet 2015 pour 1 euro à Soltech, avec une clause d'earnout qui n'a jamais pu être mise en force.

La perte pour la SRIW s'élève dès lors à 876 000 euros.

Pour Novallia, la décision d'intervenir fait suite à l'appel à projets Compétitivité 3 et a été prise par le jury de sélection sur la base d'un dossier de candidature et dans le cadre d'un bouclage financier global, faisant intervenir fonds propres et subvention, mais aussi le secteur bancaire.

Une première tranche de 100 000 euros a été libérée le 11 mai 2011 et la deuxième tranche de 290 000 euros, le 21 août 2012. Seule l'échéance du 30 juin 2015 était impayée pour les deux tranches du prêt Novallia.

Le solde restant dû s'élevait alors à 280 000 euros. Ce dossier est un échec, mais nous ne sommes pas les seuls à y avoir cru, puisque des acteurs extérieurs à la Wallonie et réputés y avaient cru et même investi de manière prédominante, je pense, au Fonds d'investissement de la GIMV et à RWE, le producteur d'énergie allemand.

Cela démontre, si besoin en est, que l'investissement dans des spin-off ou start-up, même si l'on s'entoure de précautions multiples et si on lie l'entrée à la présence d'investisseurs spécialisés, demeure un métier à risque. Les fonds d'investissement spécialisés dans les spinoff ou start-up ont d'ailleurs un business model tout à fait particulier.

Il prévoit explicitement des échecs s’ils sont plus que compensés par un nombre restreint de start-up pour lesquelles le rendement sur investissement est très élevé et peut dépasser un multiple de 10, pensant à cet égard à OGEDA.

Il est clair que lorsque la Wallonie soutient une entreprise, quelle qu’elle soit à travers ses outils financiers, tout le monde souhaite et espère des réussites comme celle notamment de la SONACA ou d’OGEDA qui a permis à la SRI de réaliser une plus-value de plus de 70 millions d’euros. Cette plus-value sera évidemment réinvestie dans nos entreprises. Elle permettra de soutenir davantage de dossiers.

Certains réussiront, et on l’espère le plus grand nombre. D’autres, non, à l’instar de Greenwatt.

Avant tout, cela est normal dans une vie économique, car si l’on ne finance que des dossiers dont on est sûr, à priori, qu’ils réussissent, cela veut probablement dire que l’on ne prend pas assez de risques et que l’on ne joue pas assez le rôle de catalyseur du développement des entreprises, ce qui est le rôle des sociétés d’investissements publics.

Je clôturerai en disant qu’entreprendre et soutenir l’entreprenariat par le financement comme nous le faisons, c’est prendre des risques, mais ce sont des risques utiles et mesurés.

- La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR).

- Vous n’avez pas tout à fait répondu à la deuxième partie qui concernait plutôt l’inventaire des start-up qui sont soutenues par la Région wallonne.

Monsieur le Ministre, rassurez-vous, je suis aussi parfaitement sur la même longueur d’onde que vous sur la nécessité d’investir, de prendre des risques. Forcément, quand on prend des risques, on ne gagne pas à tous les coups.

Sinon, cela ne s’appelle pas de l’investissement à risque et notamment dans le cadre des spin-off.

Je pense qu’à travers cet exemple, et je concède que ma question n’était pas exhaustive ou tout à fait explicite à ce niveau, je crois qu’il est utile à travers cet exemple d’étudier plus en avant, notamment l’aspect biométhanisation parce que l’on sait que l’on est dans un trends énergies renouvelables, que tout le monde a le sentiment que c’est la panacée universelle.

D’ailleurs, vous l’avez dit, des partenaires privés ont investi en se disant que l’avenir est là. Je crois qu’au-delà du cas précis, il est utile d’essayer de comprendre.

Je ne peux que vous invites à investiguer pour savoir finalement quels ont été les problèmes qui ont conduit à cette faillite. S'agit-il d'un problème technologique qui en est la cause ? S'agit-il d'une mauvaise gestion ou d'un mauvais management ?

Il faut en connaître les raisons afin d'en tirer les conclusions pour l’avenir. Vous savez que je suis un adepte de la culture de la deuxième chance.

On est ici face à un échec, vous l’avez dit. Tirons en les conclusions pour éviter justement, à l’avenir, soit réinvestir dans des domaines similaires, ou le faire en connaissance de cause.

P.W.- C.R.A.C. N° 193 (2016-2017) - Mardi 30 mai 2017 8

P.W.- C.R.A.C. N° 193 (2016-2017) - Mardi 30 mai 2017 9




Source : http://parlement.wallonie.be