Numéro unique pour les entreprises à Bxl
13 mars 2018

Question orale de M. Evrard à M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de la Recherche, de l'Innovation, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation, sur « le numéro d’appel unique pour les entrepreneurs »

M. le Président. - L'ordre du jour appelle la question orale de M. Evrard à M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de la Recherche, de l'Innovation, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation, sur « le numéro d’appel unique pour les entrepreneurs ».

La parole est à M. Evrard pour poser sa question.

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, vous savez que dans le cadre des travaux menés au Sénat, nous avons élaboré un rapport et notamment nous avons pu entendre le représentant économique bruxellois qui nous faisait toute l'éloge du numéro 1819.

C’est un numéro qui est intéressant et qui donne vraiment une aide et un soutien aux entreprises, notamment dans le réseau bruxellois des institutions et organismes d’accompagnement. Ce numéro d’appel existe à Bruxelles depuis 2014 et donne beaucoup de satisfaction, puisqu’il reçoit plus de 650 demandes par mois, avec un taux de satisfaction de 88 %. Le pourcentage de renvoi vers les partenaires et les structures appropriées est de 75 %. En 2017, 8 000 demandes ont été traitées.

On n’a pas pu retenir cette recommandation d’installer un numéro unique au niveau du rapport qui a été voté par le Sénat, mais il n’en reste pas moins que la mesure a été saluée par bon nombre d’interlocuteurs.

Monsieur le Ministre, dans le cadre de la simplification administrative, il nous semble que ce numéro peut représenter un atout pour le monde de l’entreprise et permettre, lorsqu’un entrepreneur se pose l’une ou l’autre question, de pouvoir être redirigé directement vers les bonnes personnes, de manière à avoir des réponses dynamiques, effectives et qui permettent de renforcer une efficacité en termes administratifs.

Monsieur le Ministre, je voulais avoir votre avis sur ce numéro d’appel, sur cette initiative.

Des contacts intercabinets ont-ils déjà eu lieu avec la Région bruxelloise pour évaluer en commun la pertinence d’un tel mécanisme et de voir dans quelle mesure l’on ne pourrait pas l’implanter en Wallonie ?

M. le Président. - La parole est à M. le Ministre Jeholet.

M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de la Recherche, de l'Innovation, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation. - Monsieur le Député, comme je l’ai déjà évoqué, la réforme des outils économiques et financiers amorcée constitue un premier jalon vers une meilleure cohérence des actions publiques en faveur des entrepreneurs, une meilleure cohérence, mais aussi plus de lisibilité, puisque beaucoup d’entreprises et notamment des petites, des très petites, des indépendants ne savent pas toujours à quelle porte frapper pour voir comment des structures peuvent venir en aide ou les dispositifs d’aide qui existent en Région wallonne. La coordination, les investissements, les financements et l'accompagnement de toutes les entreprises wallonnes doivent se faire au sein d'un nombre limité d'organismes.

Pour amplifier la dynamique, suite à la rationalisation et à la réorganisation des outils, la mise en place d'un guichet unique est fondamentale pour faciliter l'accès à ces mécanismes et rendre plus performante leur utilisation. C’est vraiment une question d’efficience et d’efficacité et de réactivité par rapport aux entreprises. Ce guichet doit permettre une information lisible sur tous les services et produits de toutes les entités publiques de Wallonie à destination des PME. C’est vrai que le guichet unique, c’est un peu la tarte à la crème. Tout le monde en parle, toutes les structures privées, indépendantes en parlent. Ce n’est pas le cas. Je pense qu’il faut travailler sur la simplification et la rationalisation des outils, puis de créer un véritable guichet unique. Il y a un travail qui se fait aujourd’hui, non pas avec la Région bruxelloise, parce que l’on veut aller au-delà d’un numéro téléphonique, mais avec l’ensemble des organismes publics concernés et pilotés par la DGO6 et la SOWALFIN.

Au-delà d'un numéro vert donnant accès aux informations disponibles, je souhaite rendre les services du guichet accessibles aisément via les trois canaux standards : le téléphone, le contact physique et le web. L’objectif aussi, c’est que chaque entreprise, à travers une entrée, un canal, puisse avoir l’état d’avancement des différentes sollicitations, différents dispositifs auxquels ils ont eu recours auprès de la Région wallonne.

Mon ambition est que l'entreprise à la recherche d'une information puis d'un service puisse être prise en charge dans une logique de service le plus personnalisé possible.

M. le Président. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Merci, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. Elle témoigne de la nécessité d’agir et d’aller de l’avant, vous l’avez rappelé. Le guichet unique est sans doute une très bonne idée. Dans le chef des entrepreneurs et des entreprises, c’est encore assez abstrait, a contrario, finalement, d’un numéro de téléphone qui est plus facilement intégrable, en tout cas plus direct comme moyen de communication. Je peux vous rejoindre dans la mesure où l’on a un guichet unique efficace et qui peut répondre et orienter les entreprises vers les bons services en un minimum de temps, je crois que l’objectif sera atteint.

N’excluons pas, et j’entends bien dans vos mesures que le guichet unique, c’est un numéro de téléphone, c’est un site web, c’est toute une série de mesures. Effectivement, je crois qu’il faudra réfléchir aussi à cette question de numéro d’appel unique qui peut, à mon avis, apporter un plus sans, évidemment, que ce ne soit, on l’a dit tout à l’heure, une structure supplémentaire. Accolé ou en tout cas à côté du guichet unique, cela peut être également un bon outil de contact entre les administrations et les entreprises.

M. le Président. - La parole est à M. le Ministre Jeholet.

M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l'Industrie, de la Recherche, de l'Innovation, du Numérique, de l'Emploi et de la Formation. - Simplement, pour mettre en place un service avec un numéro de téléphone, il faut savoir tout ce qu’il y a derrière. Ici, je pense que c’est un manque d’ambition d’avoir simplement un numéro de téléphone. Il faut que la personne, l’entreprise ou indépendant puisse être orienté le plus correctement possible. On n’est pas à l’échelle bruxelloise, on est à l’échelle wallonne avec un nombre de dispositifs et de structures bien plus important.

Étant donné que l’ambition est plus forte, et notamment à travers l’administration 4.0, je pense que l’on aura là vraiment un service personnalisé et complet pour l’entreprise. De façon transitoire, mettre un numéro de téléphone, on peut le faire en quelques minutes, je pense. Derrière, il faut aussi que cela suive, que l’on n’ait pas M. Tartempion qui disent ne pas pouvoir orienter l’entreprise vers le service adéquat.

Je pense qu’ici c’est vraiment une ambition encore plus forte pour l’entreprise.

M. le Président. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Je vous rejoins sur le fait que le dispositif est sans doute plus simple à Bruxelles. Il faudra alors que le guichet unique devienne une vraie réalité, soit identifié et que les entrepreneurs aient confiance en se disant qu’en s’adressant à ce guichet unique, ils auront les informations pertinentes. Là, je crois que le pari et le contrat seront remplis.




Source : http://parlement.wallonie.be