L'évaluation du projet Parents Fair Play
23 mars 2018

Réponse de Monsieur Rachid Madrane, Ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles à la question écrite n° 517 de Monsieur le Député Evrard relative à l’évaluation du projet Parents Fair play

Devant la recrudescence des propos et réactions racistes et discriminatoires dans les stades de football, La Pro League a décidé de réagir et a lancé un plan d’action visant à lutter contre le racisme et les discriminations. Ce plan comprend un renforcement des sanctions et des amendes, une meilleure collaboration avec le parquet fédéral et les services de police ainsi que des actions de prévention.

Ce problème n’est pas neuf.

En son temps, votre prédécesseur avait mis en place en collaboration avec l’ACFF un projet pilote nommé « Parents Fair Play » qui prévoyait la désignation d’un parent « Fair play » par équipe, d’un référent « Vivons sport »  par club et la signature d’une charte «Fair play » propre au club. Une campagne « We are Fair Play » était lancée à grand renfort de communication, de visuels. On parlait même d’un projet « Manager Fair Play ».

Toutes ces actions devaient faire l’objet d’une évaluation en vue d’un élargissement à tous les clubs.

Monsieur le Ministre,

Qu’est-il advenu de ce projet pilote ? Une évaluation a-t-elle été réalisée ?

Quelles en sont les conclusions ?

Une reconduction du projet a-t-elle été envisagée, mise en place ?

Dans le plan foot élaboré en 2015, l’axe Ethique/Fair Play visait à sensibiliser tous les clubs à mettre en place un code de bonne conduite. Le Ministre de l’époque envisageait même la possibilité de sanctions financières en cas de manquements graves.

Sur le terrain, comment se sont matérialisées ces intentions ?

Des clubs ont-ils fait l’objet de sanctions ?

Réponse du Ministre Simonis

Monsieur le Député,

Je vous remercie pour votre question qui me permet de souligner une fois de plus le travail mené par l’ACFF en matière de lutte contre la violence dans le football.

Pour rappel, dans le cadre de la lutte contre la violence physique et verbale autour des terrains de sport, mon prédécesseur avait lancé un projet pilote en collaboration avec l’ACFF lors de la saison 2015-2016 qui visait à instaurer un climat fair-play dans les clubs, avec un focus particulier sur le rôle d’exemple des parents dans les matches de jeunes.

Ce projet repose sur la formation d’un Référent par club (le Référent Vivons Sport) dans la gestion de conflits et dans le « coaching » des parents de son club (les Parents fair-play).

Ce Référent doit être le relais de la fédération dans son club pour tout ce qui touche au fair-play que ce soit en matière de prévention ou de répression.

Il doit également avec l’aide du comité des jeunes de son club recruter des parents pour jouer le rôle de « Parents fair-play » au bord des terrains de jeunes.

Ce « Parent fair-play » porte un polo ou un k-way du projet comme signe distinctif et est un modérateur pour les parents de son équipe.

L’objectif étant de conscientiser les parents sur leur rôle d’exemple à jouer au bord des terrains et de créer de cette manière une dynamique positive autour des jeunes (qui sont les parents de demain).

Avec la mise en place d’un Label de qualité pour les écoles de jeunes, l’ACFF dispose d’un nouveau levier pour développer ce projet dans ses clubs labellisés.

En effet, la participation à l’action Parent Fair-Play est obligatoire pour les clubs labellisés 2* ou 3*. L’obligation est portée sur les équipes provinciales et interprovinciales qui doivent avoir un parent fair-play présent au bord du terrain pour tous les matches à domicile et en déplacement. Il est évident que l’ACFF incite ses clubs à appliquer cette action à l’ensemble de leurs équipes.

De plus, l’ACFF accueille également les clubs non labellisés qui désirent mettre en place cette action au sein de leur club.

Afin de participer à cette action, sont organisées des formations obligatoires (mi-août – fin septembre) comprenant :

  • Une matinée de formation (4h)
  • Une soirée de formation (3h).

Il est important pour l’ACFF de former les personnes qui deviendront des interlocuteurs directs en matière de fair-play.

Lors de cette formation, sont apportés les outils nécessaires à la bonne mise en place et au bon développement sur le long terme de l’action au sein du club participant. C’est aussi un moment d’échange entre les Référents de la province car nous misons beaucoup sur l’entraide (création d’un groupe Facebook).

Chaque Parent Fair-Play doit être renseigné auprès de l’ACFF afin de fournir le matériel nécessaire, à savoir : un k-way et un brassard au couleur du projet. Ils sont facilement reconnaissables grâce à la couleur orange.

De plus, l’ACFF fournit également un set de deux bâches afin de véhiculer un message fair-play et de reconnaitre directement les clubs participants à l’action.

L’objectif de ce projet est donc de lutter contre les comportements agressifs au bord des terrains grâce à :

  • La mise en place au sein des clubs d’un climat de respect mutuel
  • La responsabilisation de tous les acteurs d’un club avec un focus particulier sur les parents.

Le projet a commencé durant la saison 2015-2016 avec 21 clubs pilotes.

En cette saison 2017-2018, il y a 146 clubs participants et plus de 1250 parents fair-play.

Vous le constaterez par vous-mêmes, ce qui n’était qu’un projet spécifique est devenu aujourd’hui une réalité pérennisée par le système de labellisation mis en place en collaboration avec l’ACFF et auquel j’accorde tout mon soutien.

Vous m’interrogez sur son évaluation.

L’évolution des clubs participants à l’opération parle d’eux-mêmes et un contrôle est par ailleurs exercé par mon administration quant au bon fonctionnement du projet via les pièces justificatives que les clubs labellisés lui remettent dans le cadre de l’octroi du subside lié au Plan football.

J’en terminerai enfin avec votre dernière question sur la mise en place d’éventuelles sanctions à l’encontre de clubs qui n’auraient pas respecté les conditions de cette labellisation.

Le label fait ses premières dents...et donc l’ACFF termine une longue phase de sensibilisation auprès des clubs.

A ce jour, il y a eu une dizaine de cas qui ont provoqué une médiation entre le manager du label au niveau de l’ACFF et le club... mais volontairement la fédération n’a pas encore appliqué la sanction suprême. A savoir le retrait du label voire une rétrogradation.

C’est un peu comme sur les routes dangereuses. On place d’abord pendant un certain temps un radar préventif puis un jour on installe le répressif... ce qui sera fait dès le 1 juillet 2018...




Source : http://parlement.wallonie.be