Le service citoyen
17 avril 2018

Question de M. Yves Evrard à Mm e Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée «Service citoyen»

M. Yves Evrard (MR)

. – Le service citoyen permet à des jeunes âgés de 18 à 25 ans de s’engager pour une période de six mois dans divers domaines au service de la société. L’objectif est de permettre à ces jeunes, d’une part, d’acquérir des compétences de base, sociales et professionnelles, afin de trouver plus facilement leur place dans la société et, d’autre part, d’exercer leur citoyenneté de manière active. Il s’agit d’une belle expérience formative, tant au niveau des compétences que des valeurs civiques.

Différents projets ont été lancés en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles. Cela étant, il n’est pas aisé de mettre en place un cadre légal et un statut clair au profit des jeunes qui s’inscrivent dans cette dynamique. Interrogée en mars 2017, vous aviez annoncé la réalisation d’un état des lieux sur le service citoyen et les différentes initiatives existant en Fédération Wallonie-Bruxelles et à l’étranger. De son côté, la Wallonie avance: la plateforme pour le service citoyen et le gouvernement wallon ont eu des contacts, dans une volonté affichée d’aboutir à un texte encadrant le service citoyen.

Madame la Ministre, l’état des lieux annoncé en 2016 a-t-il été réalisé? Pourrais-je en connaître les conclusions et éventuellement entendre ses auteurs par votre entremise? Une harmonisation entre les deux Régions est-elle envisageable? Quel pourrait être le rôle de la Fédération Wallonie-Bruxelles à ce niveau?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

– Je suis bien entendu attentive à toute initiative visant à renforcer le développement de la citoyenneté chez les jeunes. Le service citoyen en fait évidemment partie, au même titre que le travail quotidien des organisations de jeunesse et des centres de jeunes.

Toutefois, le concept de service citoyen lui-même, tout comme son opérationnalisation, est loin de faire l’unanimité. Plus fondamentalement, l’articulation de ce dispositif avec d’autres interventions publiques doit être réfléchie en profondeur pour éviter les concurrences et autres effets pervers entre différents mécanismes. Il s’agit par exemple d’éviter le risque de créer une forme de sous-statut d’emploi, voire d’emploi précaire.

En ce qui concerne la coordination entre les entités fédérées, je n’ai été interpellée ni par la Région wallonne ni par la Région de Bruxelles-Capitale pour une collaboration sur cette question; je reste cependant tout à fait ouverte à toute proposition en ce sens, si tant est que l’on puisse offrir à ces jeunes un cadre et un statut clairs.

Dans le cadre de mes compétences, j’ai en effet demandé dans un premier temps à mon administration de réaliser un état des lieux exploratoire sur les différentes formules de service citoyen qui existent tant en Belgique qu’en Europe. Néanmoins, au vu de l’ampleur de l’étude demandée, j’ai finalement décidé d’externaliser cette recherche en concertation avec les services de l’administration. Le cahier spécial des charges est en cours d’élaboration au sein du Service de la jeunesse et devrait être finalisé tout prochainement.

Je suis consciente du retard pris dans ce dossier. J’avais sans doute quelque peu minimisé l’ampleur de la question à traiter par mon administration.

M. Yves Evrard (MR)

– Le service citoyen est effectivement difficile à mettre en œuvre sur le plan opérationnel. Je considère néanmoins que l’objectif est louable et la difficulté ne doit pas nous exempter d’un travail approfondi à ce sujet.

Je ne vois aucun souci à l’externalisation de votre étude et j’imagine que ce travail se fera de manière coordonnée avec les Régions afin d’unifier cette procédure. L’intérêt est d’avoir des conclusions différentes et de voir comment coordonner les différentes propositions.

Je suis moins d’accord avec vous sur la question du sous-statut. En effet, six mois ne me paraissent pas être la fin du monde: il n’est pas non plus question de travaux forcés. Un jeune qui effectue un service citoyen – qui peut certes être vécu de manière plus ou moins heureuse en fonction du contexte dans lequel il se trouve – en ressortira grandi malgré tout; ce sont parfois les expériences malheureuses qui sont les plus enrichissantes, tant sur le plan humain qu’au niveau des qualifications acquises. Ce type d’expérience permet en d’autres termes d’acquérir un regard plus critique sur les choses. La question du sous-statut mérite d’être posée; mais une période de six mois n’est pas insurmontable pour les jeunes.

CRIc No85-Ens prom12(2017-2018)




Source : http://parlement.wallonie.be