Les collaborations entre les organismes pour l'emploi flamand et wallon.
08 mai 2018

Question orale de M. Evrard à M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l’Industrie, de la Recherche, de l’Innovation, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation, sur « les collaborations entre les organismes pour l’emploi wallon et flamand »

M. Evrard (MR). - Depuis 2015, un système de délégation a été mis en place entre Actiris et le VDBA.

Il permet aux travailleurs bruxellois susceptibles de trouver un emploi en Flandre d'être accompagnés par l'organisme pour l'emploi flamand, à la fois pour apprendre un métier et développer des compétences, mais aussi pour augmenter leur connaissance du néerlandais.

Le système fonctionne bien. En 2017, 3 262 chercheurs d'emploi bruxellois l'ont activé et au final, c'est 400 personnes qui ont bénéficié d'un accompagnement au sein de la structure flamande.

Au final, ce mécanisme de mandatement a un effet positif sur le taux de chômage et sur la mobilité interrégionale des travailleurs.

En Wallonie, la mobilité interrégionale a fait l’objet d’un accord interministériel qui se traduit par un plan d’action entre le FOREm et le VDBA.

Un mécanisme comme celui du mandatement-délégation fait-il partie des mesures de ce plan d’actions ? Est-il envisageable ?

Des cours de langues sont mis en place par le FOREm, mais les inscriptions à ces modules ont connu une baisse significative.

Vous avez signifié votre intention de revoir la stratégie en la matière. Pouvez-vous faire le point sur l’évolution de votre action ?

M. Bracaval (MR). - Monsieur le Ministre, selon les informations pubiées par le VDAB, le nombre de Wallons ayant décroché un emploi en Flandre a fortement augmenté en 2017. En effet, plus de 22 000 demandeurs d’emploi wallons travaillent désormais en Flandre, ce qui représente une hausse de 33 % par rapport à 2016. Jusqu’en 2015, ils étaient environ 13 000.

Pouvez-vous me dire quelles régions flamandes accueillent le plus grand nombre de travailleurs wallons ?

Pouvez-vous préciser dans quels types d’emplois nos Wallons sont-ils occupés ?

Le nombre d’offres d’emploi est en hausse constante en Flandre également. En 2017, 260 000 offres d’emploi y ont été enregistrées.

Toutefois, de nombreuses entreprises flamandes situées à proximité de la frontière linguistique, et plus particulièrement dans le sud de la Flandre-Occidentale, éprouvent des difficultés à trouver de la main-d’œuvre.

Lors de votre rencontre, début février 2018, avec le ministre Muyters, votre homologue flamand, vous avez conclu un nouveau plan d'action pour que davantage de postes flamands soient occupés par des demandeurs d'emploi wallons, l’objectif avoué étant d’atteindre 2 500 demandeurs d'emploi par an.

Pouvez-vous faire le point sur les dispositifs qui ont été mis en place dans le cadre de ce plan d’action ?

Je vous remercie déjà pour votre réponse.

M. le Président. - La parole est à M. le Ministre Jeholet.

M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l’Industrie, de la Recherche, de l’Innovation, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation. - Messieurs les députés, la mobilité interrégionale des demandeurs d'emploi wallons doit être renforcée et fait partie des priorités de la DPR.

A cette fin, j'ai renforcé la collaboration entre le FOREm et le VDAB avec le ministre flamand de l'Emploi, Philippe Muyters, grâce à la signature d'un nouveau protocole de collaboration le 5 février dernier.

Cet accord porte sur les axes de travail suivants :

  • optimaliser le matching entre les demandeurs d'emploi wallons et les employeurs flamands ;
  • renforcer la formation en néerlandais des candidats à la mobilité ;
  • renforcer l'information des publics cibles.

Le système de mandatement n'est pas directement prévu dans le plan. Cependant, les demandeurs d'emploi wallons ayant une connaissance suffisante du néerlandais pour solliciter une aide dans leurs démarches de recherche d'un emploi en Flandre peuvent s'adresser directement aux conseillers du VDAB présents dans les werkwinkels. Les demandeurs d'emploi wallons peuvent également suivre des formations au VDAB moyennant un accord préalable du FOREm. L'inverse est également possible.

En ce qui concerne la baisse de fréquentation des modules de langues organisés par le FOREm en Wallonie et les immersions linguistiques à l'étranger en école de langue ou en entreprise, les mesures suivantes vont être prises par le FOREm à ma demande :

  • améliorer l'alimentation des centres de formation par la promotion de l'offre de formation auprès des personnes accompagnées et un plan de communication spécifique ;
  • développer la flexibilité et l'agilité dans les centres, l'objectif est d'offrir un service personnalisé avec délai d'entrée très court et de construire des parcours d'apprentissage combinant travail à distance et travail en centres de formation ;
  • développer les capacités RH et compléter l'offre par un recours à la sous-traitance et développer les compétences des formateurs, notamment numériques et pédagogiques, pour soutenir les nouvelles méthodes d'apprentissage.

Les dernières données disponibles relatives au flux des travailleurs wallons proviennent du rapport « Steunpunt voor werk » 2015 .

Selon ce rapport, la répartition des travailleurs wallons en Flandre est la suivante :

  • 48 % d'entre eux, soit 24 200, travaillent dans le Brabant flamand ;
  • 16 % d'entre eux, soit 7 900, travaillent à Anvers ;
  • 14 % d'entre eux, soit 7 000, travaillent en Flandre-Occidentale ;
  • 13 % d'entre eux, soit 6 700, travaillent en Flandre-Orientale ;
  • 8 % d'entre eux, soit 3 850, travaillent dans le Limbourg.

Concernant les secteurs d'activités, plus d'un Wallon sur cinq travaillant en Flandre exerce un emploi dans le commerce de gros ou de détail, en particulier dans l'arrondissement de Hal-Vilvorde où se trouvent des centres de distribution de grandes enseignes. Plus d'une personne sur 10 travaille dans l'administration publique ou les services publics généraux. Enfin, les secteurs du transport, de la construction ainsi que du conseil et des activités scientifiques occupent chacun environ 6 % des Wallons occupés en Flandre.

Par ailleurs, plus de 2 800 personnes sont occupées en Flandre via ou pour des agences de travail temporaire.

Le nouveau protocole de collaboration FOREm-VDAB signé le 5 février dernier vise, d'une part, à augmenter le taux d'insertion des chercheurs d'emploi wallons en Flandre et, d'autre part, à répondre aux besoins des entreprises flamandes à la recherche de main-d'œuvre. Un objectif de 2 500 insertions de demandeurs d'emploi wallons en Flandre par an en plus a été fixé.

Trois grands axes de travail sont mis en œuvre :

  • l'optimalisation du matching entre nos chercheurs d'emploi et des entreprises flamandes ;
  • le renforcement de la formation en néerlandais ;
  • l'information des publics cibles.

M. le Président. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Merci, Monsieur le Ministre.

A travers votre réponse, on entend qu'il y a tout un dispositif mis en place pour favoriser et encourager la mobilité des travailleurs.

Je vous invite à poursuivre en la matière et, dans quelques temps, à faire une évaluation sur l'ensemble de ces mesures.

M. le Président. - La parole est à M. Bracaval.

M. Bracaval (MR). - Je remercie le ministre pour ses réponses.

Pour illustrer par un cas concret, dernièrement, une société située dans le sud de la Flandre-Occidentale cherchait 12 caristes et quatre magasiniers. Je l'avais publié sur mon Facebook et tout le monde a diffusé. On a précisé que le néerlandais était un atout parce que la demande est tellement forte, il y a déjà tellement de francophones présents, que l'on peut même y aller quand on ne maîtrise pas suffisamment la langue. C'est souvent un obstacle, les gens n'osent pas y aller, craignant de ne pas être retenus. Malgré tout, il faut passer outre et y aller parce que, quand la demande est là, ils vont vous engager.




Source : http://parlement.wallonie.be